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A propos… c’est quoi l’Aikido, Eric ? Entretien avec Eric Marchand, 5e dan Aïkikaï, DTR Basse Normandie FFAAA.

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 J’ai rencontré pour la première fois Eric Marchand à son Dojo de Vernon, dans l’Eure, il y a 4 ou 5 ans je crois. Ici, au bord de la seine, on est à une heure de Paris et de Rouen. On est encore en Normandie, presque en région parisienne, mais dans une atmosphère paisible de campagne, proche de Giverny et de ses jardins, du Château Gaillard et des fermes à colombages.

Mes premiers stages chez ce disciple de Bernard Palmier, n’étaient alors pour moi encore que purement conventionnels. Un stage chez un 5e dan était une opportunité qui ne se refuse pas, presque une formalité. Cet enseignant au physique d’ours et à la barbe rousse m’en imposait beaucoup, mais j’étais encore bien trop préoccupé à m’occuper de la position de mes pieds pour pourvoir apprécier les talents de ce professeur et de technicien expérimenté.

Depuis, j’ai cumulé une vingtaine de stages avec lui. A Vernon, Rouen ou Paris. L’évidence m’apparut alors peu à peu. Si j’allais le voir, si j’aimais aller à tant de ces stages, c’est bien que j’y trouvais quelque chose d’autre que des opportunités de proximité ou de calendrier. Il y a beaucoup d’autres Senseïs que j’aime suivre, mais alors ?  Les démonstrations d’Éric ne m’apparaissent pas forcement hyper spectaculaires, il ne cherche ni l’esbroufe ni à faire un show, encore moins à faire de longs discours.

Non, ce qui m’a séduit, outre ses talents de pédagogue aguerri et la convivialité joyeuse de ses cours, c’est sa capacité à donner du sens à notre pratique. Il m’est arrivé souvent d’avoir des moments de doute sur ma pratique, ou je me demandais ce que je faisais sur ce tatami.  Eric a cette capacité, par son enseignement sincère et sans verbiage, à me convaincre que cette voie est bien la mienne. Je le regardais, et je me disais « bon sang, voilà pourquoi on fait ça, et oui ce ne sont pas que des gestes en l’air, et tout ça mène bien quelque part ». Il y a toujours un moment de ses cours ou un mouvement, un placement, un aspect technique ou autre, soudain sonne comme une révélation, comme si une coquille se brisait laissant apparaitre une évidence qui me saute alors aux yeux. Et je me suis souvent fait cette réflexion amusée « tiens une fois de plus, je n’aurais pas perdu ma journée ! ».

Et c’est au cours de la formation continue des enseignants en Haute-Normandie, que j’ai pu me rendre compte de l’étendue de son savoir, et qu’il était capable de démontrer certaines choses, dont il ne fait pas étalage, et qui m’ont laissé réellement bouche bée ! Mais plus encore ce qui frappe, c’est sa passion inouïe et totale pour l’Aïkido. Comme il le dit lui-même, l’Aïkido, c’est sa vie. Tout cela avec humilité, sincérité et une extrême lucidité qui en font quelqu’un d’aussi exceptionnel qu’attachant.

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Eric Marchand est 5e dan UFA et Aïkikaï, Brevet d’état 1° degré, membre du collège technique national et DTR pour la Basse-Normandie.

C’est donc après un stage à l’ACT (Aïkido Culture et Tradition), 75 rue de l’Ourcq dans le 19e, au dojo de Bernard Palmier, qu’Eric et trois stagiaires, Bruno, Martial et Jimmy, m’amènent dans un pti troquet  boire un reconstituant musculaire au houblon pour m’accorder un entretien passionnant!

L’ENTRETIEN AVEC ERIC MARCHAND.

 Patrice AGT : Eric, pour commencer notre entretien, peux-tu nous parler un peu de ton parcours d’aïkidoka depuis près de 40 ans ?

Eric Marchand : J’ai commencé à Vernon … au cours de la saison 76-77, j’avais 12 ans et demi. Les choses  étaient un peu différentes. Dans la région à cette époque, il n’y avait que quelques profs qui enseignaient. Et c’était assez artisanal ! Chacun faisait ce qu’il pouvait. Nous étions alors très motivés pour approfondir nos maigres connaissances. Dès qu’on entendait parler de quelqu’un, on se débrouillait pour aller voir : Maitre Noquet, Maitre Noro, Maitre Tamura, ainsi que tous les techniciens de l’époque (la liste est longue !) et tous les Maitres japonais de passage : Kobayashi, Saïto, Yamaguchi, Endo.  Christian venait juste de revenir du japon. Bernard, lui, partait là-bas. L’Aïkido commençait juste à être vraiment connu !

PAGT : Si c’était peu médiatisé, comment y es-tu venu ?

EM : J’habitais dans une commune de 500 habitants. Au plus proche, c’était foot ou judo. Moi, j’avais choisi judo. Un jour, j’ai dû mal me comporter au club, je ne me souviens plus trop mais je me suis fait réprimander. Et je suis rentré chez moi en disant à mes parents que je ne voulais plus y retourner. Mon père m’a dit : « Ecoute, je fais de l’Aïkido, tu peux venir essayer » (il a commencé en 1952). Je suis allé voir, il n’y avait que des adultes, et… j’y suis resté ! Tu te rends compte, je ne savais même pas que mon père pratiquait, ni encore moins ce que c’était !

PAGT : Donc, à cette époque, dès qu’un stage était annoncé, c’était l’euphorie ?

EM : Oui, car Il y en avait bien moins qu’actuellement. Et ceux-ci duraient très souvent deux jours pleins. De plus les circuits d’informations n’étaient pas aussi performants, nous n’étions pas aussi nombreux. C’était intense et pas question de dire je ne viens que le matin, ou je pars une heure avant la fin, crois-moi ! C’est à cette période que nous avons reçu au club Maître Kobayashi, Maître Noquet, Michel Hamon, Jo Cardot et bien d’autres.

PAGT : Et après tu as rencontré Bernard Palmier…

EM : En 83, nous avons su que quelqu’un revenait du japon. Je suis allé le voir et… je ne l’ai plus quitté. J’allais à Paris pour ses stages et l’école des cadres IDF qu’il a dirigé dès 84, j’ai fait ainsi parti de la première promo. Les liens se sont tissés au fil du temps. Par ailleurs, je participais le plus possible aux stages animés par tous les techniciens du moment, Christian Tissier, Franck Noel, Pascal Norbelly, Arnaud Waltz ou Patrick Benezi (que je connaissais depuis 77).

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Eric et Bernard Palmier au 30e stage d’été d’Autrans (38)

PAGT : Enfant tu connaissais donc Patrick Benezi ?

EM : Oui, il avait 23 ans. Il dirigeait un dojo au Chesnay près de Versailles et s’occupait de Kobayashi senseï lorsqu’il venait en France (je dois toujours avoir quelques photos de cette période). Il animait déjà des stages dont un entre les fêtes de fin d’année où tout le monde dormait au dojo. J’en ai de bons souvenirs. C’était avant la création de la FFAAA.

PAGT : Comment as-tu passé ton shodan, c’était le même système qu’aujourd’hui ?

EM : A Dieppe je crois, en 84. Je n’en garde pas un énorme souvenir, mais c’était un peu différent, les choses étaient moins formelles, le contenu demandé était plus large, 45 mn Uke, 45 mn Tori, avec le même partenaire, ce n’était pas rien (rires). 2e dan en 86, et un gros laps de temps pour le 3e, 9 ans. Parce que, étant en province à ce moment-là, l’accès au cours gradés était moins aisé qu’aujourd’hui, et j’ai pris mon temps pour me présenter. Ensuite le 4° en 99 et enfin j’ai été promu 5° dan en 2007.

PAGT : Les passages d’aujourd’hui sont-ils plus exigeants qu’à l’époque ? Beaucoup disent que les shodan et nidan sont d’un niveau de plus en plus bas ?

EM : Notre connaissance de la discipline a augmenté, l’interrogation et les critères d’évaluation sont plus précis certes, mais pour avoir vu de nombreux passages de grades de nos « anciens », je t’assure que des prestations comme ca se font de plus en plus rares ! Je pense que la tendance, pour de multiples raisons valables ou non, est malheureusement au nivellement par le bas.

PAGT : Comment en es-tu venu à enseigner ?

EM : J’ai commencé avec les enfants en 84 en même temps que la préparation au brevet d’état. En 86 j’ai pris la responsabilité complète du  club de Vernon. Nous avons obtenu le dojo actuel à cette époque. Je travaillais comme technicien de maintenance en automatisme. Un métier que j’ai peu exercé, car très vite j’ai eu l’opportunité d’œuvrer dans un service de prévention de la délinquance. La ville a fermé ce centre et je me suis retrouvé à ne faire que de l’Aïkido et je me suis rendu compte que c’était ce qui me plaisait le plus, et du coup… j’ai continué !

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 PAGT : Ceci-dit, être professionnel à l’époque, ce ne devait pas être simple…

EM : Ca ne l’est toujours pas ! Même si on est un peu plus nombreux, il ne faut pas rêver, ce n’est pas avec cela que tu peux gagner ta vie convenablement, à pars quelques-uns. Je gagne peu, en revanche je bénéficie d’une qualité de vie hors du commun. Je pratique et j’enseigne avec plaisir. Je ne vais jamais au dojo en y étant contraint ni en me disant « zut il faut y aller ! » jamais, jamais.

 PAGT : Et comme tu ne fais que cela, tu ne te lasses jamais, de répéter des choses basiques aux débutants par exemple ? J’étais au cercle il y a peu, et on bossait sur shomen uchi ikkyo en suwari waza. Je ne pouvais m’empêcher de penser que Christian, qui faisait le cours, devait être lassé d’enseigner cela à des bleus. Mais non, pas du tout, on voyait qu’il y prenait toujours du plaisir, bienveillant, attentif et patient, ça ma stupéfait.

EM : Encore heureux qu’on y prend du plaisir ! Sinon, ça ferait longtemps que nous aurions tous arrêté ! De toute façon, l’Aïkido c’est la répétition, on répète sans cesse et on affine. Notre vie c’est l’Aïkido. Ma vie est organisée autour de l’Aïki. Même mes vacances ! C’est l’Aïkido d’abord, le reste après, et cela depuis des années, c’est passionnel. Je suis comme marié avec. Pour moi, notre activité, je la vois souvent comme une sorte de boule à facettes. Tu mets un spot ici, tu as un éclairage, tu changes l’angle, tu as un apport nouveau. C’est infini. Par exemple : Je connais Bernard depuis 83, et pourquoi je suis encore avec lui alors que je suis autonome ? Parce qu’il a toujours une chose nouvelle à nous proposer, une nouvelle façon d’appréhender tel ou tel sujet, il nous surprend, même après 30 ans, c’est magique !

PAGT : Pourtant pour moi, un 4e dan me donne l’impression de tout savoir, c’est une montagne. Et ça me fait drôle de constater, dans les stages enseignants par exemple, les doutes qu’ils ont, leurs questionnements, leurs angoisses de profs. Et que toi 5e dan, tu puisses aller chez Bernard et encore peut-être apprendre !

EM : Ce n’est pas peut-être, c’est certain (rires) ! Il y a toujours de nouveaux éclairages, de nouvelles approches, des éléments à expérimenter, des points à améliorer. Et c’est parfois en expliquant quelque chose à mes élèves, que soudain, je me dis, eh oui, c’est comme cela que ça fonctionne ! Et dans la démarche de l’enseignement, ça amène à découvrir, ou mieux comprendre certains aspects. Je pense que tout pratiquant, dans sa progression, arrive à un stade où il est amené à enseigner, à transmettre, ne serait-ce que ponctuellement. Le rôle d’un prof, et il ne faut pas se tromper, c’est de guider les gens sur la voie de l’Aïkido. C’est bien plus que de dire comment réaliser telle ou telle technique. Ca va beaucoup plus loin ! C’est de rendre ces élèves autonomes, et donc d’accepter qu’ils s’en aillent un jour et ça,…c’est compliqué ! Je ne conçois pas d’enseigner sans continuer à pratiquer. Je ne vois pas comment on peut faire. Même si chacun a ses contingences familiales ou professionnelles. Ok, mais pour moi, à un moment, tu vas tourner en rond, sans apport, sans la petite étincelle qui te donne envie d’aller plus loin. J’ai la chance de pouvoir m’organiser, de pratiquer tous les vendredis, en temps qu’élève chez Bernard, plus les nombreux stages auxquels je participe !

 PAGT : On progresse en enseignant ?

EM : Oui mais… On ne progresse pas plus quand on enseigne, que quand on pratique, les deux facettes se complètent. J’ai aussi besoin de pratiquer en tant qu’élève pour qu’on m’offre des pistes. Comme j’ai suffisamment d’autonomie, je peux exploiter ces pistes, chercher autour, quitte à me tromper parfois. C’est une démarche permanente.

Bruno ( enseignant 4e dan)  : On avance aussi avec ses erreurs, on croit transmettre quelque chose, et on se rend compte que ça ne passe pas. Ce qui arrive souvent, c’est que tu as l’impression de faire un super cours, et tu n’as aucun feed-back. Et puis le cours suivant tu fais un cours très banal sans véritable inspiration, et là les élèves viennent te voir pour te remercier ! Du coup, enseigner devient vraiment une question d’échange.

Martial (élève 2e dan d’Eric ) : Enseigner, cela pose aussi la question suivante : comment garder tes élèves, et leurs donner envie de revenir la semaine d’après ?

EM : Il n’y a pas de solutions miracles, sinon, on les connaîtrait depuis longtemps !

Bruno : Donner du plaisir et de l’intérêt. En même temps, j’aime leur en faire baver un peu mais faut qu’ils aient envie de revenir. Si tu leur fait faire deux semaines de suwari-waza, ou un mois d’ikkyo-omote, tu vas finir tout seul très vite ! C’est tout l’intérêt des stages enseignants pour se remettre en question !

EM : Oui ces stages de formation mis en place par la fédération et animés par des membres du Collège Technique National me semblent incontournables pour tous les enseignants (et assistants ou futurs enseignants), d’ailleurs j’y participe régulièrement depuis longtemps. Je regrette que de nombreux professeurs ne profitent pas d’une telle opportunité. Par exemple : l’engouement de la tranche d’âge 16/25 ans pour l’Aïkido est très faible, il y a certainement des pistes à explorer en rendant communes nos expériences. La formation continue est le moyen idéal pour ça. Personnellement je crois qu’à nos débuts la pratique était plus « rustique », plus approximative. Depuis nous avons progressé, évolué et nous proposons maintenant un produit plus abouti qui semble moins intéresser les jeunes adultes, alors à nous de faire des propositions qui leurs conviennent mieux, sans dénaturer l’Aïki bien entendu !

Bruno : En même temps, les jeunes on sait comment ça marche, ils veulent essayer 1000 activités, il y a les premières sorties, les études etc., bref tout pour qu’ils s’en aillent.

Martial : Et vous enseignants, vous avez besoin de continuer à évoluer, avec nous, pour nous, et aussi pour vous !

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(Eric, Yasmine et Bruno lors du stage Enseignants 2013 de Sablé/Sarthe)

PAGT : Tu occupes les fonctions de DTR en Basse-Normandie et tu sièges au Collège Technique National. Tu y fais quoi ? Pour moi le CTN, c’est comme l’académie française, on se réunit, on décide d’axer l’année plus sur tel principe ou moins sur telle technique ? (rires)

EM : Bien que la population d’Aïkidokas vieillisse, je crois que nous sommes quand même plus jeunes que les académiciens ! (rires). Un Délégué Technique Régional, est membre du collège technique de la fédération. Il est à même de diriger des stages fédéraux. Il est au service d’une région pour son animation technique, assurer les formations enseignants, développer et entretenir une cohésion d’ensemble. Animer des stages nationaux (pour certains techniciens) régionaux et départementaux, où il va aller loin que ce que les professeurs enseignent au quotidien. Et ainsi, impulser une dynamique. Assurer une cohérence entre les pratiquants des différents clubs et régions. Pour cela nous avons deux séminaires par an, où les cadres travaillent ensembles, avec des moments sur le tatami, autour d’un programme établi lors du précédent séminaire technique. Cela nous permet d’aborder des sujets très variés tels que le discours de l’enseignant, la promotion des actions de formation proposées par la fédé, les relations armes/mains-nues, la collecte/classification des divers documents liés aux formations, l’évaluation aux passages de grades. En résumé : tout ce qui est directement lié à la pratique, l’enseignement, l’évaluation et la formation. Il y à aussi un moment de rencontre avec le bureau fédéral. Grâce à ces deux séminaires annuels, nous travaillons à assoir notre diversité de pratique dans l’unicité des principes qui régissent l’Aïkido. C’est une formation continue indispensable pour nous.

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(Stage Régional Lorraine  à Bar le duc 23 Février 2014)

PAGT : Ah oui, et au fait, comment devient-on juré ?

EM : il y a deux choses. Pour être juré régional aux sessions du 1er et 2e dan, il faut être 4e dan BE, éventuellement BF (brevet fédéral) et avoir participé aux stages de formation à l’évaluation (un tout les deux ans minimum). Ces critères remplis, les jurés figurent sur une liste validée par la CSDGE (Commission Spécialisée des Dans et Grades Equivalents) et peuvent être sollicités par les ligues pour les épreuves. Pour les passages 3 et 4e dan, Les juges sont issus du Collège Technique National. Le 3° dan est un examen interrégional et le 4° national.

PAGT : A Rouen, tu nous as demandé lors de la dernière formation enseignant « C’est quoi pour vous l’Aïkido, quel est l’objectif de l’Aïkido ? ». Je t’ai répondu que pour moi, c’était un moyen de devenir meilleur, d’améliorer mes relations aux autres, ensemble…

eric-sylvain-kaiten-nage (2)EM : Oui mais… Le développement personnel, quand il y en a, n’est qu’une conséquence de la pratique. De même que se présenter à un grade, ne peut être qu’une conséquence de ton parcours, de ton investissement, de ton travail, et non un objectif ! L’Aïkido propose des perspectives plus larges. Qui sont d’ailleurs inscrites à l’Aïkikaï. C’est quoi l’Aïkido ? Cela, on ne peut le découvrir qu’en pratiquant et en progressant. Très concrètement, à travers le répertoire technique, on applique des principes, sous-tendus par des valeurs qui permettent de se rapprocher de ces objectifs, et… on l’expérimente vraiment ! L’échange avec l’autre, la connexion, la communication, recevoir sans subir, donner sans être définitif, accepter d’abandonner le superflu pour préserver l’essentiel, on le vit sur le tatami. Tout cela au début, tu ne le perçois pas. Tu te focalises sur l’aspect technique. Quand j’avais 12 ans, je n’avais pas conscience de ces aspects, le domaine technique m’intéressait, le registre martial, voir sportif, mais pas les objectifs de l’Aïkido, je ne les connaissais pas. Quand j’avais juste 6 mois de pratique, j’ai pu rencontrer un senseï japonais, j’ai eu la chance de faire Uke pour lui plusieurs fois, c’était merveilleux pour un môme, mais je ne réalisais pas encore ce qu’était l’Aïkido. Ces perspectives, extrêmement ambitieuses, sont de… par le travail avec les autres, rendre la société meilleure !

PAGT, Mais pour ainsi dire, jamais nos profs ne nous parlent de cela ! Qu’est-ce que l’Aïkido, ses perspectives, le sens de tout ça ? Il y a un moment où on voit bien que l’Aïkido, ce n’est pas des clefs de bras à la Seagal ! Et pourtant, je ne l’ai peut-être pas perçu, mais je n’ai jamais eu réellement, sur un tatami d’explications à ce sujet.

EM : Peut-être qu’ils ne le savent pas ! (rires). Mais sérieusement ta remarque est intéressante, le dojo est le lieu de la pratique pas celui des conférences. Malgré tout il faut que cet aspect primordial de notre discipline apparaisse à un moment ou un autre dans le cursus des pratiquants, peut-être au café après un cours ? Que les professeurs en parlent. Pour moi enseigner les techniques pour elles-mêmes, je ne vois pas bien l’intérêt, notre catalogue technique existe pour nous permettre d’appliquer des principes, eux-mêmes mus par des valeurs. Notre activité est bien plus qu’une forme de self-défense parmi tant d’autres. En même temps, nous ne sommes pas là pour faire des exposés sur l’Aïkido. En mettant en scène la pratique, avec les Waza, les Keïko et les principes Aïki, on va tendre vers les objectifs, c’est mon rôle, ma petite contribution à l’Aïkido. Cela va apparaitre en filigrane dans mes interventions de temps en temps, mais je ne ferais pas de grand laïus. Encore une fois c’est par la pratique, étayée par différents types de discours que l’Aïkido prend son sens. Discours descriptifs (ce qu’il faut faire), explicatifs (comment le faire ?, application des principes), et projectifs (pourquoi le faire ?, pourquoi-pas des analogies avec la vie courante ). L’enseignement, c’est la capacité à utiliser à bon escient ces trois formes de discours pour que les apports aux élèves soient les plus efficients. Certains enseignants ne sont que dans le descriptif « Mets ta main ici, tes pieds là… » d’autres dans l’explicatif et c’est déjà plus intéressant : donner du sens ce que nous faisons va apporter plaisir et motivation. Et enfin projectif, sur les propos de l’Aïkido, et là apprendre à faire shiho-nage, irimi-nage ou ikkyo devient secondaire…

PAGT : Et tout cela, sans tomber dans un ésotérisme nébuleux ou le mysticisme… A ce propos, dans AÏKIDO, il y a KI, mot bien mystérieux, dont on parle peu sur les tatamis. On sent même une frilosité des enseignants à aborder le sujet ?

EM : C’est un vaste sujet : nous ne sommes pas japonais, ni bercés de cette culture orientale comme eux, avec des notions imprégnées dans leurs vies depuis des générations et des générations.  Et en même temps, tout ça est très concret. Le ki on le traduit par énergie, mais avec un sens large. Comment ça va ? En japonais, ça se dit : « O GENKI DESSUKA » ? Comment est ton énergie ? Le Ki, est partout pour les japonais, dans la nature, l’électricité, la santé, etc… dans tout. Pour moi, c’est « l’utilisation optimale et globale du corps, avec un minimum d’effort pour un maximum de résultat ». Il n y a rien de mystique. C’est tout à fait concret.

Bruno : On connait ça : ki nagare, ki musubi, ce sont des choses concrètes, mais qu’il faut encore savoir expliquer…

EM : En effet, un prof doit savoir expliquer cela, et les donner à vivre sur le tatami sinon… il doit se former.

PAGT : En allant au japon ?photostagemensueldeceric

EM : Non pas nécessairement, nous avons suffisamment de grands techniciens et d’experts en France pour nous éclairer sur tous ces aspects et une fois encore les formations sont faites pour ca !

Bruno : Mais au japon, tu n’as pas vu des choses différentes ou perçu une évolution dans la transmission ?

EM : Non, l’organisation des cours y est quelque-peu différente mais pour percevoir des évolutions il faudrait parler couramment japonais et y rester fort longtemps. Après c’est une question de personnalité. Mon référent est Bernard palmier, il m’a formé et continue à le faire, je lui dois beaucoup. Mais je ne suis pas lui. Je n’essaye pas de le copier, simplement parce que je ne saurais pas le faire. Chacun est séduit par des aspects différents. Yasuno senseï, que je trouve absolument génial, a une approche spécifique, parce que probablement sa sensibilité l’amène à certaines orientations, qui seront différentes de celle d’Endo senseï, aussi génial au demeurant, qui lui a d’autres sujets d’intérêt. Myamoto senseï, d’autres et Osawa senseï encore d’autres. C’est valable aussi pour nos cadres.

Bruno : Cette diversité fait notre richesse.

EM : Bien sûr, et il y a aussi de jeunes senseïs, qu’on ne connait pas encore très bien, qui sont passionnants !

PAGT : Quand Kisshomaru Ueshiba a formalisé l’aïkido, n’a-t-il pas dénaturé le travail de son père en le simplifiant ? Pourrait-on enseigner le même Aïkido si on supprimait kote-gaeshi ?

EM : On perdrait beaucoup ! Pour l’ancien Doshu, je ne sais pas, on le dit, et on dit beaucoup de choses, surtout ceux qui n’étaient pas là pour le constater… En tout cas, je ne le crois pas. Il a inventorié, classifié, formalisé, et grâce à lui, l’Aïkido s’est développé et répandu dans le monde entier. A-t-il supprimé des choses ? Pas si sûr. Quelques techniques trop proches du Daïto-ryu, celui-ci étant à l’origine de l’Aïkido ? Peut-être ? Si tel fut le cas, c’était probablement pour ne pas faire d’amalgame entre les deux écoles. Ce n’est que mon avis personnel.

PAGT : Alors comment expliques-tu, que l’on ne pratique plus, autant, les sutemis, pourquoi kubi-nage, ou tai-atari, que tu enseignes pourtant, ne sont pas au répertoire ?

EM : Les sutemis n’ont jamais fait partie intégrante de notre répertoire, c’est un registre très usité par les adeptes de l’Aïkibudo, activité développée par Alain Floquet en France. Néanmoins nous pourrions trouver des liens avec la notion de Kaeshi-waza dans notre pratique. Quand à kubi-nage, c’est une variation de kaïten-nage qui à pris un nom (donc devenue une variante). Pour taï-atari, ce n’est en aucun cas une technique, mais juste une manière d’exécuter ladite technique avec le partenaire sans l’intermédiaire des bras (rencontre de corps à corps).

logo-vernon-2PAGT :Ne trouves tu pas que l’on ne rend pas assez grâce à Kisshomaru au détriment d’un culte excessif au fondateur ?

A propos d’O-Senseï, le mot culte me gêne, il est et reste le fondateur. Kisshomaru Ueshiba, et les nombreux senseïs qui ont voyagé dans tant de pays ont contribué à répandre et développer la création de Moriheï Ueshiba, tout comme le Doshu actuel et à l’avenir Mitsuteru Ueshiba.

PAGT : Pour finir Eric, quel conseil donnerais-tu à un débutant, kyu ?

EM : c’est au cas par cas… globalement les tout débutants se focalisent sur la technique, les gestes et… c’est normal, un passage obligé. C’est tout le rôle de l’enseignant de les amener au-delà de ces considérations. Comme je le disais plus tôt dans notre discussion : toutes les techniques ne sont que des moyens à notre disposition pour appliquer des principes. Il s’agit de mettre en œuvre tous ces principes, pour toutes les techniques. Et on n’en a jamais fini avec ça ! Il ne sert à rien d’apprendre un catalogue.  Après… mon seul conseil… choisissez bien votre professeur. C’est déterminant.  Encore faut-il avoir le choix, selon où on se trouve !

PAGT : Oui, mais c’est souvent un choix qui n’en est pas un. Les gens vont au dojo le plus proche ou qui correspond à leurs horaires de boulot.

EM. Oui c’est exact et logique mais n’est-il pas logique de comparer lors d’un gros achat ? Un investissement ? L’Aïki est une pratique dans laquelle on s’investi alors pourquoi ne pas comparer ? Toi qui es amené par ton travail à bouger tout le temps, tu pratiques dans de nombreux dojos. Il faut avoir des racines solides, une construction pour ne pas se disperser. C’est très difficile à obtenir. C’est le propos de l’Aïkido. Diversité/unicité. Il faut des racines vastes et solides comme un roseau, pour pouvoir fléchir sous les assauts du vent sans se rompre.

PAGT : j’ai lu cela de Bernard Palmier sur l’analogie du roseau : la diversité, c’est le vent, les racines, le discernement.

EM : Aie ! J’espère qu’il n’a pas de copyright pour le roseau ! (rires). Je peux difficilement donner des conseils aux débutants, c’est individuel. Par contre je peux t’en donner un pour toi : trouve-toi un senseï de « référence », avec qui tu pourras progresser et te ressourcer le plus souvent possible. Continue à fonctionner comme tu fonctionnes, parce-que c’est intéressant, et aussi parce-que tu n’as pas le choix. Après quand tu auras des racines fortes, tu pourras mieux profiter des éclairages extérieurs.

Bruno : Quelqu’un qui donnera du sens à ta pratique !

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            (Eric, Bernard Palmier shihan président du CTN, Christian Clément DTR Guadeloupe, Christian Borie DTR Midi-Pyrénées,

Raymond Dufrenot DTR Martinique, Arnaud Waltz DTR Nord pas de Calais – Stage National Enseignants Août 2013)

 

 PAGT : Une dernière question Eric : Qu’est-ce que l’Aïkido a transformé chez toi au fil du temps ? »

EM : Rires ! Je ne peux pas répondre à cette question ! J’ai toujours pratiqué et beaucoup  (actuellement 30 heures par semaines) alors je ne sais pas du tout comment j’aurai pu être si je n’avais pas rencontré l’Aïkido. En tout cas, ce que je peux dire c’est que je me sens bien dans ma vie.

Domo arigato gozaimashita senseï !

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Un lien vers un autre interview d’eric par le club de Bar le Duc ;)   :

http://www.aikido-lorraine.fr/images/stories/documents/2014-02-23_Eric%20Marchand_Interview.pdf

 

De Kishinkai a Murashige, y de Valencia a Bruselas

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Hace algunos tiempos, esteba en el Dojo de Leo tamaki, en París. Discutiendo con Leo, lo dijo que debo ir pronto a Valencia. Coincidencia genial, una de sus más antiguo alumnos, Julien Coup, que enseña en Kishinkan Argenteuil, hará un período de prácticas este fin de semana allí. Poco después, pude encontrarle por fin a Julien, y apreciar su trabajo, en el momento de un período de prácticas a Herblay en casa de Issei Tamaki. Entonces fui conquistado, y decidía entonces modificar un poco mi viaje para poder asistir al período de prácticas Kishinkan en casa de Ivan Garcia en Valencia.ob_5d7e3085dbc8546cb36a2095aa243992_dsc-4612

1662196_488554504588469_1730456479_nAdemás del placer de descubrir la ciudad por muy hermosa y española, pude así tener el placer y el honor de trabajar con juliano, Ivan Garcia, y sus alumnos. Esto todo de allí había sido punzado una semana formidable, con un trabajo de aikido fiel al de Leo.

Relajamiento, sinceridad en los ataques, el armado trabajo inspirado por Kuroda sensei, de bellos descubrimientos. Pero Para mí, más importando, descubrir a gente generosa, humilde y solar. Kishinkai, trabajo en la alegría, la escuela de Leo es para mí una fuente de inspiración formidable, aunque comprende que todo el mundo no se encuentre allí.
Pero personalmente, este aikido de la benevolencia resuena en mí maravillosamente. Cita pues es tomada en mayo en Kishintaikai, acontecimiento internacional que será excepcional, con todo el eleves de Leo, del 26 al 30 de mayo en Creps de chatenay Malabry. Confío allí encontrado(recobrado) mis nuevos amigo Ivan y Miguel Silva, medio hombre gato medio, un corazón sobre pata  » un Coeur sur patte » que verdaderamente me marcó. Un encuentro con Miguel es forzamiento inolvidable.

 

Kishintaikai-2014Apenas desembarcado a Charles de Gaulle, voy a Eaubonne cerca de Pontoise, para otro período de prácticas excepcional, con un sensei de excepción, Michel Vanhomwegen. Este período de prácticas, lo esperaba desde hace tiempo, visto que debía encontrar allí a numerosos amigos del neto, entre los que estaban Loïc Trehin, profesor Takeda Kyu, entre otras cosas budo. Este período de prácticas era formidable a varios niveles.

Primero, para Michel Vanhomwegen. ¡ Michel, es 50 años de budo! 7o dan Aikido, pero tan suboficial kendo, karate, judo, kobudo … Lo había encontrado el año pasado en su dojo de Coxyde en Bélgica, y esto me había marcado mucho, tanto por la extensión inmensa de su saber, pero más todavía por la gentileza y la humildad del personaje. Michel es un profesor complétement atípico. Su escuela, sigue la enseñanza de Aritomo Murashige. Uno de los primeros alumnos de O sensei en 1931. Éste fue enviado a Bélgica para difundir la palabra del fundador, por la invitación de Jorge Oshawa en 1960. Es por su alumno, André Jean que Michel Vanhomwegen pudo recibir esta enseñanza que nos transmite a su vuelta hoy. Haciendo partido de estos profesores fuera de circuitos federales o institucionales, puedo sólo usted invita a venir para descubrirle su práctica en el momento de un período de prácticas a Coxyde, Eaubonne, Puteaux, Hannover o en sonido nuevo dojo en Francia tiene Arneke (59). 1545047_491621060948480_956557037_n

Este período de prácticas fue luego formidable para la acogida de Jean Michel Arduin y sus alumnos de Eaubonne. Jean Michel ofreció tiene su invitado en esta ocasión, uno de sus obras, un cuadro(tablero) magnífico origami escudo de armas de Murashige ryu.

Al final de tarde, dos de los alumnos de Jean Michel nos ofrecerán una soberbia demo de aiki muy dinámico. Encuentro esto verdaderamente muy generoso por parte de un profesor de permitir, no a antiguos rodados, pero a sus alumnos 1r kyu de poder expresarse delante de sus invitados, lo que nos permitió ver la excelencia de su trabajo de profesor, como sus dos alumnos. Para acabar, un demonstration de Katas Iaido perfectamente sincronizado por Jean Michel y por Loic Trehin. Fue un placer inmenso de poder encontrar a Loïc live, desde el tiempo que lo bordeo sobre la tela. Loïc es para mí, un ejemplo de budoka. Descompresor de 7 shodans, profesor Takeda Ryu y Nihon tai jutsu, vino con varios de sus alumnos y amigos para compartir en toda sencillez. La apertura en su casa, no es una palabra simple. Y su saber de la historia de Japón y del budos es excepcional. Prometiendo Loïc, pasaría en tu dojo de Nesles el valle (95). ¡

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Más bellos reencuentros con todos mis amigos budo, Feliciano de Calais, vaqueros François de Puteaux, o inenarrable Fabien, alumno de Issei tamaki, qué nos hará desternillarse de risa en el momento de la pausa foto con su  » Atención, el pequeño sensei va a salir! « . De la felicidad, sólo de la felicidad. Períodos de prácticas como esto, lo hago totalmente las semanas. Gracias a los amigos. Etapa próxima: ¡ Bruselas dentro de 8 días! ¡ Stéphane, prepara la freidora pone el cervezas en el gasto: vengo!

Du kishinkai au Murashige, et de l’Espagne à la Belgique!

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Il y a quelques temps, j’étais au Dojo de Leo tamaki, à Paris. En discutant avec Leo, je lui apprends que je dois me rendre bientôt à Valencia. Coïncidence géniale, L’un de ses plus ancien élèves, Julien Coup, qui enseigne au Kishinkan Argenteuil, fera un stage ce week end là. Peu après, j’ai pu enfin rencontrer Julien, et apprécier son travail, lors d’un stage à Herblay chez Issei Tamaki. Je fus alors conquis, et je décidais alors de modifier un peu mon voyage pour pouvoir assister au stage Kishinkan chez Ivan Garcia à Valencia.ob_5d7e3085dbc8546cb36a2095aa243992_dsc-4612

1662196_488554504588469_1730456479_nOutre le plaisir de découvrir la si jolie ville espagnole, je pus ainsi avoir le plaisir et l’honneur de travailler avec julien, Ivan Garcia, et ses élèves. Ce fut en tout point une semaine formidable, avec un travail d’aïkido fidèle à celui de Leo. Relâchement, sincérité dans les attaques, travail d’arme inspiré par Kuroda sensei, de belles découvertes. Mais Pour moi, le plus important, découvrir des gens généreux, humbles et solaires. Kishinkai, travail dans la joie, l’école de Leo est pour moi une source d’inspiration formidable, même si comprends que tout le monde ne s’y retrouve pas. Mais personnellement, cet aïkido de la bienveillance résonne en moi merveilleusement.

Rendez-vous est donc pris en mai au Kishintaikai, événement international qui sera exceptionnel, avec tous les eleves de Leo, du 26 au 30 mai au Creps de chatenay Malabry. J’espère y retrouvé mes nouveaux amis Ivan et Miguel Silva, mi-homme mi- chat, un cœur sur patte qui m’a vraiment marqué. Une rencontre avec Miguel est forcement inoubliable.

 

 

Kishintaikai-2014A peine débarqué à Charles de Gaule, je me rends à Eaubonne près de Pontoise, pour un autre stage exceptionnel, avec un sensei d’exception, Michel Vanhomwegen. Ce stage, je l’attendais depuis longtemps, vu que je devais y rencontrer de nombreux amis du net,dont Loïc Trehin, enseignant Takeda Kyu, entre autre budo. Ce stage etait formidable à plusieurs niveaux.

D’abord, pour Michel Vanhomwegen. Michel, c’est 50 ans de budo ! 7e dan Aikido, mais aussi   gradé en kendo, karate, judo, kobudo …Je l’avais rencontré l’année dernière à son dojo de coxyde en Belgique, et cela m’avait beaucoup marqué, tant par l’étendue immense de son savoir, mais plus encore par la gentillesse et l’humilité du personnage. Michel est un enseignant complétement atypique. Son école, suit l’enseignement d’Aritomo Murashige, L’un des tout premiers élèves de O sensei en 1931. Celui-ci fut envoyé en Belgique pour diffuser la parole du fondateur, par l’invitation de George Oshawa en 1960. C’est par son élève, André Jean que Michel Vanhomwegen a pu recevoir cet enseignement qu’il nous transmet à son tour aujourd’hui. Faisant parti de ces enseignants hors circuits fédéral ou institutionnel, je ne peux que vous invitez à venir découvrir sa pratique lors d’un stage à Coxyde, Eaubonne, Puteaux, Hanovre ou dans son nouveau dojo en France a Arneke (59).1545047_491621060948480_956557037_n

Ce stage fut ensuite formidable pour l’accueil de Jean Michel Arduin et ses élèves d’Eaubonne. Jean Michel a offert  a son invité en cette occasion, une de ses œuvres, un magnifique tableau origami des armoiries du Murashige ryu. En fin de soirée, deux des élèves de Jean Michel nous offriront une superbe demo d’aiki très dynamique. Je trouve cela vraiment très généreux de la part d’un enseignant de permettre, non à des anciens rodés, mais à ses élèves 1er kyu de pouvoir s’exprimer devant ses invités, ce qui nous permit de voir l’excellence de son travail d’enseignant, comme de ses deux élèves.

Pour finir, une demonstration de Katas Iaido parfaitement synchronisé de Jean Michel et de Loic Trehin. Ce fut un plaisir immense de pouvoir rencontrer Loïc en live, depuis le temps que je le côtoie sur la toile. Loïc est pour moi, un exemple de budoka. Détendeur de 7 shodans, enseignant Takeda ryu et Nihon tai jutsu, il est venu avec plusieurs de ses élèves et amis partager en toute simplicité. L’ouverture chez lui, ce n’est pas un simple mot. Et son savoir de l’histoire du japon et des budos est exceptionnel. Promis Loïc, je passerais à ton dojo de Nesles la vallée (95).1076954_491884930922093_1887242209_o

Plus de belles retrouvailles avec tous mes copains budo, Félicien de Calais, jean François de Puteaux, ou l’inénarrable Fabien, élève d’Issei tamaki, qui nous fera se bidonner lors de la pause photo avec son « Attention, le petit sensei va sortir ! ». Du bonheur, rien que du bonheur. Des stages comme cela, j’en fais toute les semaines. Merci aux copains. Prochaine étape : Bruxelles dans 8 jours ! Stéphane fait chaufer la friteuse, met les bieres au frais :me voilà !!

Aïkido, John Coltrane et Facebook à Poitiers

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En route pour Limoges, je décide de m’arrêter à Poitiers pour un soir. L’occasion enfin de pouvoir rencontrer quelques amis du net. Un petit groupe d’aïkidokas s’est créé depuis quelques temps sur Facebook, avec lesquels j’ai pris l’habitude d’échanger de manière très sympathique. Facebook a ses détracteurs, ses abus, ses contradictions. Bien utilisé, cela devient un outil d’échange formidable. On reproche notamment aux réseaux sociaux d’isoler les gens derrière leur PC, de les couper de la réalité, de ne procurer que des amis virtuels, dont on ne connait rien, avec qui on ne partage rien, des parasites de la toile qui ne vous apportent qu’un chiffre de plus aux nombres de vos amis Facebook, histoire d’atteindre plus de  3000 amis et de se sentir aimé du monde entier.1458555_10153563425525160_1263337631_n

Si on utilise les potentialités de cet outil, Facebook peut devenir un allié formidable, à l’exact opposé de ses aspects négatifs potentiels. Primo, il va vous permettre d’établir un réseau de personnes ayant la même passion commune. L’aïkido, mais j’ai aussi personnellement par exemple, crée un réseau Facebook autour de ma généalogie , ou de Bruce springsteen, et cela m’ a permis d’établir des rencontres passionnantes. Autour de l’aïkido, Facebook m’a permis de rencontrer une multitude de pratiquants et de senseis en France comme ailleurs. Il est clair que cela aurait été autrement plus difficile sans cet outil. Je dois me rendre en Tunisie ? Ou sont les clubs ? A qui demander ? Un message au réseau, et les contacts se font naturellement et avec efficacité.

Reste que tout ce petit monde reste un pool d’« amis » virtuels. Alors qui sont-ils ? existent t ils? J’ai la grande chance de me déplacer beaucoup, alors des que l’occasion se présente de rendre visite dans la vraie vie à ces amis fictifs, je n’y manque pas ! Et c’est toujours de belles rencontres, comme hier soir, à Poitiers.

1506929_10153688711170160_899895329_nAvec mes deux GPS en rade à 3 km de mon arrivée, j’arrive au dojo de Buxerolles 30 mn après le début du cours. Helene me reconnait et sort du tatami pour me guider au vestiaire.  Et oui, Helene Richard existe bien en vrai, et c’est toujours une émotion particulière de se retrouver face à des gens que l’on côtoie sur la toile depuis un certain temps, et enfin de pouvoir les toucher,   comme si on sortait d’un rêve, et que la réalité vous submergeait d’un seul coup. Rien que pour ressentir cela, je suis content d’être venu !

Le cours de ce soir est bref, Puisque qu’une AG est prévue après. Parfait, on va boire un coup alors ? En plus c’est un interclub avec le stade Poitevin, l’occasion supplémentaire de rencontrer d’autres pratiquants, et leur sensei, Christian Basse, 5e dan. Pour l’heure, je me dirige saluer Mathieu Chaveneau, 3e dan, et enseignant en titre du club qui reçoit. On se reconnait un peu, vu que l’on s’est déjà croiser lors d’un stage avec Bernard Palmier à Beaugency. Matthieu me prend un peu en charge et j’ai le plaisir de pouvoir travailler avec lui, ce qui n’est pas évident pour moi, qui ne me suis pas échauffé et du coup, encore plus raide que d’habitude.  Enfin, je termine avec la belle Helene, katadori ikkyo, tout en sourire, mais …épuisé.

On se retrouve alors, Mathieu, Helene, Philippe et moi pour une petite discussion sympathique et décontracté. On me demande  » mais quelle est donc ta profession? »  – « Disons que je travaille pour la CIA! » (rires).  Et  non, je ne suis pas un collectif d’aikidokas voyageurs déguisé sous un peudo. Et de leur expliquer briévement mon metier( rien à voir avec la CIA ou la NSA).

Mathieu a repris le club il y a à peine un an, après avoir longtemps suivit Bernard Palmier à Paris((entre autres). Il m’apprend qu’il a habité La rochelle, ville chère à mon cœur, ou sont toutes mes racines. Apres l’AG, on partage ensemble une bière et une galette, je tombe bien ! Christian qui a assuré la deuxième partie de l’interclub, nous rejoins pour partager nos expériences du tatami. On en vient à évoquer maitre Yamaguchi, et sa fausse nonchalance légendaire, «  le John Coltrane de l’aïkido » dira Philippe.  Bien vu non?roidexperience_18471_Philipp_CHEKLER

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John Coltrane…Je remarque que la relation aïkido et art est souvent ténue. J’ai rencontré pas mal d’aïkidokas peintres de talent, comme Philippe Checkler ou Mohamed Mekouar, de fins déssinateurs comme mon ami Sacha Seligmann de Wissembourg, pas mal de musiciens, notament guitaristes, danseurs, et aussi des comédiennes comme… Helene. Je ne doute pas que des artistes existent en judo ou en Karaté, mais il me semble que l’aïkido exige une certaine sensibilité, une capacité d’empathie, qui attire naturellement des personnes dont l’âme est ouverte au monde et aux autres.  L’aïkido, en aidant à développer l’empathie, en travaillant le relâchement du corps, et donc de l’esprit,  peut-il  aider au développement des capacités artistiques ? Oui, je le crois. Il en est ainsi de certains grands senseis occidentaux, passés maitre à plusieurs « dans », en Cérémonie du thé ou en flute japonaise ! Helene m’apprends aussi que le Conservatoire supérieur d’Art dramatique de Paris propose un cours d’Aïkido au comédien en formation ( en 3 année d’étude) !!!

Et même si l’aïkido est d’abord, un art MARTIAL,  christian le redira pendant le cours de ce soir, on reconnait tous en certains senseis, non plus une maitrise technique, mais une vraie qualité d’ «Artiste ». La différence entre un sport et un « art martial » est alors patente. Il me semble avoir lu que l’on reconnaissait la valeur des samouraïs d’antan, au fait qu’il devait passait maitre en budo mais aussi en calligraphie, ikebana, ou en musique…Ouverture.

Ce soir je n’ai pas fait que de l’aïkido, j’ai passé la soirée avec des artistes.

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Merci Helene, merci Mathieu, merci Christian, merci Philippe, merci à tous et toutes, et à bientôt.

Quelques sites web :923048_10153816448700160_1872629760_n

le site de philipp checkler aikidoka et peintre calligraphiste: http://www.philippchekler.com/

un lien sur Mohamed Mekouar, aikidoka et peintre detalent: http://www.youtube.com/watch?v=RE-Wo2NLPxY

le site du club de poitiers apaiki : http://aikido-poitiers.fr/

le site du stade poitevin : http://aikidopoitevin.free.fr/

aikido en ecole d’art dramatique avec Hacene Larbi http://www.cnsad.fr/3.aspx?sr=11

PS : Notez que le club de Poitiers organise un stage exceptionnel du 21 au 23 février avec Sandro Caccamo, sensei Italien 6e dan. Stage entièrement GRATUIT  et ouvert à tous! Tiens encore une fois, ce stage s’est organisé par une rencontre Facebook avec le dojo italien !

 

 

 

Dernier cours de l’année à Rouen

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Aprés trois mois d’existence , et une vingtaine d’articles publiés, il me semblait normal d’en faire un sur le club  de ma ville, Rouen. Même si mon club d’affiliation est celui de saint pierre de Varengeville, à 10 km de la capitale normande, le club de Rouen est quand même une adresse incontournable de la région, et j’y passe le plus  souvent possible, en cours ou en stage. D’abord pour la qualité de l’enseignement prodigué ici, avec des professeurs 2e, 3e et  4e dans, des cours tous les soirs du lundi au vendredi, avec en prime un cours le lundi midi, et parfois le samedi matin lors de stage privés. De plus de nombreux stages s’y  déroulent avec des invités de marques comme Bruno Gonzales , notre DTR, mais aussi Mare Seye, Philippe Coconi, ou Eric Marchand pour les formations enseignants. IMG_2486

Ce soir, c’est le dernier cours de l’année. Alors on est en nombre restreint, 5… Mais qu’importe pourvu qu’on ai l’ivresse :)

Ce soir c’est Béa, 2e dan qui assure le cours, devant Philippe, 4e dan , qui du coup, lui,se retrouve avec les élèves. Situation pouvant être intimidante pour béa , mais il en faut plus  pour la destabiliser , et elle nous assure un excellent cours  en  Henka waza, inspiré du dernier stage enseignant avec Eric Marchand. Pour Jane, débutante de l’année, et la seule du groupe sans hakama, c’est un peu complexe, y compris pour moi,mais tout le monde est évidement la pour l’aider au mieux et du coup, elle s’en tire trés trés bien. J’aime bien travailler en petit groupe, c’est plus chaleureux, on passe trois ou quatre fois avec chaque partenaires, cela crée un contact différent des cours  de 20 à 30 pratiquants comme cela arrive ici quelque fois. En plus finir l’année avec une femme pour enseignant, je ne boude pas mon plaisir, vu qu’elle ne sont pas si nombreuses.

En fin de cours, je passe un peu de temps avec Philippe et Béa sur le tatami avec une discussion passionnante sur l’histoire du club et l’aikido en général.

patrice AGT :-Tu peux me parler de l’histoire du club de rouen?

 Philippe : – Le club a été crée en 1981.  Quand j’ai commencé l’aikido en 85-86 , le club existait donc déjà. Il n’y avait alors deux profs premier dan, Pascal Raymond et Philippe Thiry qui sont finalement partis  vers d’autres villes,  à la fin  de ma première année de pratique. Et c’est les 4 premiers kyus qui ont alors repris le club!  Les cours ont été dirigés par Bruno Rivière qui n’était alors donc que ceinture marron mais allait devenir le professeur du club et former ainsi toutes les ceintures noires actuelles.  Bruno avait un trés bon niveau pour un premier kyu, il allait souvent chez Christian Tissier, et avec son bagage de prof de sport, il apprenait vite et bien, et rapidement, il a passé son shodan.

IMG_2489PAGT : -Bruno Rivière a donc été le premier professeur gradé du club?

Philippe : -Oui, puis il a passé ses dans jusqu’au 4e. Entre temps nous avons eu aussi   comme enseignante pendant une saison, Hélène, qui nous venait de Strasbourg. Et puis Pierre, Patrick et moi nous avons commencé a donné des cours ici. Puis Bruno est parti dans le sud, alors on a repris le club. Au début on avait des craintes, sans Bruno qui nous chapotait depuis le début de notre carrière.

PAGT : -Dans ce dojo même?

Philippe : -Non on a pas mal bougé. On s’est ainsi retrouvé au lycée Jeanne d’arc dans la salle de sport.On n’avait pas de tatamis, mais des convertibles en mousse, un practice de gym! Ce qui est bien, c’est que tu peut chuter n’importe comment tu ne te fais jamais mal, à part se bruler les pieds. Mais quand on allait ailleurs, on trouvait que c’était dur du coup! Et puis on eu cette salle  à la piscine Diderot, 112 Bld de l’Europe, sur la rive gauche.C’était en 1992. Et depuis ça fait pas mal de ceintures noires de formées ici. Tu vois Pierre et moi on est 4 e dan, en ayant commencé 6e kyu. Et pas mal de 3e dans, etc…

PAGT : -Ce qui me marque aussi ici, c’est les échanges fréquents avec les gens du  club FAAB du Havre René VDB, on se croise beaucoup, en stage, ou en cours…

Philippe : -Ah bien sur, il n’y a aucun, mais alors aucun soucis à ce niveau. je me souviens que, à une époque,  il s’organisait souvent des stages conjoints FFAAA/ FFAB, je ne sait pas si cela se fait toujours…Tu sais les dissentions, elle se passent dans les hautes sphères pour des histoires politiques, de territoires, etc.. A notre niveau…J’ai fais quelques stages avec maitre Tamura, à l’époque, on était trés bien accueillis, aucun problèmes.

PAGT : -A Rouen, le chef de file, ça reste quand même Christian Tissier?333602_110023139108276_1994968035_o

Philippe : -Moui , mais c’est pas aussi fermé.  Franck Noel, par exemple, vient régulièrement sur Rouen. Mais il faut comprendre une chose. Les membres du clubs suivent qui ils veulent, ça ne causent aucun problèmes.Par contre, au niveau de ce que nous on propose, nous avons une unité technique, avec des références cohérentes et claires. Certes ici, ce sont celles de christian Tissier, mais ça ne veux pas dire que les autres sont moins bien. Notre objectif est juste de fournir des références claires à nos élèves pour les construire, dans un cadre cohérent.

PAGT – Se construire avant de trouver son Aikido…

Béa : -Mais oui, parce que aprés, quand tu est 2 ou 3e dan, par exemple, tu peut peut être entrevoir que certaines approches te correspondent moins. Ce n’est pas qu’elles sont « moins bien », c’est juste qu’elles ne te correspondent pas, du fait de ton propre corps, ou de ta sensibilité. Moi j’aime l’aikido quand il est simple, épuré, d’autres aimeront un aikido plus raffiné, plus sophistiqué quand moi j’ y verrais trop de manièrisme, mais c’est ma sensibilité. Celle d’un autre n’en ai pas moins noble.

Philippe:  -Par exemple, tu connais certain senseis qui ne sont pas des  montagnes de muscle,presque freles, mais qui du coup développent un aikido  propre a leurs corps et à l’utilisation qu’il peuvent en faire. Et du coup, tu vois la puissance qu’il peuvent malgré tout développer ! Moi je ne suis pas rapide , vois tu, je dois donc utiliser d’autres armes.

Béa : -Et puis surtout , il faut rester humble…

Philippe : -et être construit…

Béa : -oui mais humble !

Merci les amis,  j’aurais passé une année d’aikido formidable. Celle qui vient le sera assurément aussi. Alors passez tous de bonnes fêtes de fin d’année, vivez vos passions, et restez humble!!!

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http://www.aikido-rouen.com/

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Entre Aïkido et Barbecue, avec Julien Coup et Issei Tamaki à Herblay.

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Il est de ces stages grandes messes, certes passionnants, où l’on croise quelques amis, où on retrouve quelques professeurs, où l’on fait de belles nouvelles rencontres et où en fin de cours, on peut se risquer à saluer le sensei pour le remercier. Si au niveau pratique, ces stages sont toujours riches, j’y trouve souvent un côté un peu impersonnel, un coté séminaire professionnel…IMG_2427

C’est mon deuxième stage chez Issei à Herblay dans le nord de paris, près de Cergy Pontoise. Ici, on n’est pas cinquante sur le tatami, une vingtaine au plus et on est sûr que sur les six heures de stage de ce dimanche, on va pouvoir croiser plusieurs fois chaque pratiquant, et donc, de pouvoir mieux briser la glace, et établir de beaux contacts. Les stages sont autant d’occasions de pouvoir travailler avec des personnes avec qui on a pas d’habitudes, aux multiples facettes, hommes ou femmes, grands ou petits, frêles ou costauds, jeunes ou moins jeunes, souples ou raides, et bien sûr, débutants ou vétérans. Mais en même temps, je vais pouvoir partager plus que trois minutes avec chacun, et donner à tous  mes partenaires, une vrai densité humaine.

IMG_2433Issei a la bonne idée de souvent partager ces stages avec d’autres sensei, comme ici son ami Julien Coup d’Argenteuil, ou d’autres comme Tanguy, Farouk, Herve et bien sur Leo. J’emploi leur prénom à dessin. Depuis que je commence à fréquenter cette « bande de copains », je me rends compte de plus en plus de la dynamique fraternelle de ces enseignants, autour d’une pratique, construite sur une base commune, mais enrichies de nombreuses approches en résonances, ou chacun est libre d’apporter sa personnalité et son histoire. Ainsi, j’ai ici l’opportunité de pouvoir recevoir de deux senseis dans la même journée, ou chacun rebondit sur les idées de l’autre, mais en suivant sa propre approche.

Mais ce qui est pour moi le plus formidable, c’est l’ambiance confraternelle qui règne lors du stage. Issei comme Julien, font preuve d’une grande proximité avec tous les pratiquants. Non seulement sur le tatami, où leur bienveillance naturelle remplit l’espace, mais aussi  hors du tatami, ou Issei et julien deviennent de joyeux camarades, humbles et chaleureux. Issei, calme, très rassurant, avec une volonté évidente de vous élever, Julien, plus énergique, donne l’air de s’éclater et on rit beaucoup (ce qui me rappelle Brahim si Guesmi dans le même genre), bref un chaud froid qui prend très bien, et qui donne une réelle consistance à ces 6 heures. Pour info, le stage avait aussi lieu le samedi matin, mais je ne peux pas être partout non plus ;) .IMG_2446

Quand au contenu, pour être riche, c’est riche. Après ces fameux échauffements en souplesse, Issei nous emmène dans son travail corporel, ou l’on essaye d’être à l’écoute l’un  de l’autre, ressentir les déséquilibres, pour en arriver a un travail sur shomen. Aprés 1h 30, Julien prends le relais, dans un travail d’effacement du corps, avec quelques kaeshi waza en prime. L’approche est vraiment différente de ce que je vois en général, aussi c’est encore déroutant pour moi, mais ce travail est une source d ‘ouvertures inouies. Un stage avec Issei, et ses amis, apporte beaucoup, bien sur techniquement, mais plus encore , sur la sensibilité aux autres, avec un travail de corps incroyable.

Pause déjeuner autour d’un barbecue de chantier aussi simple que chaleureux .Chacun a apporté ses spécialités, quelques bières, quelques jus de raisins, pleins de bonnes choses, de jolies tartes et gateaux. On a même un petit expresso bienvenu, car même si je ne me suis pas trop chargé, j’appréhende le cours de l’après midi, comme mes autres amis…

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Julien reprends malgré tout, en douceur au jo. Katas pour commencer, puis jo nage et les gateaux comme la bière me donne l’impression de peser 20 kilo de trop. L’apprentissage des chutes avec un jo se revèle une expérience périlleuse en première approche, puis finalement accessibles!. Issei reprendra avec une étude de sutemis sur ryo kata dori, puis quelques projection en douceur pour se détendre.  J’espère retrouver Issei au prochain stage d’Herblay. Quand à Julien, je le retrouverai fin janvier à Valence en espagne.IMG_2455

IMG_2420Sans oublier un rendez vous que j’attends depuis longtemps, le 18 et 19 janvier avec Hino sensei, ou je retrouverai mes camarades de jeux avec beaucoup de plaisir !

 

 

 

 

 

 

 

 

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A Limoges avec Jean Louis Dupuy, 7e dan

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Pour une nuit à Razes, village perdu à 30mn de Limoges, je me suis mis en chasse d’un dojo dans les environs. D’abord il a fallu me rendre à l’évidence, La FFAAA, ma fédération, est complétement absente de la région limousin ! Alors je cherche sur le site de la FFAB, et ouf sauvé, il y a du choix. Je vois alors qu’il y a un cours ce lundi soir au LAM, au Dojo Robert Lecomte. FFAAA, FFAB, peu importe, si il y a un dojo et des pratiquants, je suis preneur. De plus l’enseignant n’est autre que Jean Louis Dupuy, 7 e dan. Je ne le connais pas, j’espère juste que mon passeport concurent ne me fermera pas la porte du cours de ce soir.

19H40, me voilà sur place. Devancé de quelques élèves, Le professeur arrive, un monsieur aux cheveux blanc, petit, trapu, l’air gaillard malgré son âge avancé. Je vais à sa rencontre pour le saluer et me présenter.  Très vite, le ton est donné :

-«  Tu es de passage ?! Soit le bienvenu, tu es quoi ? FFAB ?FFAAA ?

-« FFAAA… »

-« Parfait, aucun problème, tu peux aller t’habiller, tu pratiques où  ça? »

- «  A Rouen, mais je ne suis que petit 2e kyu »

- «  Eh beh quoi, c’est déjà pas si mal, et puis à ton niveau, une fédé ou une autre, tu t’en fous, tu auras le temps d’y réfléchir quand tu seras 2e dan ! »

Et nous voilà à rire de bon cœur tous les deux.

pliageJean Louis Dupuy assure l’échauffement, en douceur, axé sur la respiration, puis sur un tenkan il nous fait bosser sur une trentaine de chutes avant et autant en arrière, ça chauffe !

Apres avoir démontré un exercice de déplacement, il vient me voir : «  Toi, tu n’as pas regardé », me dit il goguenard, « Tu es dans un schéma qu’on t’a appris, c’est bien, mais ce n’est pas ce que j’ai montré » il me refait voir, en effet, je suis out. Il faut que je me libère l’esprit et que je sois plus attentif, pour profiter pleinement de ce que le sensei m’offre au lieu de répéter ce que je crois savoir.

Il forme deux groupes, un pour les nouveaux et débutants complets, l’autre pour les hakamas. Ce soir, il souhaite que les hakamas bougent un peu, et …que ça pulse. Sur sa deuxième démonstration, il m’appelle au centre comme uke. Je suis honoré mais un peu tendu, avec je dois le dire, la crainte de ne pas être à la hauteur face à ce 7e dan, mais finalement cela se passe bien. A chaque étape du cours, il passe me voir pour me prodiguer ses conseils. » C’est quoi ça ? De la danse ?  Tu es dans le gestuel, raccourcis tes mouvements, engage ton corps, oh purée c’est pas vrai, toi tu veux jouer avec ta vie là ! » Toujours avec un grand sourire, beaucoup d’humour et de bienveillance qui transforme son cours en vrai bonheur.

Apres le salut final, Il se lève et en quittant le tatami, regarde la pendule «  Bon sang, que le temps passe vite, très vite, vous verrez…tiens demain si ça trouve je me réveillerais mort ! » Et tout le monde éclate de rire ! Quelle sagesse, quelle lucidité et quel humour !

Dans les vestiaires je m’entretiens un peu avec lui.

-« C’est bien ce que tu fais, de papillonner de dojo en dojos »

-«  Vous me faites bien plaisir, parce que je me demande parfois, si ce n’est pas contreproductif … ?»dbutants4%202010

-«  Mais pas du tout, c’est ça le vrai aïkido ! Celui qui te diras le contraire  n’a rien compris à ce qu’il fait ! Continue de butiner, c’est très bien, et un jour, tu trouveras peut être ton propre aïkido, il n’y a pas UN Aïkido. Ceux qui pensent cela sont des mas-tu-vus. D’ailleurs un bon conseil : ne copie jamais ! »

-«  Je ne crois pas que cela existe dans d’autres budo ou sport , cette opportunité de pouvoir échanger, rencontrer amicalement autant de pratiquants, toujours bien reçu  avec chaleur et générosité »

-« Peut etre est-ce l’absence de compétition. Nous ici on est comme une grande famille, on fait régulièrement des pots, des anniversaires, etc parce que ça, c’est encore de l’aikido ! »

Merci à vous tous, merci Jean louis !

Et à trés bientôt !

Le site du dojo : http://www.aikido-lam.com/

 

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Première rencontre avec Leo Tamaki et ses élèves.

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De passage sur la capitale pour un soir, j’avais décidé en premiere approche de me reposer tranquillement à l’hôtel,  vu que j’avais enquillé une série de stage/soirées aïkido/ karaté kyokushinkai et que la fatigue commençait à se faire  vraiment ressentir. Mais voilà, c’est plus fort que moi, et l’opportunité de pouvoir enfin rencontrer Leo Tamaki ne pouvait se manquer. Depuis le temps que j’attendais cela, je me suis fait (un peu) souffrance.

Je ne connaissais Leo que par Internet, et la revue Dragon. J’avais souvent entendu dire que son style, son approche était très différente de ce que l’on rencontre de manière plus académique dans l’aïkido fédéral. J’avais aussi été très intrigué de ce que j’avais pu lire ou voir sur Hino sensei, Akuzawa sensei, Kuroda sensei ou Kono Sensei, avec un travail qui me semblait tout à la fois passionnant et mystérieux. Leo, élève de maitre Tamura, suivait ces « étranges » maitres japonais, et j’avais hâte de découvrir cet univers.kono_sensei_by_heleneRasse-11

hinosenseismiles221J’avais aussi entendu dire que le travail de Leo était parfois déconcertant, voir perturbant. Même que Leo serait surtout un personnage jouant sur son image et son charisme…Ah bon? Autant voir par soi même. J’avais eu l’occasion de rencontrer Farouk Benouali et Issei Tamaki lors d’un stage il y a  peu, et l’approche qu’ils m’avaient alors proposés m’avait complétement séduit. Au cours du déjeuner suivant le stage, je m’étais étonné à Issei que durant le cours on n’avait pour ainsi dire, pas fait de technique, ce qui l’avait fait rire.  Farouk me répondit  alors que pourtant, on n’avait fait quasiment que ça ! Alors je voulais vraiment aller un peu plus loin et rencontrer Leo des que l’occasion se présenterait. Chose faite hier soir au dojo du Boulevard des Batignolles dans le 17e.

Arrivé sur place pour 19h30, je me trouve devant l’entrée mythique du dojo de Maitre Noro.  J’ai une pensée pour lui à ce moment-là, moi qui suis passé plusieurs fois par la, en me promettant de  rencontrer l’illustre grand homme, et malheureusement, cela restera à jamais un rendez-vous manqué…

Korindo Dojo

Le dojo est simplement, réellement, magnifique. D’emblée, on voit qu’on n’est pas n’importe où. A l’entrée, dans son célèbre hakama blanc, Leo est assis sur une chaise près du dojo. Comme je suis de nature timide, et en plus impressionné par le personnage comme par  le lieu, je me présente discrètement  comme patrice, de passage sur Paris. Leo m’invite en souriant à rejoindre le vestiaire, avec une moue amusée me semblant dire « Mais, il n’y a pas de problème, bienvenu».

Une fois vêtu, je rejoins les épais tatamis blanc crème, en seiza face au sensei, qui nous invite à un peu de méditation pour se mettre dans le bain. Je suis comme un môme a Disneyland, je dois l’avouer, et je passe cette minute à regarder autour de moi, émerveillé. Le Dojo est sublime, immaculé, avec quelques plantes vertes.je me sens parfaitement bien et serein, déjà content d’être là, avec en plus quelques visages connu comme Alex ou Marie. Vraiment je suis ravi de pouvoir faire enfin leur connaissance. Quoi qu’il arrive maintenant, ma soirée est gagnante.

Leo invite mon voisin, Germain, à me guider lors des exercices. En effet, ce ne sont pas les »échauffements classiques ». Mais il se trouve que  j’ai eu l’occasion de m’y initier avec Issei dernièrement. Travail de respiration, souplesse,  les fameux ukemis en partant à plat ventre en sollicitant les muscles profonds. Puis en partant couché sur le dos, ramener les jambes en douceur, basculer sur une épaule et glisser sur le ventre…Pas si simple, mais cela vient.

Puis après ces exercices, suivent ceux de sensation, d’éveil  à l’attaque. D’abord en seiza, les yeux fermés, tori avance lentement vers uke sur une attaque sincère mais lente. Il faut arriver à sentir l’attaque au plus tôt et bougé dans le sens de l’action pour accompagner tori. Petit à petit on en vient à réagir avant même que tori vienne au contact. Leo m’explique que ce travail vient avec le temps , mais assez rapidement en fait. Il faut bouger, parfois on se trompe mais tori sera là pour nous corriger. Idem  ensuite debout, et jusqu’ a la chute éventuelle. J’ai cru à un moment sentir comme un picotement juste avant le contact, à moins que cela ne soit que ma sueur…

Ensuite Leo nous montre sur une attaque shomen, comment rentrer en surprenant tori, en lui donnant l’illusion que l’attaque est sur son bras d’action, et  que l’on recule en absorbant, alors qu’en fait, on est en train d’avancer sur lui. On travaillera la dessus par exemple sur naname kokyu nage, aiki otoshi, et koshi nage. Leo : «  Dans un combat de boxe, les gars sont quand même plutôt habitué à prendre des coups. Le coup qui sèche l’adversaire, ce n’est pas le coup qui serait un peu plus fort, ou mieux placé, mais c’est le coup que l’autre n’a pas vu venir ».

On travaille sans force aucune ici. Pour Leo, on doit être comme un enfant face à un pilier de rugby, où vouloir se servir de sa force, bloquer serait totalement vain. L’exemple qu’il me donne est criant sur Aiki Otoshi. Une fois placé pour prendre les genoux d’Uke, J’arrive sans trop de peine à balancer mon partenaire, william, de  de 20 kg de moins que moi, mais …avec mes biceps. Pour lui c’est une autre affaire, vu ma masse… Leo arrive alors et nous explique qu’il a, lui même, peu de chance d’arriver à me soulever du sol (j’en doute…). Je l’attaque sincèrement, et … je m’envole les pieds en avant. Ce qui est le plus troublant, c’est que je n’ai senti aucune force de la part de Leo, stupéfiant. Si on part avec l’idée que l’autre est lourd, on se place une contrainte dans la tête, et on va se durcir pour jouer en force, et donc ne pas bouger uke. Il faudrait « balancer uke » comme on jette un sceau d’eau, relâché, sans force. Mouais, il y a du boulot encore alors…

J’en profite pour travailler avec Alexandre  Grzeg dont je suis «  les exploits «  sur son blog.  Alex sous ses allures félines, presque frêle,  exhalant une certaine placidité bienveillante, quasi  nonchalante, est « très » impressionnant. On sent chez lui beaucoup de douceur, de gentillesse, mais aussi une forte capacité de détermination. Il est encore très jeune, et je ne peux qu’imaginer le niveau qu’il aura dans 10 ou 20 ans. J’ai hâte de le suivre lors d’un de ces stage qu’il anime depuis peu, parce qu’on réalise  vite chez lui le pédagogue d’excellence qu’il doit être.

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La truculente Marie Apostolof est là aussi. Petit bout de femme, blondinette frêle, pleine de gouaille ironique, mais mieux vaut ne  pas s’y fier. Pour l’avoir vu avec Leo, elle a vraiment du métier, et j’espère qu’à notre prochaine rencontre elle me fera des koshi comme promis ;-)).

Au bout du compte, Je ne suis pas surpris de ce que j’ai vu, juste conforté dans ce que j’espérais voir, ou entrevoir. Primo,  Leo n’est pas un gourou, loin s’en faut. Il est souriant, avec cette moue amusée, qui lui donne l’impression de s’excuser. On dirait, et qu’il pardonne  ma franchise, un enfant qui fait des blagues, et qui rit dans sa moustache. On sent qu’il prend un grand plaisir à être la, voir qu’il s’amuse. J’ai vu un homme ouvert, souriant, simple et qui donne envie d’aller découvrir  ce monde dont il nous ouvre les portes. Certes, ce n’est pas de l’aïkido académique, fédéral, en tout cas l’approche est différente, mais pour moi, aucun doute possible, on est bien dans l’aïkido, et même plus, dans l’aïkido qui me plait, celui qui parle à ma sensibilité. Un aikido réaliste qui plus est, très martial. Fin du cours, salut, leo se lève pour sortir. Tout le monde attend sagement en seiza qu’il sorte du tatami. Leo baisse la tete, géné et amusé, nous faisant signe de se lever, semblant dire « arretez vos conneries, c’est génant ! ».

En partant, je lui apprends que je serais à Valencia en Espagne  fin janvier. Leo, m’annonce alors qu’un de ses élèves Julien Coup, devrait diriger un stage  le week end précédent mon séjour ! Parfois la vie fait bien les choses. Ou serait-ce un signe de la direction à prendre ?

Alors, à bientôt les amis !

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Aïkido à Oran, mes premiers pas en Algérie.

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   Novembre 2012. Je me rends pour la première fois en Algérie. Comme à mon habitude, j’ai essayé de prendre contact avec des clubs aïkido local, via internet. J’ai donc repéré un club d’aikido, style Iwama, pourquoi pas, où un élève de Daniel Toutain officie. Mon contact sur Oran se charge aimablement de téléphoner au sensei, Said Sebbagh, 5e dan, pour lui demander si celui-ci accepterait que je puisse bénéficier de ses cours, pendant mon séjour. Mon ami ne connaissant rien à l’aïkido, et croyant bien faire, prétend à l’enseignant que je suis… un « champion » français d’aïkido !!!  Celui-ci me rappellera plus tard pour me dire que le sensei accepte ma venue au dojo, mais que celui-ci avait l’air surpris de mon étrange statut. Me voilà donc dans de beaux draps. Ceci dit, je me doute que le professeur a du comprendre que mon intercesseur était un complet candide sur la question, et que tout cela est un malentendu, ce que l’avenir me démontrera fort heureusement.135239_298243010286287_1560488941_o

Aller en Algérie n’est pas d’une très grande simplicité. Il  vous faut un visa et donc quelques démarches, à la différence du Maroc. Mais rien d’insurmontable. Arrivé à bon port, je me rends alors à l’université d’Es-Senia pour y installer une nouvelle machine pour l’équipe de chercheurs enseignants. Juste histoire de vous dire, que je n’y vais pas pour les vacances non plus, au cas où certains s’imaginent que je me balade uniquement pour m’amuser. Le tourisme en Algérie est quasi inexistant, peu ou pas d’infrastructures pour cela, même si les choses évoluent peu à peu. On sort de nombreuses années de guerres civiles, et le pays ne bénéficie pas d’une image très valorisante. Et c’est bien dommage comme je vais pouvoir m’en rendre compte rapidement. Oran est une très belle ville, avec des alentours à explorer vraiment magnifique, comme santa Cruz, et quelques belles plages. Mais surtout j’y ai découverts des oranais hyper chaleureux, accueillants, souriants et vraiment désireux de me faire découvrir leur pays. Des gens souvent modestes mais  fiers, dont on sent qu’il ne faut pas chercher l’entourloupe, mais qui, si on est sincère, savent se montrer facilement ouverts et avec le cœur entier sur la main.

Les gens du labo ou je travaille deviennent facilement plus que des clients, de bons amis qui me feront la joie de me faire visiter Oran, ses marchés, gouter quelques spécialités comme la Karantika, dont je raffole… Et le soir, du coup, mon nouvel ami Kamel se propose de m’amener au dojo de Said Sebbagh ! On a quelque mal à trouver le dojo, mais heureusement les commerçants locaux nous indiquent sa porte, discrète au coin d’une rue du Quartier Maraval.chapelle-santa-cruz-oran

Ce soir-là, le sensei n’est pas présent. C’est Mohamed qui assure l’intérim. Je rentre dans le dojo. Un sempai vient vers moi visiblement surpris de mon arrivée,  le regard sévère, alors qu’un cours se déroule en ce moment même. Je commence à vouloir lui expliquer la raison de ma venue, mais très vite, il me fait signe de m’assoir sans bruit et d’attendre que le professeur termine l’explication en cours. Je m’exécute poliment. Visiblement ici, on ne rigole pas avec l’étiquette. Pendant que les élèves entament le travail montré par l’enseignant, celui-ci, très jeune, à peine 19 ans, viens à ma rencontre avec un  grand sourire. Ouf, je me sens mieux. Mohamed m’explique que Said n’est pas là ce soir, vu qu’il se trouve … en France ! Mais il l’avait prévenu de mon arrivée probable ce soir. Celui-ci insiste pour que je patiente pendant que ce cours se termine, dix minutes, dans le bureau des enseignants. Honoré de cette attention, je m’installe tranquillement. Puis on m’invite à rejoindre les vestiaires et me changer. Avant que le cours ne commence, Mohamed me présente à ces élèves, qui tous ont vraiment l’air content de la présence d’un étranger dans le dojo, ce qui me met très à mon aise.Said-Sebbagh-2010-478x318

Pas d’échauffements, on attaque directement après le salut, par le classique Tai no Henka. Mohamed me confie à son uke pour la durée du cours. Dans la droite ligne de l’enseignement IWAMA, héritage de Saito sensei, je retrouve quelques formes d’études que j’avais eu l’occasion de découvrir, brièvement, lors d’un stage avec Daniel Toutain sur Paris. Notamment avec les expirations vocales bien particulières à ce style, après chaque saisie ou mouvements (hoop ,heiip,…), les gestes lents et puissants sur le travail des bases. Mohamed enchaine ainsi 3 cours d’une heure, ou les élèves se succèdent aux autres. Le cours est dense, rythmé, sans réel temps morts, et avec la chaleur de l’atmosphère locale, je suis rapidement en nage. J’ai un peu de mal à suivre du fait que ce ne sont pas les formes de travail que j’ai l’habitude de travailler en général, mais j’essaye de m’adapter au mieux, sans essayer de reproduire mon maigre bagage, mais en étant réceptif au maximum.

Je n’en reviens pas du niveau de Mohamed, si jeune, mais avec déjà plus de 10 ans d’aiki dans les pattes. Notez qu’ici, les pratiquants s’entrainent  vraiment énormément, sans demi-mesure, voir avec acharnement même très jeune. Et parfois, les profs ne sont pas toujours tendres avec les petits, qui d’ailleurs ne se plaignent pas ! Alors forcément …

Apres le cours, je rejoins les vestiaires pour me changer. Naïvement, je me déshabille sans trop d’égard, et immédiatement, on vient tirer le rideau pour me laisser dans l’intimité. Depuis, j’ai appris la très très grande pudeur des gens du Maghreb…Et qu’il serait indécent ici de prendre une douche dans le plus simple appareil devant d’autres personnes, donc on garde le caleçon svp. Du coup, je me demande comment ferait un magrébin,  s’il était soudain plongé dans les vestiaires français pour la première fois, ou tout le monde prend sa douche avec les autres complètements nus !!…Cultures différentes, alors je m’adapte.

3149726700_1_2_XCOupRMLDeux jours après, je reviens. Cette fois Saïd Sebagh est là, et il vient de suite m’accueillir. Mohamed lui a raconté mon passage. Said m’invite à son bureau pour discuter 5 minutes, avec beaucoup de gentillesse et de sollicitude. Il me propose de prendre part au premier cours de Taijutsu puis si je veux, suivre le cours de Bukiwaza qui suivra. Evidemment !

Saïd déroule son cours d’aiki avec un plan très clair, très logique dans sa construction. Said est 5e dan, et ça se voit. Surtout pour les ukes qui  ont intérêt à suivre, parce que Saïd, après avoir montré un mouvement au ralenti, le montre ensuite à vitesse réelle (me semble-t-il !), et la çà fait presque peur ! Précis, net, propre, efficace, un beau spectacle, mais réaliste !

Suivra le cours de Jo. Saïd  me demande si je connais mes 20 suburis. Pas vraiment…Il m’invite à venir près de lui pour mieux le suivre. Les suburis s’enchainent alors, et le sensei vient régulièrement à moi pour corriger tel ou tel aspect, toujours avec bienveillance. Génial, Car si on est plus de 20 sur le tatami, j’ai l’impression d’avoir un cours particulier. Kata 13 et Jo dori ensuite pour finir. L’école de Maitre Saito est évidement bien connu pour son travail des armes dont les katas développés par le Disciple du fondateur font références. Pour le reste, je dois l’avouer, même si ce travail est passionnant et riche, ce n’est pas ma sensibilité, avec un style un peu dur pour moi. Mais je suis encore trop novice pour réellement me faire un avis définitif, aussi, je reçois tout cela avec reconnaissance. Je compte d’ailleurs encore me rendre à un stage de Daniel Toutain cette saison, un sensei pour qui j’ai beaucoup de respect, ça va de soi, avec qui j’ai pu échanger quelques mots l’année dernière et qui m’étais apparus vraiment accessible, et aussi sympathique qu’impressionnant.679823_298565090254079_358403665_o

A la fin, après le salut au Sensei,  tout le monde se congratule pour cet excellent travail. Tous viennent  rapidement me voir, m’embrassent  fraternellement pour me remercier d’avoir partagé ce moment avec eux et m’assaillent de questions diverses. Saïd vient me chercher et nous entamons alors une discussion passionnante, ou il me raconte sa passion. L’aïkido c’est sa vie, ni plus ni moins. Les suburis, il en fait tous les jours, et va régulièrement en France pour des stages, comme uchi dechi chez Daniel Toutain. Ce qui explique qu’il n’était pas là, deux jours auparavant.

Saïd a commencé la pratique des Arts Martiaux en 1978 à l’âge de 12 ans en s’initiant au Judo durant un séjour en France .En 1994, il a découvert l’aïkido lors d’un stage avec maitre Tamura , ce qui est une révélation pour lui. Et en 1997, il part au New York AikiKai en tant qu’Uchi Deshi de Maître Yamada 8e Dan. C’est là qu’il aura l’occasion de rencontrer d’éminents professeurs  comme Sugano senseï 8e Dan et Donovan Wait 6e Dan. En 1998, il étudiera l’Aïkido en France sous la direction de Christian Tissier. Mais c’est en 1999, qu’il fait une rencontre décisive avec Daniel Toutain Sensei 6e Dan, élève direct de Morihiro Saito senseï 9e Dan.

Aikido Iwama Ryu - Auray Summer Camp - 08/2009 Grace à Daniel Toutain à l’occasion du 5e Stage International Iwama Ryu, Saïd  Sebbagh pourra même rencontrer pour la première fois Morihiro Saito senseï lui-même ! Il continuera alors de suivre Daniel Toutain et Hito Hiro Saito senseï 6e Dan, fils et successeur de feu Saito Sensei.
Sebbagh Saïd est le représentant officiel en Algérie de l’école d’Iwama dont il est le fondateur sur le territoire national.

 C’est un réel plaisir d’échanger un moment avec Saïd, tellement désireux de discuter avec moi, simple débutant, ce qui conclut merveilleusement ma soirée. Saïd  me laisse alors et reviens une minute plus tard. Il a demandé à un de ses élèves de me ramener à mon hôtel. J’ai découvert des pratiquants très déterminés, avec un profond respect pour leur sensei, se donnant à 100%, et en même temps hyper chaleureux, agréables et d’une grande gentillesse. Merci encore à Said sensei, Mohamed et tous les élèves de la Wilaya d’Oran !

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Evolutionary Aikido à Uster, en Suisse, avec Peter et Julia.

Evolutionary Aikido à Uster, en Suisse, avec Peter et Julia. dans INTERVIEWS 536857_293133487463906_1321979625_n1

J’étais déjà venu il y a un an à Uster, près de Zurich, et j’avais alors fait la connaissance du Dojo de Peter et Julia durant une semaine complète, avec même des cours à 06H30 du matin. Cette année mon séjour est plus court, mais je ne pouvais pas faire autrement que revenir voir mes amis suisses, qui m’avaient laissé un souvenir absolument délicieux. Le hasard fait que l’Hôtel réservé par ma compagnie se trouve à 15 minutes à pieds du dojo. Alors l’occasion est trop belle, mais si ce n’est qu’un soir.

En arrivant au dojo, je vois à travers les baies vitrées Judith  qui termine le cours enfant. En cercle comme à leur habitudes, le cours se termine par un petit débriefing ou chacun exprime ses ressentis. Je me déchausse et je monte à l’étage me changer. Le dojo est absolument magnifique. Une atmosphère sereine, cosy, une lumière légèrement tamisée, de belles couleurs, font que l’on se sent vraiment très bien ici. Tellement bien que me revient alors,  l’invitation de Peter à passer une semaine ou deux en uchi dechi au dojo un de ses quatre,  option que je garde toujours dans un coin de ma tête.

img_20191-300x216 dans mes dojosCe soir, ce n’est pas si courant pour moi, les femmes sont majoritaires. En seiza, Peter face à nous, dispose devant lui une petite coupelle métallique pour nous inviter à deux minutes de méditations. Il fait doucement tinter la coupelle trois fois. Un peu de relaxation ne fait pas de mal. En fond musicale, une sorte de bourdon new wave me berce gentiment. Puis Peter nous invite au salut selon le rituel Shinto classique des écoles Iwama. Les échauffements se font lentement, dans une démarche proche de ce que j’ai vu chez Farouk Benouali ou Issei Tamaki. Peter reste toujours tres gracieux et precis dans ses mouvements, pas toujours simple à suivre. Enfin, quelques séries de chutes pour finir, mais sans bruits svp.

 Le cours de Peter sera sur Morote Dori, quelques techniques (ikkyo, irimi nage, shiho nage, kokyu nage), mais le propos est évidement ailleurs, même si Peter corrige les petits détails techniques. Le travail est fortement accès sur la connexion et la non opposition.  Un des exercices qui m’a beaucoup plus, consiste pour Uke, à  maintenir une présence constante, à donner. Tori lui, ferme les yeux, et  se déplace doucement en recevant ce que donne Uke, et sans jamais s’opposer, doit arriver à amener uke a la chute, sans techniques particulière. Le même exercice se fera aussi avec deux ukes, un par bras, et là ce n’est pas simple…. Ce dont je me rends compte très vite, c’est que j’ai beaucoup de mal en ouvrant les yeux, entièrement occuper à observer. Par contre, une fois les yeux clos, je me libère. Et comme je suis bien obligé de ressentir pour travailler,  mon travail n’est plus du tout le même !

10040510aikidoun-197x300 A la fin du cours, Peter enchaine  par un cours de Mentastic/ Yoga.   Pendant ce temps, Julia a la gentillesse alors de m’accorder une petite interview que je vous livre après traduction ;)

Peter, en partant, comme à mon arrivée m’embrasse amicalement, et on se promet de se revoir bientôt. Que des gens merveilleux, chaleureux, adorables. Il ne faut pas s’enfermer dans ces certitudes et se detouner de cette pratique au prétexte que la musique n’a rien a faire ici, ou que le travail n’est pas académique. Leur aikido est trés martial et éfficace, mais leur recherche est plus acces sur l’ouverture que sur une efficacité relative trop agressive.  En tout cas, pour moi, ce travail me semble aller dans le sens de ma recherche…Auf Wiedersehen Peter und julia !

Julia Geissberger est 3e dan. Elle a débuté l’aïkido en 1993, et comme Peter, suit l’enseignement de Patrick Cassidy, 6 dan, Avec Peter Fankhauser, elle a fondé le dojo Aikido Unlimited en 2009, ou ils enseignent  non seulement l’aïkido, mais aussi la méditation, la danse orientale, le yoga et quelques autres pratiques mentales et corporelles.

 Peter Fankhauser est 3e dan et a commencé l’aïkido en 1992, et a suivi l’enseignement de Robert Nadeau, Christian Tissier, Patrick Cassidy, Lewis Bernaldo de Quiros, Miles Kessler, Jan Nevelius und Jean-Michel Merit (✝ 2008).

 http://www.aikidounlimited.ch/

 

 514182951_069071b35e_o-300x224“ »Evolutionary Aikido » is the practice, exploration, and inquiry of and into the developmental processes available through the art of Aikido. It concerns not only the improvement of technical skill, but also a multi-dimensional transformation of ourselves. We look into what is our next step of being, and how do we make space for this new level of understanding, ability, and awareness to manifest. O-Sensei’s proclaimed realization, « I and the Universe are one, » is the basis for our practice. We face this and explore how to express this perspective of integrated unity in our Aikido.

Patrick Cassidy, 6th dan Aikido

L’interview de Julia Geissberger

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PAGT : Julia, Quand avez-vous ouvert ce dojo?

Julia : Le premier mai 2009! En fait, bien avant, Peter enseignait déjà ici à Uster au judo club. Il y avait un, deux puis trois cours par semaine. Mais les débuts étaient difficiles, l’ambiance était très différente de celle d’aujourd’hui, les gens recherchant plus un sport qu’un art martial comme nous le pratiquons à notre dojo actuel. J’ai rencontré Peter à ce moment-là, et au cours d’une conversation, nous nous sommes dit que nous devrions faire quelque chose d’autre, ailleurs, alentour. J’ai aussitôt dit « ok, allons-y «  et  nous nous sommes installé ici.

PAGT : Toi et Peter suivaient Patrick Cassidy, qui enseigne à Montreux. Comment l’avez-vous connu ?

Julia : C’est toujours notre sensei. A l’époque, je pratiquais dans un autre dojo près d’Uster avec Rosemary Herzig.  Rosemary l’avait invité pour un stage. Patrick Cassidy arrivait de Californie ; Il venait des USA et venait juste de se marier avec une suissesse. Ma rencontre avec lui fut prédominante et très vite j’ai decidé de le suivre comme uchi dechi à Montreux. Peter le connaissait déjà je crois.

PAGT : Tu es resté longtemps uchi dechi ?

Julia : 18 mois. J’étais shodan à ce moment-là. Et je suis parti nidan. J’ai passé mon sandan l’année dernière.

PAGT: congratulations!

Julia: thank you (rires)

PAGT: Il vient parfois sur Uster?

Julia : Oui, nous l’invitons au moins une fois en septembre pour un stage d’automne, plus quelques autres. L’année dernière il est venu avec deux amis : Miles Kessler qui enseigne à Tel Aviv,  et un vieil  ami à lui de Californie. Via Patrick, nous sommes connectés au CAA de Californie (californian aikido association).

PAGT : Ouf, j’ai eu peur j’avais compris CIA ! (rires)julia

Julia : Haha, non, la CAA qui regroupe de grands senseis américains comme Franck Doran Shihan, Pat hendricks shihan, Bob Nadeau Shihan, tous 7e dans.…Via la CAA, patrick Cassidy est notre connexion au Japon, où il est resté de nombreuses années comme Uchi Dechi Chez Saito Sensei.

PAGT. Donc, votre façon de pratiquer ici à Uster, est complètement inspirée du travail de Patrick Cassidy ?

Julia : Oui, la base de notre travail est l’aïkido Iwama, en particulier  pour le bukiwaza. Mais le travail de Patrick a évolué vers quelque chose de plus personnel, moins dur, tout en gardant les formes de bases, les techniques. Notre aïkido est plus orienté vers les sensations, la non opposition, le travail de connexion. Nous essayons de travailler avec des saisies sincères mais sans douleurs, sans raideurs aucunes.

PAGT. Ce qu’a dit Peter pendant le cours ma beaucoup marqué «  Uke et tori sont deux systèmes indépendants. A la prise de contact, il ne deviennent plus qu’un seul système »  je retrouve dans votre aïkido, des recherches similaires à certaines écoles comme celle de Leo et Issei Tamaki, Tanguy le Vourch, elis Amdur  Farouk benouali. Avec un travail sur les ukemis très lents, un travail sur les perceptions ou les sensations, par exemple en travaillant les yeux fermés.

Julia : Les yeux servent en fait dans notre vie de tous les jours, tout le temps, on se concentre avec eux. Mais les autres sens ? Il faut les éveiller aussi. Quand on ferme les yeux, le corps, en partie du moins, s’éveille soudain pour prendre le relais. Par exemple, il y a un exercice que nous faisons parfois. Tori ferme les yeux, en seiza ou debout. Uke approche doucement avec un atemi, et tori doit essayer de sentir ce qui arrive et réagir en non opposition. A un certain niveau, on ressent l’attaque avant le contact. Certains y voient de la mauvaise chorégraphie, mais c’est un exercice d’éveil et de connexion fabuleux.

PAGT : C’est incroyable, parce que j’ai expérimenté ce type de travail il y a peu avec Issei Tamaki. Il y a sur You tube une très belle vidéo de Tanguy Le vourch en ce sens, je t’enverrai le lien !  (https://www.youtube.com/watch?v=vmk8EAumvI4 )

Julia : Oui, et on est plus tout à fait dans la self défense, même si à un certain niveau cela le deviens. Mais pour moi, c’est juste un moyen de mieux ressentir les gens, ressentir mon univers. Devenir de meilleures personnes avec plus d’empathie avec les autres, s’ouvrir.  De plus c’est, au vu de ce que tu me dis, intéressant de voir que parfois dans le monde, sans réelles explications, soudain certaines choses se partagent d’elles même. ca me rappelle cette histoire des  singes qui sans se connaitre, ont l ‘idée quasi simultanée de laver leur pommes de terres.( *histoire du 100e singe que je raconte plus bas). Je pense, naïvement ou pas, que l’aïkido est dans cette voie, en connectant les gens entre eux, d’autres connexions se mettent en place. C’est là qu’on voit que l’aïkido est bien plus que de la self défense.

PAGT : Un autre aspect bien particulier de votre école. Et cela, je ne l’ai encore jamais vu ailleurs. Vous utilisez la musique à certains moments du cours, notamment sur les jiyu waza…

Julia : Patrick Cassidy a passé près de 8ans au Japon. Ensuite il est retourné en Californie. Tu sais, en Californie, ils ont toujours beaucoup d’idées neuves  et iconoclastes! (rires).je crois que  Patrick a étudié avec Richard Moon, un deshi de Bob Nadeau, de la CAA. Et je crois que l’idée de la musique vient de lui. Et pour ma part, je suis danseuse, et la musique est vitale pour moi. Mais nous utilisons la musique, pas seulement parce que nous aimons cela, mais aussi parque la musique donne un rythme. L’aïkido a son rythme, et cela aide, certaines personnes, a écouter leur corps, à ouvrir leur cœur. Mais cela n’est pas si exceptionnel. Regarde la Capoeira, ou les luttes africaines, à Hawaï, les arts martiaux et la musique peuvent être connectés. En Europe, on est plus fermés à la musique.la musique donne de l’énergie.

PAgt : Personnellement, je trouve que cela m’aide à me relâcher et à bouger

Julia :  Oui, mais tout le monde n’aime pas…certains trouvent même que cela perturbe leur travail. Heureusement, nous avons surtout de bons retours, les gens aiment cela !

PAGT : Thanks a lot Julia

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Pour finir, la fameuse histoire des singes et des pommes de terres …à mediter

Le centième singe ou comment va se jouer l’avenir de l’Humanité

Ken Keyes Jr est l’auteur de « The Hundredth Monkey », « Le centième singe »,l’histoire vraie d’une fable extraordinaire qui aujourd’hui résonne avec notre destin en tant qu’Humanité.

Une espèce de singe japonais, le macaque japonais a été observé à l’état sauvage sur une période de 30 ans. En 1952, sur l’ile de Koshima, des scientifiques nourrissaient les singes avec des patates douces crues en les jetant sur le sable. Les singes aimaient le goût des patates douces, mais trouvaient leur saleté déplaisante. Une femelle âgée de 18 mois, appelée Imo, pensait qu’elle pouvait solutionner le problème en lavant les patates dans un ruisseau tout près. Elle enseigna ce truc à sa mère. Leurs compagnes de jeu apprirent aussi cette nouvelle façon de faire et l’enseignèrent aussi à leurs mères. Cette innovation culturelle fut graduellement adoptée par différents singes devant les yeux des scientifiques. Entre 1952 et 1958, tous les jeunes singes apprirent à laver les patates douces remplies de sable pour les rendre plus agréables au goût. Seuls les singes adultes qui imitèrent leurs enfants apprirent cette amélioration sociale. Les autres singes adultes conservèrent leur habitude de manger des patates douces sales.

À l’automne de 1958, un certain nombre de singes de Koshima lavaient leurs patates douces – leur nombre exact demeure inconnu. Supposons que lorsque le soleil se leva un matin, il y avait 99 singes sur l’île de Koshima qui avaient appris à laver leurs patates douces. Supposons encore qu’un peu plus tard ce-matin-là, un centième singe appris à laver les patates. Alors quelque chose d’étonnant se produisit !

Ce soir-là presque tous les singes de la tribu se mirent à laver leurs patates douces avant de les manger. Un peu comme si l’énergie additionnelle de ce centième singe créa une sorte « de percée scientifique » Mais ce n’est pas tout : la chose la plus surprenante observée par ces scientifiques fut le fait que l’habitude de laver les patates douces se transmit de façon inexpliquée et simultanée à des colonies de singes habitant d’autres îles ainsi qu’à la troupe de singes de Takasakiyama sur le continent qui commencèrent aussi à laver leurs patates douces. C’est ainsi que le macaque japonais fut surnommé le « laveur de patates ».

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