Archives pour la catégorie mes dojos

Pour Clément, Arnaud Lejeune et sa famille

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Arnaud est un ami, et un jeune enseignant d’aikido qui se bat, plus que courageusement, avec sa famille, pour son jeune fils Clément, atteint d’une tumeur cancéreuse. Un pot commun a été créé sur la toile pour les aider ici : https://www.lepotcommun.fr/pot/qbukfrwg Merci pour eux, merci pour Clément.

Arnaud is a friend, and a young teacher of aikido who fights, more than bravely, with his family, for his young son Clément, affected by a cancerous tumor. A common jar was created on the Web to help them. Share at the most. Thank you for helping them also with a really concrete gesture by acting here: https://www.lepotcommun.fr/pot/qbukfrwg Thank you for them, thank you for Clément.

http://www.leotamaki.com/2015/09/avec-clement-lejeune-contre-son-cancer.html

Chez Patrice Herpin à Arnouville 95.De l’art de faire de belles rencontres.

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Ce lundi, j’ai choisi de faire escale près de Gonesse, dans le nord de Paris, au  dojo d’Arnouville. C’est une toute récente  «amie facebook », Séverine Henry, qui m’a touché quelques mots à propos de son dojo et de son enseignant, Patrice Herpin, élève du fameux Jean Marc Chamot. Du coup, ne les connaissant pas dans la vie réelle, j’ai eu naturellement envie d’aller à leur rencontre. Je suis sur Paris ce soir, le choix  des clubs est très vaste, mais il se trouve que  quelques posts de Séverine m’ont gentiment  interpellé. Alors, après qu’elle m’ait confirmé les horaires en mp (messagerie privée), mon cours de ce soir est tout choisi.

On peut dire ce que l’on veut de Facebook, de ses travers, de son aspect addictif, ou de la si consternante vacuité des propos qui s’y tiennent en général, mais, utilisé avec un minimum d’intelligence, cela devient un outil formidable d’enrichissement. Sans Facebook, je n’aurais assurément pas pu développer mon activité de globe-trotteur des tatamis. Du moins, cela serait bien plus difficile. Mon ami Shailen, enseignant aikido à l’ile Maurice m’a  d’ailleurs raconté comment il a enfin pu sortir son dojo de l’ombre grâce aux réseaux sociaux. Et surtout je n’aurais pas pu faire la plupart des rencontres martiales extraordinaires, souvent improbables que cette vie m’a offerte. Mieux, je peux aujourd’hui me vanter d’avoir fait de certains amis virtuels,  de véritables amis qui me sont chers et que j’aime à revoir dès que possible.

Les sites web des clubs ne sont pas toujours tenus à jour, et les sites fédéraux pourtant très utiles pour trouver des adresses, donnent trop souvent des horaires  obsolètes, ou incomplets. Même si on y trouve quelques adresses mail, les personnes concernées ne sont pas forcément sur leur messagerie régulièrement. Et quand je suis à l’étranger c’est encore plus difficile. Trouver un dojo en Algérie ou en côte d’ivoire est une mission impossible sans Facebook quand on n’a pas de contacts sur place. Or, mon fonctionnement, du fait de ma profession, implique que le choix du dojo de ma soirée se détermine très souvent, aléatoirement un à deux jours avant, au mieux la veille, sinon quelques heures avant. Ce qui m’a valu parfois quelques déconvenues en me retrouvant à la porte d’un dojo fermé,  pour une raison ou pour une autre, sans que rien ne soit annoncé sur la page du club. C’est comme cela que Facebook est devenu aujourd’hui mon principal outil pour la  gestion de mon planning aikido, de par sa réactivité et par  le réseau qu’il permet de développer.

nefvueparkingLe dojo   d’Arnouville est situé dans un très beau cadre verdoyant, attenant un restaurant très avenant entouré de palmiers. On est loin de l’image caricaturale et terne du nord de Paris. La « Nef » est vraiment un superbe complexe sportif, proche d’une petite rivière et bordé d’un parc magnifique. En plus il y est facile de se garer, ce qui, en région parisienne, n’est pas un moindre atout.

Ceci dit, je suis en retard, et le cours vient de commencer. Séverine a de toute évidence prévenu de mon passage, car Patrice Herpin m’accueille immédiatement  les bras grands ouverts. Je file me changer et je prends le cours en route,  sur les 20  suburi de Saito sensei en guise d’échauffement, pour ensuite passer sur Jo Nage. L’approche pédagogique de patrice est  à la fois classique et originale pour moi. Il aime ainsi, après que l’on ait travaillé sur une de ses propositions, demander à  deux d’entre nous de passer au milieu pour refaire ce mouvement devant les autres, que l’on réfléchisse ensemble à ce qui ne vas pas, avec interactivité,  puis apporte son explication  pour que l’on retourne travailler plus avant.  Je découvre un enseignant chaleureux, pointu, avec un sens aïgu mais pas du tout borné de l’étiquette, et aussi  humble que sympathique. Tout comme la dizaine d’élève qui est là ce soir et avec qui je passe un moment des plus agréables dans une ambiance de franche camaraderie, pleine de sourire, mais avec de la sueur aussi!patrice herpin avec jean-marc chamot  arnouville

Patrice a travaillé avec de nombreux sensei, de Maitre Tamura bien sûr, René VDB, dont il garde un souvenir trés fort, à Christian Tissier. Son parcours très ouverts d’esprit l’a amené à étudié avec de nombreux enseignants d’horizons différents.  Mais son mentor reste Jean marc Chamot, 6e dan à Asnières, dont il fut l’élève pendant 10 ans et il reste toujours très attaché à ce grand personnage de l’aikido français, tout comme à son sempai, Guy Touzelet. Patrice, yondan, enseigne à Arnouville depuis 1992.

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Après le cours, Amara, fête son 2e kyu et son hakama. On dresse une table au soleil sur la pelouse près du dojo pour partager un verre et une part de gâteau qu’Amara  a fait lui-même. Des fraisiers, j’en ai gouté des kilos. Mais là, ce gâteau était juste un délice à tomber par terre. C’est le hasard, la chance, ou pas, mais je tombe souvent bien. Du coup j’ai proposé malicieusement à patrice de lui faire vite passer son shodan, pour ne  pas qu’il perde un pâtissier aussi excellent !!! Un moment improvisé, inattendu, magique, avec de nouveaux amis, grâce à Séverine que je remercie encore. Et le bonheur d’avoir rencontré un enseignant formidable avec qui je me suis trouvé vraiment beaucoup d’atomes crochus. Ce qui nous a bien fait rire. Par exemple, nous avons le même prénom, patrice, mais nos épouses partagent aussi le même, Armelle !  Nous étions donc faits pour nous rencontrer ! Troublant ?

Merci et à bientôt les amis.

http://www.aikidoarnouville.fr/

Aiki Kohai existe, je l’ai rencontré chez Philippe Monfouga à Paris !

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29 avril 2015-Paris Nord-Le Thillay.

A 10H00 ce matin, je ne savais pas encore dans quel dojo j’allais pouvoir m’aventurer ce soir. Tout juste rentré de Limoges, et de passage dans le  nord de paris, il faut dire que ce n’est pourtant pas le nombre de dojo qui manque. Et si d’habitude, quand je passe dans les environs je n’ai que l’embarras du choix, en ces périodes de congés scolaire, c’est un peu plus compliqué. Je pensais de prime abord aller à Eragny/oise chez Pascal Durchon, mais Alice Feneyrols me confirme que le dojo est fermé pour les congés scolaires. Pas si grave, j’y passerai la semaine prochaine. Cela me fait ainsi une autre aventure potentielle dans ma poche de globe-trotter. IMG_6546

Finalement, sur le net, mon copain JF Degout du club de Puteaux  me refile un tuyau comme quoi le Korindo serait ouvert ce soir. Une occasion en or de rencontrer enfin ce monsieur Fissier qui passe son temps à ne pas être, là où moi je suis. A un moment, je me suis même demandé s’il existait vraiment, ou, s’il n’était pas qu’une vulgaire  légende urbaine. Pierre est très actif sur son Blog Aiki-Kohai, que je suis assidument. Une belle plume, un coté dingo qui me va bien, un point de vue de débutant humble et ouvert d’esprit,  et de toute évidence, un pratiquant pour le  moins tout aussi passionné  et addict que ma personne.

Du coup je change mes plans, et je me trouve un hôtel Place Clichy. Je fonctionne ainsi,  selon les endroits où je me trouve, je cherche d’abord un dojo, puis je cherche l’hôtel le plus approprié, ce qui est souvent …sportif. Je remonte la rue Caulaincourt et je bifurque direction les Batignolles, quartier très sympa au demeurant, fourmillant  de restaurants sympathiques, de petites brasseries typiques et nimbé d’une ambiance très colorée et dynamique. Au 96, à l’endroit où officiait le très célèbre et regretté  Maitre Noro, je passe enfin le porche d’un des dojos les plus chargé de symbole de la capitale. Le cours est de 18h00 à 19H30, juste avant celui du célèbre Leo Tamaki. J’aurais bien suivit le cours de Leo, mais  pour une fois que j’ai le Kohai sous la main, comment ne pas céder à la tentation d’une petite mousse qu’il m’a promis après le cours de son senseï, Monsieur Philippe Monfouga…

Passé la magnifique entrée du dojo, je vois que Philippe et la souriante Etsuko sont déjà là. J’ai déjà eu l’occasion de les rencontrer chez Bernard Palmier Shihan et à l’occasion de divers stages, mais c’est la première fois que je vais voir Philippe en position d’enseignant. Pierre m’en a déjà parlé en termes très élogieux, je ne suis pas inquiet. Me voici donc dans les vestiaires du célèbre établissement, quand Le Kohaï me rejoins. C’est vraiment merveilleux de pouvoir se rencontrer enfin, entre bloggers et débutant passionné. Mais nous discuterons plus tard, devant un traditionnel reconstituant au houblon. Pour le moment, c’est l’heure tatami.

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Une dizaine de pratiquants sont là, ce qui n’est pas si mal pour cette période.  La vue des tatamis verts me soulage  grandement. En effet, j’étais venu deux ans auparavant, et il rubon1y avait encore les magnifiques tatamis blancs. Comme mon hakama indigo déteint encore un peu malgré tout, je n’aurais pas voulu souiller ces lieux pleins de magie. Après un échauffement classique, Philippe ouvre sur shomen uchi ikkyo omote en tachi waza. Je découvre alors un enseignant très doux, très souriant, vraiment agréable. Barbe noire, le cheveu très long, grand avec deux immenses bras qui se tendent vers vous comme les branches d’un arbre vivant, il se  dégage de sa personne une invitation à la découverte dans laquelle on se sent immédiatement rassuré, en confiance totale. Son cours, ce jour-là  axé sur l’utilisation du coude de Uke (sur ikkyo, kokyu nage,  kote gaeshi ou ude gaeshi) est d’une limpidité lumineuse, comme j’en ai rarement vu. Pierre m’apprend qu’il n’est « que » 3e dan, j’aurais parié sur plus. Philippe est à la fois le produit de Bernard Palmier Shihan et de Philippe Gouttard( 6e dan). J’en profite pour lui poser une ou deux questions durant ce cours, et aussitôt, il rebondit sur cela pour éclairer son cours dès la proposition suivante.  Il insistera aussi beaucoup le rôle d’uke, qui reste présent et attaquant, mais qui doit aussi faire  des chutes souples, sans bruits excessifs, même sur chutes enlevées, ce qui n’est pas toujours simple…

J’aurais aussi  le plaisir de pratiquer un peu avec Pierrot, et …force est de constater qu’il se débrouille  vraiment très bien le kohai ! Son Hakama ne doit pas être très loin à mon avis. Le cours se termine, Léo et ses élèves sont là pour le cours suivant. Je serais bien resté pour en profiter un peu, mais, pardonne moi Leo pour cet affront,  Aiki kohai m’a déjà accaparé ;-) .

Alors,direction le QG local, un petit bistrot à deux pas d’ici, pour de réhydrater en bonne compagnie, c’est à dire avec tout le monde en fait. Ce qui me permet d’échanger avec pierre pour mieux se connaitre. Une personnalité attachante, humble et qui donne envie d’en savoir plus. Mais pour cela, je ne serais mieux faire que de vous inviter à visiter son blog!kokyuho_fevrier-juin2015-1f430

Kampaï !

PS : Un gros bisou à Etsuko ;)

Le blog de Pierre Fissier : http://aiki-kohai.over-blog.com/

Le site de Philippe Monfouga : http://www.kokyuho.org/

 

 

 

 

Chez mon ami Michel Vanhomwegen en Belgique

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COXYDE – Belgique

C’est toujours un  plaisir immense doublé d’un réel honneur de pouvoir partager du temps avec mes amis, Michel Vanhomwegen et sa femme Rossella. Je ne peux pas passer la frontière sans passer par le dojo de michel,  sans m’arrêter  déjeuner, ou simplement boire un café dans leur maison à Koksijde, près de Dunkerque.  Des gens simples, généreux, sincères, plein de culture et d’esprit, chez qui il fait bon aller, et de chez qui  je ressors à chaque fois plus riche, et le coeur ravi.
Michel est un vrai puit de science en ce qui concerne les budos, et il me régale à chaque fois de ses connaissances historiques parsemées d’anecdotes incroyables sur ces débuts et sur ses rencontres avec ses maitres. Chez lui, on trouve  la plus incroyable des bibliothèque non seulement sur l’aikido, mais aussi sur les budos en général, dont des reliques quasi centenaire sur le judo ou le ju-jitsu d’avant Guerre . Une collection inestimable!  Et il est du coup difficile d’éteindre la lumière et dormir, tellement on aimerait feuilleter encore et encore ces ouvrages si rares. 11127869_731657573611493_6696384703075561524_n

small-Stage-M-V1004Inestimable, tout  comme l’amitié et la considération qu’il porte à ma si modeste personne. Même si sa ligne d’aikido, le Murashige ryu n’est pas la mienne, même si je ne comprends pas  toujours grand chose à ses histoires sur le ki et à la philosophie orientale, j’aime à suivre son enseignement d’une grande richesse, emplit d’une humanité sincère. Au delà du sensei,  de l’enseignant, du sage même, c’est avant tout l’homme le plus généreux, le plus solaire que je connaisse. D’ailleurs les stages qu’il anime sont un véritable vivier de rencontres d’écoles aussi diverses que riches. C’est ainsi que j’ai pu  rejoindre un cercle d’amis qui me sont aujourd’hui très chers et que je suis si fier de côtoyer. L’ambiance qui règne autour de son enseignement est toujours conviviale et dynamique, et même si les formes se son école ne sont pas les vôtres, vous y trouverez forcement des idées d’exploration et  des pistes de travail peu banales.
Michel à 50 ans de pratique en aikido, kobudo, judo, kendo karate et autres budo. Il a suivi l’enseignement de Maitre Noquet, Kobayashi, mais surtout celui d’André Jean, élève d’Aritomo Murashige et de Georges Oshawa ( fondateur de la macrobiotique).

Vous pouvez le rencontrer principalement  de Calais à Dunkerque à Armentières et à Tourcoing à l’occasion de stages ou de Drill.
Depuis 2014 un DOJO MURASHIGERYU s’est ouvert à Arnèke (Cassel France Nord). Les autres Dojo sont en Belgique à Bruxelles et Koksijde en Belgique à 20 Km de Dunkerque.

Michel fait parti de ces enseignant hors circuit officiel, disons le franchement un peu snobés par les autres groupes plus classiques. C’est triste, car j’ai peur que le Murashige ryu ne finisse par disparaitre. Michel n’est pas un gourou,loin s’en faut. Il ne gagne pas un sou avec l’aikido, il ne cherche aucune notoriété.  Pourtant, ses connaissances sont immenses et il a tant à enseigner, avec juste son coeur, dans le seul esprit du partage. Alors allez à sa rencontre, sans apriori, l’esprit ouvert et vous serez surpris! J’ajoute que vous passerez un moment délicieux plein d’humour dans un grand esprit de fraternité.

10653843_10152700566948924_7093471316576001417_nJanvier 2015, avec l’appui de mon club de saint pierre de Varengeville, nous l’avons invité pour un grand stage en normandie. Ce fut un succès où des gens de pas moins de  9 écoles différentes sont venus à sa rencontre. Tous ont été conquis par la générosité de michel et par l’ambiance plus que conviviale de ce stage.  Chaqu’un tout en conservant ses formes de travail propre à son école, a pu s’ouvrir à une autre approche de l’aikido.  Ce fut un moment magique dont je suis fier d’avoir pu contribuer. Espérons que nous le reconduirons en 2016!

http://www.facebook.com/aikido.murashigeryu

Avec Franck Vuksic, de la Yougoslavie à Frank Dux.

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C’est au hasard de mes stages, que j’ai rencontré Franck Vuksic. Au fil du temps, Franck et moi sommes devenus très simplement de bons amis, et nous prenons toujours beaucoup de plaisir à nous retrouver sur Rouen, ou en son dojo de St Manvieu Norrey, à l’ouest de Caen, en Basse Normandie.

Si je vous dis que Franck est  un grand admirateur de Mare Seye, de Bruno Gonzales, ou encore d’Hélène Doué,  là, vous aurez   compris que son grand inspirateur ne peut être que l’immense Christian Tissier Shihan.  C’est grâce à  Franck d’ailleurs que j’ai pu rencontrer pour la première fois, lors d’un stage chez lui,  l’un des plus brillant élèves du cercle Tissier : Pascal Guillemin .

Pascal, 6e dan, pour moi, c’est un seigneur, un samouraï moderne, l’un des senseï qui m’impressionne le plus, et ce qui ne gâche rien, est d’une grande gentillesse. Mais Franck, lui,  le suit autant qu’il peut. Et ce, jusqu’à Belgrade, dans ces Balkans chers à son cœur, où j’espère un jour pouvoir l’accompagner pour qu’il me fasse découvrir cette si belle ville.

En exclusivité, Pascal Guillemin, que l’on félicite pour son 6e dan, tout comme Mare Seye et Bruno Gonzales, a eu la gentilesse de me parler un peu de son copain Franck :

« J’ai connu Franck il y a plus de 20 ans au cercle Tissier. Franck est ensuite parti sur Caen, mais on a gardé le contact, même succinctement, en particulier lors de stages ici où là. On s’est finalement complètement retrouvé à Athènes, il y a 4 ou 5 ans, lors d’un stage de Christian. Dans l’avion du retour, Franck m’a gentiment invité dans son dojo de St Manvieu-Norrey. Depuis j’y interviens deux fois par saison, pour lui, mais  aussi, pour son groupe. Il m’accompagne aussi en Serbie à Belgrade, et comme il parle la langue, il m’assiste tout naturellement.  Franck, c’est quelqu’un de fidèle, et de généreux, sur les tatamis comme dans la vie. Droit et fiable, c’est avant tout un passionné. Un passionné, mais objectif et cohérent dans sa pratique, comme dans son enseignement. »

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Félicitations aux trois nouveaux promus 6e dan: Mare Seye, Pascal Guillemin et Bruno Gonzales

J’aime  la bonne humeur de Franck, toujours souriant et prêt à rire, plein de générosité et de passion communicative, en particulier autour de l’enseigne

ment des petits, si primordial à mon sens. Ce soir-là, dans un petit resto chinois de la banlieue caennaise, Franck nous parle un peu de lui en toute simplicité, avec beaucoup de  sensibilité, de ses origines croates, de son parcours et de sa rencontre improbable avec… Frank Dux.

Frank Dux. Vous vous souvenez?  JC Vandamme dans Bloodsport !

Split en Croatie - Cathédrale - Vieille ville

Split en Croatie sur la côte adriatique

PAGT : Tu es donc d’origine Croate, Franck ?

Franck : Oui, de Bosnie Herzégovine, pour être précis, via mon papa. A l’époque, c’était encore la Yougoslavie, avant la guerre et l’éclatement en plusieurs états. J’ai toute ma famille du coté de mon père qui habite un village de Bosnie-Herzégovine, Ljubuski, sur la frontière croate,  où là-bas, tout le monde se dit …Croate .Du coup, je dis toujours aux gens que je vais en Croatie, mais en fait, c’est bien en Bosnie.  Mais je suis né en France, au Creusot en Bourgogne, on est loin des Balkans là ! Et j’ai surtout passé trente ans en région parisienne.

PAGT : Comment as-tu vécu le conflit en ex-Yougoslavie (qui fit 300 000 morts entre 1991-2001) ?1914675_1162256230564_6265434_n

La première fois que je suis parti en Yougoslavie, j’avais juste 4 mois, ensuite  mes parents m’y ont amené chaque année.  J’y ai mes racines, j’aime profondément ce pays. Pendant la guerre j’étais en France, c’était vraiment très dur de savoir tous mes cousins partis faire  la guerre. Surtout qu’au fond de moi-même, je n’acceptais pas ce conflit. Fort heureusement, dans ce conflit épouvantable,  je n’ai perdu personne de proche. Aujourd’hui je suis très heureux d’y retourner chaque année pour les vacances, et aussi, pour l’Aïkido, à Belgrade et Split. Et j’espère un jour, à Sarajevo…

PAGT : Tu pratiques aux Balkans ?

Franck : Oui, bien sûr. Par exemple, à Split sur la côte Croate. Difficile d’y trouver un club, mais j’en ai finalement trouvé un, lors d’un stage avec Stéphane Goffin (6e dan), ce qui m’a permis de prendre des contacts avec des locaux. Et comme je parle croate, cela aide pas mal. Maintenant, je laisse un keikogi sur place, au cas où. Il faut savoir que dans les Balkans, c’est un peu compliqué, en terme de structure, chacun fait sa sauce en suivant un tel ou un tel, et donc cela peut paraître un peu …confus. Je vais aussi parfois à Belgrade, avec Christian ou Pascal .Une ville extraordinaire, et, du fait de mon histoire, un voyage riche en émotion, avec le Danube, les chants tziganes et la joie immense de pratiquer  avec mes maitres,  dans ma langue d’origine,…chez moi.

Alors forcément avec mes souvenirs de gosses, tout ce que me racontait mon papa sur la Yougoslavie,  cela prend immanquablement une tournure émotionnelle particulière. Et puis quand tu voyages, tu le sais bien, tu fais des rencontres, comme cette fois à Belgrade où j’ai rencontré un pratiquant turque qui nous a invité ensuite… à Istanbul ! Et du coup l’aikido devient « presque » secondaire en permettant de vivre des moments incroyables. Si en plus on peut joindre le plaisir à l’agréable …Je crois vraiment que l’aikido ouvre l’esprit, ouvre au monde.

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PAGT : Comment es-tu venu à l’aikido ?

Franck : J’ai commencé à 12 ans à Antony, chez un élève d’André Nocquet. Puis à Fontenay aux roses avec Christian Mouza et Josette Nickels, Enfin j’ai fait ma rencontre avec Christian Tissier Shihan lors d’un stage, j’étais  alors 1er kyu. Et puis Haye les roses et enfin Vincennes. J’ai passé mon premier dan, pour l’anecdote, la même année que Mare Seye qui est resté un ami (Aujourd’hui 6e dan et DTR FFAAA Ile de France).  J’ai aussi suivis l’école des cadres avec Bernard Palmier Shihan, sur Paris. J’ai pratiqué divers budo, notamment le karaté. J’ai naturellement beaucoup d’attachement pour le  club de Bagneux ou j’ai passé beaucoup de temps avec mon professeur  jean-claude Hervé. Il m’a fait passer mon 1er , 2e et 3ème dan.

1468613_10202054822366087_751647932_nPAGT : Ta ligne, aujourd’hui, c’est d’abord celle de  l’immense Christian Tissier…

Franck : Très clairement, oui. Je suis Christian depuis 10 ans, et ce, en faisant tous les stages à Vincennes en particulier. Je m’y retrouve complètement. J’aime se coté efficace, limpide dans sa pédagogie. Je ne dis pas que c’est facile, mais, c’est toujours très clair. Ce n’est pas que les autres ne m’intéressent pas, mais je n’ai pas assez de temps, donc je priorise vers ce qui m’apporte dans mon fonctionnement, et ce qui va me donner du travail en rentrant à mon dojo, d’une manière cohérente. Même si parfois, je vais faire un stage, un cours ici ou là, je tiens à garder mes priorités, ma ligne directrice. Christian, d’une année sur l’autre, propose un axe de travail différent. Des que tu crois que tu touches du doigt ce qu’il te montre, il monte d’un cran et cela te pousse vers le haut. Parfois, c’est peu de choses, le simple fait de l’avoir saisi, il te donne une sensation, et là, rien qu’avec cela, j’ai un bon mois de boulot derrière !

PAGT : Cela fais de la route quand même de Caen  jusqu’à Vincennes!

Franck : Oui,  ce n’est pas simple et j’aimerais pouvoir y aller plus souvent… Aux cours avec lui, et pas seulement aux stages, mais c’est vrai que c’est un peu loin de ma basse Normandie. Je pourrais aussi aller à la rencontre d’autres senseï, cela m’arrive,  cela ne me pose pas de soucis, mais Christian me donne déjà tellement de nourriture de ce côté-là que je n’ai pas ce besoin. Ceci dit j’ai fait des rencontres merveilleuses en dehors de Christian. A une époque, plus jeune, je faisais tous les stages que je pouvais, et là c’était des stages de 16h et pas 6 h comme de nos jours. Il faut dire que c’était différent,  l’offre était plus restreinte et tout allait très vite, alors pas question de venir 2 h et s’en aller. C’était impensable. Mais maintenant, j’ai moins de temps avec la famille et mon travail, alors donc je sélectionne.

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Remise du 4e dan à franck, par Mare Seye, 6e dan et DTR IDF FFAAA.

PAGT : Tu as quelques souvenirs de tes débuts  à partager avec nous?

Franck : J’ai quelques souvenirs de Maitre Yamaguchi, mais j’étais vraiment trop jeune pour comprendre. A juste 18 ans, cela me dépassait complètement, j’étais juste shodan. Mais  je garde un souvenir de lui faisant du tricot avec les bras d’un haut gradés actuel (au physique costaud, si vous voyez …), qui n’en revenait pas… c’était magique.   Maitre Yamaguchi tout en fausse nonchalance, un magicien, la grande classe, un génie. Et puis Saotome sensei. Là si j’avais pu je l’aurais suivi au bout du monde, un sourire extraordinaire, une joie dans le travail.

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Franck avec mon fils maxime

Je me souviens d’un stage où on bossait sur tsuki. Il passe dans mon dos pour prendre ma place face à mon partenaire et lui balance un tsuki. Le type s’envole quasiment. Je vais aider le mec à se relever en rigolant, en lui demandant si ça aller. Il me répond «Mince, j’ai cru qu’il m’avait transpercé !! ». Mais toujours plein d’humour, comme quand il nous disait : « Soit vous faites Ikkyo, soit vous faites la technique du crocodile », et là il mordait la main de son uke, dans l’hilarité générale. Et aux armes, …un monstre !

 PAGT : On sent vite chez toi un plaisir à partager, comme à enseigner, mais toujours dans la bonne humeur.

Franck : C’est terrible ces gens qui pratiquent et qui font une tête de six pieds de longs. Comme si avoir un facies froid et austère allait leur donner de la respectabilité. Je veux bien qu’on me cogne, à la rigueur, mais avec la banane svp! On n’est pas là pour se faire souffrir,  mais avoir du plaisir il me semble.  Plaisir à pratiquer, à échanger, à enseigner… Parce que, après tout, ce que je veux, moi, c’est être heureux. J’enseigne aussi à des jeunes en difficultés, une heure par semaine, et c’est le message que je leur donne. Je leur fait passer leur premier grade sur l’attitude, se tenir droit mais avec le sourire, écouter, saluer.Tout le monde peut le faire, c’est accessible. Après, bien sûr, on passe à la suite. Mais toujours pour que les gens soient heureux.

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Stage enfant avec Christian Mouza 6e dan et DTR FFAAA Corse à St Manvieu

PAGT : On arrive aux enfants alors…

Franck : En effet, c’est primordial. Même, si ils n’en font que deux ou trois ans, et qu’ils arrêtent, ils auront à minima, travaillé la rigueur, le respect etc… IIs en tireront des bénéfices, j’en suis convaincu. Mais, en ce qui me concerne, je ne pousse pas à la consommation, je ne fais pas la course aux licences. Ce que je veux c’est des enfants motivés. Alors je les laisse venir avec, trois, quatre, cinq cours d’essais si il le faut, mais, et je le dit bien aux parents, je ne les veux s’inscrire que parce qu’ils ont envie, il ne faut pas les forcer. Par contre, une fois inscrit, faudra peut-être les pousser de temps à autre, on n’est d’accord, mais il faut qu’ils viennent avec de l’envie.

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franck et sa fille Marie

PAGT : Franck, c’est quoi ton histoire avec Frank DUX, dont la légende m’a bercé dans Bloodsport avec JC Vandamme ?4dd3931fc9eb5

Franck : J’étais un fan, comme je l’étais de Dominique Valera. Je suis allé le voir à Bercy en 1993, et je lui ai proposé de l’aider à tenir son stand de vente de photo et tee shirt. Il m’a trouvé sympas et il a dit ok ! C’est parti sur un  » coup de poker » et cela a fonctionné ! Je suis devenu  son représentant officiel en France ! En particulier, au POPB ( Palais omnisport de Bercy), où grâce à lui, j’ai travaillé à l’organisation, pendant 7 ans. Frank Dux, c’est quelqu’un de très mystérieux mais aussi et surtout, très impressionnant. Il était à l’époque toujours en train de faire évoluer son art, le Dux ryu ninjitsu. Basé sur des techniques de vie ou de mort. Cela a été très enrichissant comme expérience ! Il a développé un art martial très efficace, avec une recherche sur les angles. Très intéressant. Bon après, c’est un passage de ma vie, depuis je suis passé à autre chose. Mais travailler au POPB m’a permis de rencontrer de très hauts gradés des arts martiaux mondiaux, des grands personnages en Karaté, Shaolin, etc. Et aussi, faut être clair,… pas mal d’escrocs (rires). Par contre, ceux qui m’ont vraiment impressionné, ce sont les moines Shaolin, surtout les jeunes. Pour les avoir vu en coulisses, aux répétitions, ce sont réellement des athlètes extraordinaires.

PAGT : Tu as pratiqué avec Dux?

Franck : Oui un peu, il est même venu à mon dojo !

PAGT : Et donc Bloodsport, c’est de la fiction ou pas ?

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Franck et Frank

Franck : Franck a beaucoup aimé le film, même si il y a un peu de roman dedans. Ceci dit, le déroulé de l’histoire est assez fidèle à ce qu’en a raconté Dux. Le kumité a vraiment eu lieu (en Novembre 1975, aux Bahamas), et c’était très violent, comme le coup du talc dans les yeux par exemple. Tous les coups étaient autorisés, et c’est simple, il n’y avait pas de règles. Le kumité avait lieu clandestinement chaque année. Dux (un ancien des forces spéciales), a été le premier américain à le remporter. Et puis il  a eu ces démêlés  stupides avec les agents de JC Van Damme, suite au film The Quest, querelles de droits d’auteurs. Mais j’ai vu Frank Dux  faire des choses proprement hallucinantes. Comme exploser une vitre blindé à coup de poings… On a dit que c’était truqué. Je te garantis que non. Même si, c’est vrai, il s’y ai pris par deux fois, c’était une vraie vitre blindée. Mais le pire, ça a été la bouteille de jack Daniels…Ca, je ne me l’explique toujours pas. Il a réussi à l’exploser avec la paume de la main en frappant de haut en bas. En miettes… Là, on peut me raconter ce qu’on veut sur lui, moi, j’étais présent et je l’ai bien vu. Il avait une énergie inouïe. On est toujours ami, on se téléphone, même si il vit aux USA. Il aimerait venir en France pour un show ou un stage, mais organiser tout cela, trouver des sponsors, … je n’ai plus le temps…

Et il y a un temps pour tout. Aujourd’hui, ce temps est pour ma famille, et pour l’aikido !

PAGT : Merci Franck ! Comme je sais que tu es un ami de Mare Seye (6e dan et DTR IDF FFAAA), je lui ai demandé un petit mot pour toi :

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stage avec Mare Seye à St Manvieu Norrey novembre 2014

Mare SEYE : « Franck et moi nous sommes vraiment découverts durant les 7 ou 8 ans où j’ai été DTR de Basse – Normandie. Nous partagions beaucoup de points de vue sur notre discipline, et, au fil du temps, sommes devenus amis. C’est un aïkidoka curieux et exigeant, sincère et entier, doublé d’un pédagogue passionné et toujours en recherche. »

PAGT : Merci Mare . Alors, si vous croisez Franck sur un tatami lors d’un stage, passez lui le bonjour de ma part, et allez à sa rencontre, vous serez conquis ;)

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Aikido à Wissembourg, en alsace, avec les copains…

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Il y a trois ans de cela, je fus amené à changer de société. Le siège de celle-ci se trouvait en alsace à Wissembourg, près de la frontière allemande, à une petite heure au nord de Strasbourg. Et c’est ici, que loin de ma Normandie, durant trois mois de formation, j’ai découvert un petit club d’aikido ….à juste 150 m de mes nouveaux bureaux ! Croyez-moi, Wissembourg, c’est très joli, mais Wissembourg by night… ce n’est pas Broadway. Alors au lieu de passer mes nuits à regarder la télévision, j’ai finalement ramené un keiko gi et commençait ici ma petite  carrière de globe-trotter. Et depuis, ma profession m’amenant à voyager, je parcours les dojos de France et d’ailleurs. Mais je reviens toujours, de temps à autre ici, à Wissembourg pour une réunion, ou un training, et du coup je retrouve … les copains. Mes copains.

senseiCar il s’agit bien d’une bande de copains. Sur, on se voit peu, une foidojoexts l’an au mieux, mais quel plaisir de retrouver tous ces beaux sourires illuminés, pour transpirer ensemble et puis siroter quelques bières dans le vestiaire après l’effort. Ici tout est pour me plaire, un petit club, 6 à 10 pratiquants, comme la plupart des petits dojos ou je vais. J’aime cette atmosphère intimiste, simple et joyeuse, loin des grosses académies froides et trop souvent peu chaleureuses. Certes, dans celles-ci, le niveau est brillant, mais moi je l’avoue sans honte, je m’y ennuie …A Wissembourg, nous ne sommes  pas nombreux, même si à chaque fois que j’y passe je découvre une ou deux  nouvelle tête, Mais pour autant, les enseignants sont excellents, de très bon niveau même, toujours avec la banane, et  …on transpire dur !

 

Dans une alsace et une frontière allemande marquée par Nishio, ici on est plus dans une mouvance ou le sublime Michel Erb, 6e dan, est trés présent, comme Tissier Shihan. Mais S’il ne s’agissait que de cela, y retournerais-je avec autant de plaisir? Pas si sûr. Car ce que j’aime peut être avant tout, c’est la camaraderie transpirante de ce dojo.  Certes, l’aikido c’est un art martial, un moyen de progression humain, un art de la paix, etc, etc…oui peut être, …je n’en sais rien, rien du tout. Mais sans chaleur humaine, sans sourires, sans humanité, sans plaisir partagé, en ce qui me concerne, l’aikido ça ne vaut pas grand-chose…

IMG_6257Et puis il y a mon copain Jo. Joseph. Je garderais pour moi le principal de ce qu’il m’a dit ce soir. Mais il est rare que l’on m’ait touché autant que lui, en plein cœur. Punaise, Jo, t’as failli me faire pleurer. Tu n’as pas idée du coup de pied au derrière que  tu m’as mis tout à l’heure. Au diable toutes ces hérésies, ces turpitudes sur le monde fédéral, la politique, ou les ambitions mesquines d’autres. On ne gagnera rien à se morfondre sur ces sujets, rien du tout.La vie nous donne déjà bien assez de coups comme cela. L’essentiel est ailleurs. Et parce que nous, en fait,  nous avons déjà gagné, ensemble, …avec les copains.

 

 

 

Avec Shailen à l’île Maurice: « L’aïkido au paradis »

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Août 2014 : 12 heures de vol… Pour autant, seulement deux petites heures de décalage horaire. Apres un vol « mouvementé », mon arrivée dans l’ile paradisiaque ne m’inspire qu’une seule envie : rouler fissa vers mon hôtel et aller dormir ! L’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam, est au sud de Maurice. Mon hôtel est lui,  à Grand baie, tout au nord. Mais cela me prendra à peine une heure de trajet. Il est sept heures du matin, et bienvenu dans l’Hémisphère sud, car ici en août, c’est l’hiver ! Hiver relatif, car il fait 23 degrés, mais le ciel est sombre, et pour la plage, cela s’annonce plutôt mal. Peu importe, je ne suis pas là pour ça. Demain, je serais à l’université de Port Louis pour une journée de travail, et ensuite, direction les tatamis !

Ile-Maurice

avion-charles-de-gaulle-aeroport-de-la-r561073681_442591861652_5930429_nGrace à mon amie Verotto bu iku kan, de l’aikido club de la Ciotat, j’avais découvert quelques photos de Shailen et de fait, la possibilité  de pouvoir pratiquer au milieu de l’océan indien. Magie de Facebook, il fut très facile d’entrer en contact avec Shailen et  de prendre rendez-vous pour un cours ce mercredi soir. J’ai donc rendez-vous chez Shailen au centre de l’ile, à Vacoas, au sud de Port Louis, la capitale, pour deux cours d’aikido. Shailen m’accueille chez lui, chaleureusement, et en toute simplicité. C’est pour moi l’occasion de sortir de l’hôtel si convenu pour entrevoir un intérieur mauricien authentique, et nous voilà, en deux pas,  dans son dojo. L’endroit est petit certes, mais vraiment magnifique, un  dojo qu’il a fait de ses mains, et qui possède une âme véritable.

Le premier cours est ce que Shailen appelle « Aikiforme », adapté pour les tout débutants. Une initiation douce et sans difficultés pour amener les novices à franchir le pas. Ceci dit, c’est bien de l’aikido, et le niveau de certains, en survêtements, ne me laisse aucuns doutes sur la qualité de cet enseignement.

maurice4Le cours qui suit est maintenant d’un autre niveau. Quelques débutants, mais aussi quelques autres confirmés, dont son fiston, 1er kyu, démontrent ce que j’entrevoyais de ce jeune sensei. On transpire beaucoup et l’opportunité de pratiquer avec shailen, est l’occasion pour lui, de me montrer quelques kaeshi waza qui me laisseront enchanté. Un aikido tout en souplesse,  relâchement et martialité.

Ensuite comme il se doit, direction un pti resto pour quelques  spare ribs arrosés de deux ou trois bières pour célébrer notre amitié. L’occasion pour moi de discuter avec des mauriciens et d’entrevoir ce qui se cache derrière cette façade paradisiaque, dans le quotidien de ces habitants, évidemment moins rose que sur les cartes postales. Un moment délicieux où nous avons beaucoup rit, simplement, entre amis. La magie de cet aikido qui rapproche les gens, et ouvre des portes inattendues et qui me permet de comprendre un peu mieux les habitants des pays que je traverse, au-delà des sourires entendus des hôteliers et des serveurs des restaurants, si sympathiques puissent-ils être.

Mon séjour aura été court, trop court et je n’aurais pas gouté au kite surf, fait de plongée sous-marine ou naviguer en catamaran, mais ces rencontres m’auront laissé les souvenirs inoubliables d’une expérience peu commune, avec l’espoir  d’y revenir un jour.

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L’interview skype- 20 septembre 2104 :

PAGT : Shailen, comment se passe cette rentrée à Maurice ?

Shailen : Très bien, je démarre les cours enfants ce soir. Il faut voir que pour les expatriés qui vivent chez nous, c’est la rentrée tout comme en France. Mais pour nous, mauriciens, la saison commence en janvier ! Nous sommes dans l’hémisphère sud. Et la rentrée se passe donc vers le 15 janvier pour les écoles, comme pour les dojos. Nos grandes vacances sont de novembre à décembre, sauf pour les expatriés qui vont à l’école française.  Mais normalement, l’agenda scolaire à Maurice est calqué sur le modèle anglais.

PAGT : Mais comment en vient-on à pratiquer l’Aïkido sur ton ile ?

IMG_4412Shailen : En fait j’ai découvert l’aïkido à 20 ans. Dans les années 86, adolescent, je m’étais aventuré dans des dojos pour m’essayer au judo, au karaté, au taekwondo. Mais je cherchais autre chose, quelque chose de moins commun. En 92, j’ai découvert l’aikido grâce à un enseignant mauricien qui avait passé beaucoup de temps en France, et qui commençait alors à enseigner ici. Il pratiquait un style proche de l’Aïkibudo. Il avait été l’élève d’Alain Floquet et d’Henri Plée, deux illustres maîtres. Puis, j’ai commencé à voyager un peu à la Réunion, et j’ai pu me perfectionner dans un aïkido qui me convenait plus. Sur l’ile de la Réunion, j’ai pu entrevoir une autre approche, autour des principes essentiels, le centrage, la gestion du déséquilibre, un Aïkido plus souple, et surtout avec une grande  découverte : le relâchement ! Donc un aïki un peu moins… brutal.  J’avais entendu parler de ces formes de pratiques, et j’espérais tendre vers cela. C’était le but de mes déplacements à la Réunion.

PAGT : Tu avais travaillé les armes aussi avant ?

Shailen : Oui, un peu de iaïdo, du kenjutsu Katori Shinto ryu, un peu de bâton, de naginata…

PAGT : Tu suis encore ce professeur ?

Shailen : Non, aujourd’hui il n’enseigne plus l’aïkido, mais le … tai-chi-chuan !! (Rires). Alors j’ai repris le flambeau. Il ne reste quasiment que moi ici pour enseignait cette voie. Les autres pratiquants sont partis au canada, en afrique, etc. Mais je continue ici à former de nouveaux élèves et à faire vivre l’aïkido à mon modeste niveau. Moi je suis principalement la voie de Christian Tissier Shihan, Maitre Yamaguchi, Endo senseï ou Tamura senseï. Disons, le modèle français. Mais Il y a une autre école ici, qui eux suivent plus John Ratnam, un enseignant de Dubaï, qui est aussi mon senseï, pour les passages de grades notamment.

PAGT : Où enseignes-tu alors ?

PAGT : J’ai un dojo à ma résidence, à Vacoas,  là où tu as pratiqué avec nous, c’est mon dojo principal. Mais j’enseigne aussi dans un dojo à Grand baie au nord, ou à Tamarin, dans l’ouest.

PAGT : On trouve des dojos facilement à Maurice ?

Shailen : Le gouvernement met certaines salles à dispositions des clubs, mais ces salles ne sont pas forcément bien gérées, pas toujours très propres, avec des soucis de planning avec les autres disciplines. C’est pour cela que j’ai créé ma salle, chez moi, dans l’esprit d’un vrai dojo, uniquement dédié à cela, pour que l’on  se sente bien, et où on puisse  pratiquer sereinement, de manière plus traditionnelle. Un dojo, ce n’est pas une salle de sport. Je préfère une pièce où l’on peut travailler avec une certaine spiritualité. On fait juste exception pour les stages, car mon dojo est trop petit pour accueillir un groupe de 20 personnes ou plus.

10704895_896437697036441_788769141_nPAGT : Pour te perfectionner, tu vas à la Réunion alors…

Shailen : Oui, j’y ai connu Daddy (Hubert Fontaine, 6e dan et DTR FFAAA de la Réunion), et en particulier Stéphane Etheve (4e dan), qui m’a beaucoup aidé à progresser. Et puis j’ai aussi rencontré Arnaud Waltz (6e dan et DTR Nord-Pas de calais FFAAA) que j’ai beaucoup apprécié. Mais j’ai surtout favorisé quelques échanges avec la ligue de la Réunion, et  avec les réunionnais qui venait en vacances chez nous. On a ainsi pu avoir des séances de pratiques très intenses ici avec eux.

PAGT : On parle ici de professeurs francophones, tu en as rencontré d’autres ?

Shailen : Oui, j’en ai rencontré ici quelques-uns, par forcement connus mais qui souvent m’ont laissé des souvenirs exceptionnels. Un mauricien, qui a vécu 30 ans en Amérique du nord, qui a connu maitre Yamaguchi, qui m’a fait travailler chez moi et à qui je dois beaucoup. Et John Ratnam de l’AAA, Aikido Association of America,  originaire du Sri Lanka et qui enseigne à Dubaï où il vit. C’est lui qui m’a fait passer mes grades, dont mon shodan. Il me prépare au nidan en ce moment, mais il faut que je fasse des stages, qu’on se revoit.  Je pense que c’est pour bientôt, …d’après ce qu’il me dit.

PAGT : Comment organises-tu tes cours à Maurice?

Shailen : Le samedi, c’est toute la journée, chez moi, avec entre 4 et 5 cours. Plus deux cours le jeudi, et deux cours le mardi. Avec des cours sur deux niveaux, débutant et avancé. Il y a aussi  les cours ados et enfants. Je commence à avoir des élèves qui ont une dizaine d’année de pratique, les ayant eu élèves enfants, vers 6 ans. On a une quinzaine d’adultes réguliers  et une vingtaine d’enfant. Je compte en présenter bientôt un ou deux au shodan avec mon professeur de Dubaï, qui vient tous les ans, ou pourquoi pas, lors d’un stage. Mais nous, ici,  nous sommes  très peu nombreux, et organiser un stage devient vite compliqué. Nous avons peu de moyens, on ne peut compter que sur les bonnes volontés. Faire venir un 6e dan de France où d’ailleurs, lui payer un vol, pour 12 élèves, c’est impossible. Et organiser un voyage pour nous à la réunion, cela reste couteux et trouver des élèves capables de cela est difficile.

PAGT : Internet a dû modifier la vie de ton dojo …

Shailen : Nous ici, nous sommes isolés. Alors tous les pratiquants du monde entier sont les bienvenus. Avant c’était compliqué, il n’y avait que le bouche à oreille, et le téléphone, et encore, aux prix des communications… Mon ancien prof a dû beaucoup en souffrir. Pour trouver des infos, il ne pouvait que voyager et …on devait prier pour que quelqu’un nous trouve enfin (rires) !! Avec notre site web, on établit des liens faciles et les gens de passages n’ont plus aucun mal à nous contacter pour venir pratiquer ici. Forcément, cela a changé notre vie d’aïkidokas et notre évolution de pratiquants.

10681972_896437717036439_1599198981_nPAGT : Tu as des élèves féminines ?

Shailen : Oui mais assez peu. Souvent elles viennent voir le cours et ne reviennent pas. En fait, des quelle voit les chutes, elles ont peur de se retrouver dans une position disons …peu élégante. Mon professeur de Dubaï a  résolu cela en leur donnant rapidement le hakama dès le premier grade, pour satisfaire leur pudeur. C’est un compromis qui n’est pas gênant, si cela peut amener nos femmes mauriciennes à pratiquer. Mais  toutefois, en tant qu’enseignant, j’estime avoir besoin de voir les jambes de mes  élèves  débutants pour vérifier leur placement, voir si la jambe arrière est bien tendue etc… Alors je ne suis pas complètement pour cette solution. Ceci dit, avec mon concept aikiforme, elles sont de plus en plus nombreuses à venir essayer, et à franchir le cap. C’est trés positif. Je ne peux que les encourager à venir encore plus nombreuses!!!

PAGT : Tu commences à avoir des élèves qui montent en grade ?

Shailen : Oui, avec un nombre moyen d’adhérents de 30 à 40 personnes, j’ai un petit groupe d’élèves sur lequel je peux compter, garçons et filles, 2e et 1er kyu, dont mon fils. J’espère en présenter bientôt au Shodan. A propos de mon fils, ça sera bien sûr, une grande fierté en tant que père, et aussi en tant qu’enseignant. Je lui demande souvent son avis sur mes cours, et je le laisse aussi prendre la main de temps en temps sur les cours au dojo, même si je reste en soutient derrière, en tant …qu’élève de mon fils ! A la fin de l’année je compte organiser un voyage à la Réunion, avec quelques élèves, ce qui leur permettra de se confronter et de pratiquer avec d’autres aïkidokas expérimentés, et donc faciliter leur progression.

PAGT : ici, comment les nouveaux pratiquants  arrivent à ton dojo et avec quelle idée sur l’Aïkido ?

Shailen : Soit pas des références, des amis, des élèves ou bien par mon site internet. Apres, je suis beaucoup mon intuition, Quand un nouveau arrive, ou une nouvelle, je passe du temps  à travailler avec lui ou elle, pour essayer de lui faire ressentir un peu le travail que nous faisons, par le contact, pour l’amener à vouloir explorer des sensations qui lui mettent l’eau à la bouche. Du coup, ces nouveaux venus ont une sensation d’inachevé et il leur faut alors revenir pour poursuivre ce travail de recherche avec nous. Je leur fait aussi une démo un peu dynamique avec mes anciens, pour qu’ils entrevoient ce à quoi cela peut mener, au-delà des  premiers cours pour débutants. Mais j’essaye, autant que possible, d’adapter mon enseignement à chacun, selon ce que chacun recherche. Les enfants, ont certaines attentes, les ados en ont d’autre, pour les adultes, certains viennent pour l’aspect sportif, gymnique, d’autre pour se détendre, ou extérioriser du stress, selon leur âge, leur personnalité. Mais au début, je leur fait prendre conscience que ce qu’il voient une première fois, n’est qu’une toute petite partie de l’iceberg, et que le reste devra se mériter par du travail.

10668390_896437520369792_1600139267_nPAGT : Tu fais aussi en ce sens une prépa aikido pour faire venir les gens qui n’osent pas trop franchir le cap ?

Shailen : Oui, c’est un concept, que j’appelle Aiki-forme. Les néophytes ont peur de chuter, on peur d’acheter un keiko gi, et sont trop impressionné pour commencer un cours d’aiki à proprement parler, avec des pratiquants expérimentés. Les Hakamas leur font peur (rires)! Dans ce cours, on vient en survêtement, jogging ou teeshirt. Je suis plus léger sur le reishiki, et je ne pousse pas les gens à faire plus que ce qu’ils veulent faire. Surtout s’ils ont des problèmes de genou ou d’épaules. Mais cela reste de l’aikido, on chute,  on travaille les bases, en souplesse. Ils ont l’impression de faire de la gym douce, mais en fait doucement, ils sont capables d’intégrer le cours d’aikido avec moins d’appréhension, et cela marche plutôt bien ici.

PAGT : A propos de Maurice, c’est quoi la vie réelle, loin des cartes postales ?

Shailen : A Maurice, pour le moment, ce n’est pas trop difficile de trouver du travail, mais il y a beaucoup de gens qui sont très pauvres. Ici, on n’a pas d’allocations, ou de salaire minimum, c’est la débrouille, avec un niveau de salaire très bas. Pour beaucoup, l’argent qu’ils gagnent ne leur permet que de se nourrir et se loger mais vraiment pas plus. Cela peut donc être très difficile comparé aux standard européens. Les jeunes diplômés rêvent alors de partir au Canada, en France, en Angleterre ou en Australie, pour obtenir un salaire décent. On a aussi beaucoup d’expatriés qui viennent chez nous travailler, à l’inverse (rires). Mais souvent quand la retraite arrive, les gens reviennent sur notre ile…

10494359_583037605140158_8740837359854595920_oPAGT : Finalement, que t’apportes l’aïkido à Maurice ?

Shailen : Au-delà de la pratique au dojo, je suis très intéressé par l’aspect philosophique et social, Comment comprendre une relation, gérer des tensions au travail ou dans son entourage, ce sont des questions qui m’intéressent, et où l’aikido m’ouvre des pistes de recherches, sur la communication, le lâcher prise, etc. Pour moi les techniques ne sont pas l’essentiels, je m’intéresse plus au fond, au contenu de ces éléments. Si l’aikido n’était qu’un ensemble de  clefs de bras, des projections, j’aurais arrêté depuis longtemps. Non, il y a quelque chose derrière la pratique, lié à l’homme, qui m’interpelle. Au point que j’attribue la plupart des bonnes choses qui m’arrivent autour de moi à l’aïkido. Quand on me demande, par exemple,  comment ai-je  réussi à obtenir ceci, ou à faire cela, je crois souvent que l’aikido y est pour beaucoup ! Je suis persuadé que la plus grande partie des bonnes choses que j’ai dans  ma vie, d’une manière ou d’une autre, je le dois à cette pratique de l’Aïkido.

PAGT : Merci Shailen

 

IMG_4387Si vous avez la chance d’aller à l’ile Maurice, vous serez comblé au-delà de toute espérance, je vous l’assure. Si vous pratiquez, n’hésitez pas à contacter Shailen, il vous accueillera avec  générosité. Et si vous ne pratiquez pas de budo, n’hésitez pas non plus à venir découvrir l’aikido chez lui, pour une initiation mauricienne inédite, ce qui sera aussi l’occasion de rencontrer et de partager un moment merveilleux avec des mauriciens et des mauriciennes. Merci encore à toi Shailen  pour ce que tu es et ce que tu donnes. A bientôt j’espère. Patrice

La page facebook de shailen : https://www.facebook.com/Esprit.aiki?fref=ts

Son blog : http://aikidoclubducentre.blogspot.fr/

Ma rencontre avec Bernard Palmier Shihan, 7e dan Aikikai.

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Ma première rencontre avec Bernard Palmier est très récente. Comme tous les ans, Eric Marchand, invite son mentor en son dojo de Vernon. L’aikido qu’enseigne Eric me parle particulièrement. La sincérité  de son enseignement m’a tout simplement convaincu de la crédibilité de l’aikido en tant que budo. Il ne le sait peut-être pas, mais si je n’ai pas arrêté l’aikido à un moment de ma vie où je n’y croyais plus, c’est bien grâce à lui.

Eric, 5e dan, est pour moi, une montagne. Mais alors, que pouvait-il  en être de son professeur, Bernard Palmier, 7e dan, pour qui Eric nourri tant d’amitié, de respect et d’admiration ? Je me devais bien de faire sa rencontre un jour.

J’avais, allez savoir pourquoi, une image des plus austères  de ce directeur de l’école des cadres de la FFAAA. Je l’imaginais comme un homme grand, imposant, froid, très strict et même suffisant. Comme si, plus de 50 ans de pratique, être 7e dan Aikikai, avoir vécu au japon, être un des principaux chefs de file de l’Aikido français, avoir fréquenté Kishomaru Ueshiba ou Seigo  Yamagushi, imposait forcement une posture distante, au delà du commun des hommes.  Ceux qui le connaissent, bondiront en me lisant, tellement j’étais dans l’erreur !  Lors de ce premier stage, je fus éblouis. Pas tant par son contenu, je n’ai pas assez d’expérience pour juger même à minima de la qualité  du stage. Non, ce qui m’a ébloui, c’est l’homme. Tout le contraire de l’image négative que je m’étais forgée dans ma phantasmagorie. On ne peut se tromper plus. Bernard est un amour. Je ne peux pas mieux dire.

Cette première fois, quand je suis monté sur le tatami, anxieux à l’idée de  rencontrer ce géant, je le vois qui avance vers moi tout sourire «  Ah, mais c’est le globe trotter ! ». Les bras m’en sont tombés. Que cet immense sensei m’interpelle aussi simplement, avec autant de chaleur et de bonne humeur m’en disait déjà long sur l’étendue de mon erreur à son sujet.  Bernard reste pour moi une rencontre, une vraie, comme on en fait peu dans sa vie. Bien sûr c’est une référence, même si certains pourront ne pas se retrouver dans ses formes ou son enseignement, mais au delà de l’immense expert et pedagogue, c’est son humilité, sa gentillesse, sa bienveillance, sa sincérité parfois touchante,  qui me ramène à lui.

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Il suffit de parler à ses élèves pour comprendre l’humanité qui l’habite. Comme Alain, fidèle depuis plus de trente ans, qui a les larmes au bord des yeux quand il me confia un jour  son amitié pour Bernard, « Non pas pour le technicien, ou le sensei, mais pour l’homme, tu comprends : l’homme… ». La bienveillance et l’humilité…comme ce jour où je publie un post en expliquant mon désarroi de lui avoir servi de uke lors d’un stage et de n’avoir pu donner autant que j’aurais voulu .Il me téléphone… Que me voulait-il ? M’engueuler ? Non, il était juste chagrin de m’avoir mis dans l’embarras, ce qui n’était bien évidement pas le but. Moi, simple 2e kyu. »Mais pas du tout Bernard, c’est moi qui suis gêné de  tant de  sollicitude ! » .

 

Au final, je devais passer mon premier kyu cette année. Mais il se trouve que  je suis le plus gradé des élèves de mon dojo, cela fait un peu juste pour passer ce grade avec des 3 e kyu, aussi bons soient-ils. Alors, avec l’aval de mon professeur Albert, j’ai osé demander à Bernard s’il accepterait de me jauger après un cours sur Paris. N’étant pas un de ses élèves attitré, il aurait pu refuser, et j’aurais bien compris. Aussi je fus plus qu’honoré qu’il accepte  cela, aussi volontiers que naturellement. Rendez-vous fut pris à L’ACT. Ma prestation me déçut grandement, mais Bernard me trouva digne de ce dernier grade kyu, même si il y aura bien sûr beaucoup beaucoup de travail pour aller au shodan. Quel honneur pour moi, il m’a fallu 15 jours pour redescendre sur terre….

 

Depuis peu, nous avons commencé une série de conversations, sur son parcours, à propose de ses maitres japonais, comme Seigo Yamagushi dont il évoque le souvenir les yeux embués d’émotion, de l’aikido bien sûr, de ses 50 ans de pratique, de son parcours au japon, de ses amis, de ses élèves, de nous. J’y ai découvert un homme attachant, sensible, parfois émouvant mais aussi riche d’un parcours exceptionnel, au savoir immense et de grande conviction.

Alors encore merci Bernard sensei !

 

 

NOUVEAU SITE WEB : http://www.aikido-palmier.com/

 

Entretien avec Hélène Doué, 4e dan. L’aikido au féminin ?

 

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J’étais venu un dimanche matin sur Montreuil, en banlieue parisienne, pour assister à un stage de Fabrice Croizé, 4e dan, en son dojo des Guilands, avec mon fidèle Arthur en compagnon de vadrouille martiale. C’était la première fois que je rencontrais cet élève réputé de Christian Tissier Shihan.

Le stage fut vraiment passionnant, très dynamique, avec un sensei très sympa et souriant, très accessible, dans une belle ambiance qui me donnera envie d’y revenir des que l’occasion se représentera.

On dit, quand on oublie quelque chose chez des amis,  qu’inconsciemment, on souhaite revenir. C’est ce qui a du se passer, car, une fois revenu chez moi à Rouen, je me suis rendu compte que j’avais oublié mon blouson aux vestiaires du dojo. Alors, obligé d’y retourné la semaine suivante !

J’appelle Fabrice Croizé, qui gentiment, m’invite à repasser lors d’un cours prochain. Je profite de l’occasion pour lui demander s’il accepterait de se prêter au jeu de l’interview. Pas de soucis pour cela, mais « manque de pot », il ne sera pas présent la semaine prochaine. Il doit diriger une série de stage en Amérique du sud, et Helene Doué assurera l’intérim. L’occasion faisant le larron, je contacte Hélène qui accepte très volontiers de me rencontrer avant son cours pour un entretien ! La vie offre de ses opportunités…Je vais pouvoir interviewer, pour  la première fois, une femme enseignante en aikido !

Le soir dit, me revoilà devant le dojo à attendre patiemment la jolie sensei. La voici qui arrive, avec son ptit bonhomme en poussette pour m’accueillir avec un sourire des plus charmant. Ceci dit, malgré le petit gabarit de la jeune femme, on devine très vite une attitude pleine de détermination et d’énergie, avec une force de caractère évidente qui balaie illico tout apriori de fragilité ! Helene nous parle ici de son parcours, des jeunes, de la place des femmes  et de sa vision de l’aikido.

ENTRETIEN AVEC HELENE DOUE 4eDAN

LES DEBUTS…

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Patrice AGT : Ne le prends pas mal Hélène, mais peut-on dire que tu es …un pur produit Tissier ?

Hélène : (rires) Oh oui ! Un pur matériau vincennois comme dit Christian ! J’ai commencé à 9 ans, au cercle Tissier, et j’ai pendant 10 ans suivi tous les cours du cercle, du lundi au vendredi, sans m’arrêter. Les cours enfants, puis ado, et enfin adultes ! Et je dois en être à ma 24e ou 25 e saison. Et ce, avec tous les profs qui enseignaient ou qui enseignent encore. En commençant par Christian bien sûr, Philippe Orban, Pascal Guillemin, Bruno Gonzales, Marc Bachraty, Daniel Bourguignon, Patrick Bennezi, et d’autres. J’ai ainsi pu bénéficier de tous les enseignements  Aïkido de Vincennes.

PAGT : Comment, à 9 ans, as-tu pu découvrir l’aikido ?

Hélène : Complétement par hasard. Le cercle est au 108 rue de fontenay. Et moi j’habitais au …104 !

PAGT : Ca ferait rever pas mal de monde !

Hélène : (rires) J’avais une amie qui faisait de la corde à sauter dans la cour de l’immeuble à coté. Un jour, elle m’a proposé de venir la voir au dojo. Je suis venu au bord du tatami regarder, et j’ai demandé à m’inscrire immédiatement après cette première visite. Le premier cours fut horrible. Les petits étaient mélangés avec les ados, on était perdu dans les échauffements, les grands nous sautaient par-dessus pour nous faire voir ce qu’ils savaient faire, ce qui traumatisaient les plus petits. Mais ensuite, la salle était divisée en deux groupes, et tout allait mieux.

AIKIDO ET LES JEUNES…

PAGT : J’ai vu sur le net, que tu as écris un mémoire sur « la dimension ludique en aikido  ?

Hélène : Oui, c’était un sujet imposé pour mon master en science du jeu. Et oui, ça existe ! Il n’y a en a qu’un, à Villetaneuse, qui ouvre à différentes carrières autour des jeux. Il s’agissait de faire un mémoire sur la différence entre sport, jeu, jeu sportif et art martial. Alors j’ai proposé «  la dimension ludique en aikido »…

PAGT : Ca nous ramène au livre de Fabrice de ré « Entre jeu et technique » …

Hélène : Oui, et j’y ai participé d’ailleurs.

PAGT : Tu enseignes aux enfants, et pour les plus jeunes. Le jeu est un passage obligé pour l’apprentissage de l’aikido ?

Hélène : Oui, faire de l’aikido avec des enfants de 6 ans, cela reste compliqué. On a des enchainements de gestes assez complexes, avec des concepts abstraits pour les petits. Pour les ados, la problématique est moindre, on est assez proche du travail des adultes, avec quelques simplification sur les clefs pour épargner leurs jeunes articulations. Mais en dessous de 9 ans,  c’est beaucoup d’exercices de coordination, d’apprentissage des chutes…On va plus insister   sur les grands thèmes de l’aikido que sur la technique pure, insister sur les valeurs aussi. L’échange, le partage, le respect, l’écoute des consignes, la maitrise de ses émotions. Et sur les principes bien sûr : la verticalité, le centrage, la connexion, le déséquilibre. Des notions qu’ils peuvent entendre à leur jeune âge. Les petits, bien sûr, sont aussi très fier de faire un ikkyo, même si on en est encore bien loin (rires).

Mais cela leur donne de la confiance. Et déjà, le fait de travailler avec tout le monde, garçons et filles mélangés, sans distinction d’origines ou de classes, d’accepter l’autre en suivant des règles, chacun son tour, en alternant les rôles, cela pose les bases préalables à la bonne pratique de l’aikido.303237_10150461209676660_2119071574_n

PAGT : Et se pose alors le problème de : comment les garder sur le long terme…

Hélène : Cela reste très compliqué. On essaye tous des choses, chacun à sa manière, dans nos clubs. Certains font des cours ado-adultes, d’autres des cours ado avec des contenus plus faciles, plus adapté à leur monde d’ado. A vrai dire, je n’ai pas la solution non plus. Dès qu’ils passent aux cours adultes, c’est forcément plus dur physiquement, plus intense, plus exigeant. De plus, c’est toujours assez tard le soir, et ça avec l’école, ce n’est pas toujours facile. Alors on en perd énormément… mais on en garde aussi heureusement ! Je pense qu’il y a un travail à faire pour trouver comment les intégrer convenablement à un cours adulte. Mais les ados ont des priorités, contre lesquelles il va être difficile de lutter (rires).

PAGT : Mais ceci est valable pour toutes les activités, sauf qu’en plus, on n’a pas de compétition à leur offrir…

Hélène : Et non, pas de médailles ou de carottes. Mais certains comprennent la règle du jeu, qu’il n’y aura jamais, ni gagnant, ni perdant. Et on en a de plus en plus il me semble, qui sont lassés par l’esprit de compétition,  des jeunes qui n’ont pas d’esprit agressif, et qui préfère être porté par le groupe. Les adultes doivent travailler avec eux en relâchant un peu plus, travailler moins vite, plus patiemment. C’est important que les adultes du groupe veillent à ce que les ados se sentent bien parmi eux.
LES COMBAT GAMES…

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PAGT : J’ai suivi sur internet vos exploits aux Combat Games de Saint Petersbourg, avec Bruno, Henriette et Fabrice. C’était ta première participation ?

Hélène : La deuxième! Après  Beijing il y a 4 ans.  A priori, l’idée est de faire tourner les gens à chaque occasion, pour que le maximum de gens en profite . Mais pour des aléas d’organisation, je me suis retrouvé sur le tatami à St Pétersbourg, alors que je ne devais être qu’accompagnatrice. C’est vraiment une très belle aventure, très stressante aussi, parce qu’on représente la France, qu’on accompagne Christian Tissier, dans ce challenge organisé avec les JO.

PAGT : En même temps, n’y a-t-il pas un paradoxe ici ? Les  COMBAT Games ? L’aikido a-t-il sa place dans ce contexte ?

Hélène : Ca peut être polémique en effet. Nous nous sommes posé effectivement la question quand nous y sommes allés la première fois. Pourquoi nous avoir intégrés en tant que discipline non compétitive ? On a discuté avec des gens du karaté, qui nous ont expliqué qu’ils trouvaient que leur discipline était en train de perdre de son âme, en s’éloignant de l’aspect traditionnel. Et ils leur semblaient important d’intégrer des démonstrations d’arts martiaux traditionnels, pour rééquilibrer les choses, et redonner une fenêtre aux arts martiaux non compétitifs ou moins médiatiques. Recentrer les choses sur les origines des arts martiaux. Je pense que c’est une chance pour nous de pouvoir bénéficier d’un peu de promotion au sein de la grande famille des arts martiaux. Beaucoup de pays sont présent, ce qui permet de montrer la diversité de l’aikido dans le monde.

PAGT : je suis toujours étonné du peu de communication  faite autour de notre art, alors que nous sommes le pays avec le plus de pratiquants d’aikido après le japon…

Hélène : C’est rien de le dire. En même temps : pas de compétition. Mais les moyens mis sur notre tète ne sont pas fabuleux non plus, et vu qu’on ne rapporte pas de médailles…Et tout tourne autour, c’est comme ça. Pour avoir des créneaux pour pratiquer, on passera après les autres disciplines, qui eux ramène des coupes, avec des  championnats médiatiques. Alors oui, je crois que des événements comme les Combat Games sont un excellent moyen pour sortir de l’ombre.

L’AIKIDO LES FEMMES ET LES HOMMES…

PAGT : Hélène, tu fais partie de cette  nouvelle génération de femme 3 et 4e dan : Celine Froissart, Cécile Rayroles, Anne Demaret, Véronique Sireix, Nadia Korichi et bien d‘autres !

Hélène : En effet, il y a un petit noyau, du sang neuf féminins qui s’installe. Un renouveau, en âge, avec de jeunes pratiquantes. Et de plus, des femmes! Donc, deux paramètres très dynamisant. J’ai ainsi beaucoup de jeunes qui viennent dans mon club, plus jeunes que moi, moins de 33 ans,  même si bien sur, nous avons des gens plus âgés. Mais ce qui m’a surtout surpris, c’est que je pensais que j’aurais plus de filles qui viendraient me rejoindre, en tant que femme enseignante. Eh bien… non ! Je me retrouve avec la même problématique que mes collègues masculins.  Ls femmes ne viennent pas plus. Et du coup, je reste persuadée qu’il y a beaucoup à faire au niveau de la promotion de l’aikido auprès des femmes.

PAGT : Pourtant, l’aikido semble particulièrement adapté au public féminin. La non utilisation de la force, l’éveil des sensations, la connexion, le relâchement, tout cela semble vendeur non, surtout en comparaison d’autres budo plus rudes, comme au judo, qui pourtant séduit les femmes?

Hélène : Oui, parce que je pense qu’ils sont meilleurs dans la com que nous. Ils font beaucoup d’effort pour la promotion chez les femmes. J’ai vu ainsi plusieurs fois des journées portes ouvertes aux femmes à l’institut du judo.

PAGT : Mais faire des journées, même de découverte, réservée aux femmes, n’est-il pas malsain ?

Hélène : Ca reste un moyen comme un autre de faire de la promotion, mais évidemment, cela ne doit pas rester cloisonné. Les femmes et les hommes doivent pratiquer ensemble, bien évidemment ! Le pire serait de faire un art martial pour les femmes, par des femmes, un art martial féminisé, cela serait un non-sens total. Mais ce type de promotion reste un outil qu’il ne faut pas rejeter.

527007_10202373603126931_1059776209_nPAGT : On peut comprendre qu’il est plus difficile pour les femmes de venir au dojo. Souvent elles gèrent les enfants, la maison, en plus de leur travail. Il me semble que la plupart des femmes ont, malheureusement, souvent moins de temps libre que les hommes.

Hélène : Oui, mais c’est valable pour tous les arts martiaux, et au-delà, pour tous les sports. Alors pourquoi cette désaffection de l’aikido ? Je ne sais pas. Ou alors, un problème de promotion de nos instances dirigeantes? Les femmes ont encore une image des arts martiaux violents, durs physiquement, voir agressifs. Il faut leur faire comprendre que sur un  tatami, les hommes et les femmes sont mélangés, les âges aussi, les poids, les tailles etc. Cette image, de notre réalité, n’est pas spontanée dans l’esprit du public féminin.

PAGT : Quand je travaille avec un homme, un combat viril s’instaure de lui-même, et je joue des muscles beaucoup plus, et du coup, je sors de la sphère aiki. Quand je travaille avec une fille, ou une femme, j’ai souvent l’impression de mieux travailler. Je relâche mieux mes tensions, je suis moins brusque, plus attentif… Toi, dans ton enseignement, ta féminité modifie-t-elle ton approche pédagogique ?

Hélène : En tout cas j’essaye de ne pas féminisé mon aikido. Je vois la problématique plutôt en terme de gabarit. Il y a des hommes très légers, même fragiles, et des femmes très costauds. Mais là ou un homme palliera ses défauts par de la force, elles, seront coincées. Les femmes deviennent du coup plus technique par compensation. Elles développent plus de précision, avec de meilleurs déplacement, ou angles de projection.  Les gens disent que l’aikido est un travail sans force. C’est faux. Il faut bien utiliser les muscles pour bouger. Il en faut un minimum. Mais on confond souvent force et puissance.

PAGT : Tombes-tu parfois sur des hommes qui, condescendants, jouent à te tester en faisant les bonhommes ?

Hélène : Ca m’est arrivé, mais plus aujourd’hui. Pour le moment ! Quand je suis arrivé au 3e dan, j’ai eu quelques expériences ou je sentais que je devais faire mes preuves. Est-ce que c’était parce que j’étais une femme ou parce que j’atteignais un certain niveau ? Je sais que les générations précédentes ont subi ce genre de tracasserie. J’espère pouvoir, dans le futur, faire comprendre que  ce n’est plus une question homme femme.

profPAGT : Mais  les femmes ont-elles certaines facilités par rapport aux hommes ?

Hélène : Quand on n’a pas de force, on ne peut pas en mettre et il faut bien trouver d’autres solutions. Du coup les filles ont moins ce problème d’utiliser trop leur force. Quoi que…Quand on se promène à l’étranger, on se rend compte que c’est assez culturel. Il y a des femmes qui travaillent très « dur ». Notamment dans les pays de l’est, comme en Pologne. Là, tu vois que les femmes travaillent aussi dur que les hommes. A l’inverse dans les pays du nord comme en Suède, les hommes travaillent aussi souple et léger que les femmes. Cela  d’ailleurs ne veut pas dire qu’ils ne sont pas puissants, bien au contraire ! Cela doit venir d’une certaine manière d’enseigner ? Et je pense en effet qu’il y a un problème culturel chez nous. Quand je discute avec mes collègues féminines, il y en a encore beaucoup qui se trouvent « handicapées » parce qu’elles sont des filles ! Mais non les filles, vous avez les atouts de votre gabarit ! Et il est important que les femmes ne se limitent pas « mentalement » à cause de  leur féminité. Au contraire, notre féminité doit présenter des avantages et non des handicaps, en souplesse, rapidité, etc. Il faut vraiment sortir de cette sempiternelle différence homme femme, parce que sinon, on ne va pas s’en sortir ! Et je pense qu’il  y a encore beaucoup de travail à faire. Aujourd’hui, on peut devenir enseignante sans problème, accéder à des postes de cadres. Mais je ne me voile pas la face, il y a encore beaucoup à progresser sur ce point, parce que c’est sociétal : les problèmes de parité, de machisme, de condescendance, ce n’est pas que dans les arts martiaux, mais partout dans nos vies de femmes. L’aikido n’y échappe pas. Alors prenons notre courage à deux mains et faisons avancer les choses. On a tout a gagner, vu que nous ne sommes pas encore bien nombreuses sur le terrain !

PAGT : Et encore, 15 ans en arrière, les femmes enseignantes n’étaient pas légion….

Hélène : Non, et crois-moi, les ambiances de dojo étaient beaucoup plus dures pour nous. Ça se ressentait vraiment. Mais attention, il y avait des conflits hommes femmes, et aussi des conflits femmes femmes ! Il y a 15 ans, oui, j’ai subi beaucoup de misogynie. On me rabaissait beaucoup parce que j’étais une femme, il y avait des tentatives de découragement ! Mais les rapports avec les autres filles étaient aussi souvent très dur. Parce que les filles étaient très bagarreuses, mal dans leur peau, en cherchant à être meilleures que les hommes, en étant toujours dans le « faire ses preuves ». Il n’y a pourtant aucune raisons, on est des femmes, il n’y a rien à démontrer. Et beaucoup de celles qui étaient dans ce combat ont disparues, puis est arrivé une nouvelle génération de pratiquante qui savait être femmes et pratiquantes aikido sans problème. Mais  j’insiste : sans avoir à féminiser l’aikido. Et il faut vraiment se garder de le faire. Il faut dire aussi que les mentalités des hommes ont aussi évolués, fort heureusement, même si il y a encore des progrès à faire. Aujourd’hui, les enseignants hommes, n’ont aucun problème à prendre des ukes femmes, alors qu’il y a 15 ans…Et ça passe encore par beaucoup de communication , autour des jeunes, des femmes et par les instances fédérales. Je ne parle pas de parité, c’est un mot trop à la mode, mais juste de… rééquilibrage ?

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L’AIKIDO ET SES OBJECTIFS…

PAGT : Quelles sont pour toi les valeurs essentielles de l’aikido, qu’est-ce que cela t’apporte ?

Hélène : Au départ, je suis tombé dedans comme Obélix, alors ce genre de questions ne m’effleurait pas. Et au fur et à mesure que l’âge passe (rires), et que je progresse dans ma pratique, ces questions arrivent plus intensément. Déjà, l’aikido m’a apporté beaucoup de confiance en moi, moi qui étais une enfant très timide, cela m’a vraiment aidé, en m’ouvrant aux autres, en enrichissant mes relations. Mais finalement, …je trouve que l’aikido, ce n’est jamais que ce qu’on en fait! Certains me disent, que quand ils ont commençé l’aikido, ils voyaient les grandes valeurs, d’amour de paix, d’ouverture, etc. Et au bout d’un moment, ils se sont rendus compte qu’ on avait les mêmes problèmes dedans que dehors ! Parce que l’aikido, c’est pratiquer par des gens. Donc l’aikido, ce n’est que ce qu’ils en font. Et chacun n’en fera pas de la même manière qu’un autre .Il y a des gens qui vont pratiquer des années et des années et qui…n’en tireront rien !

Il y a un moment où il faut s’emparer des choses pour les intégrer à sa vie. Je pense qu’il faut que vienne une prise de conscience , si on veut aller plus loin et profiter de ce que l’aikido nous propose. Sinon on fait de l’aikido comme on ferait de la gym. Et pourquoi pas d’ailleurs…L’aikido est avant tout un système d’éducation. On apprend au travers  de la technique, par la mise en application de principes, dans lesquels on va s’immerger. Et à un moment, nous pouvons les mettre en applications dans sa propre vie, hors du tatami. Et finalement, hors du dojo, l’entrainement ne s’arrête peut être jamais.

IMG_3252PAGT : L’aikido, au-delà de la self défense, a de vraies applications dans notre vie…

Hélène : Bien sûr ! L’entrainement ne s’arrête jamais. Dans nos relations de travail, dans la gestion des conflits avec les autres, gérer le stress, savoir quand rentrer dans l’action, laisser passer pour mieux revenir, ou relâcher une tension … Dans le métro même, en étant plus vigilant, on se déplace plus naturellement dès que quelque chose se passe . L’aikido se met en pratique dans la vie et dans nos relations. Mais, il faut en prendre conscience ! Ce n’est pas une formule magique qui va faire qu’au bout de x années de pratique on va s’éveiller. Il y a forcément un petit travail  à faire pour aller plus loin que la technique.

 

Merci Helene, ce fut un plaisir de te rencontrer et de pratiquer avec tes élèves. Au prochain stage!
http://www.olympiadesaikidoclub.fr/professeur.php

http://www.bagnoletaikidoclub.fr/

 

Aikido à Zurich avec les eleves de Kurt Bartholet 6e dan

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Mardi 16H00. Atterrissage en Suisse à l’aéroport de Zurich. Je récupère une voiture et je file à mon hôtel. Je vide ma valise et je prépare fissa un sac avec keiko gi, zori, hakama, une serviette et du change. Dix minutes plus tard , je repars vers le Dojo de Kurt Bartholet. J’ai récupéré l’adresse du dojo la veille, et je me laisse guider par mon GPS. Il m’indique 20 minutes de trajet. Ca va. Le cours est à 17h30, je serais en retard, tant pis, on verra bien. Je récupère la rocade et je sors en suivant 5 km d’une petite route qui grimpe en lacet. Une légère inquiétude m’envahit. Mon niveau d’allemand ridicule m’aurait-il fait tromper d’adresse? Parce que là, j’ai l’impression de partir en pleine montagne…

Ceci dit, la route est jolie, je passe quelques chalets, ca grimpe, mais me voilà enfin arrivé devant un joli ensemble de bâtiment d’allure moderne. Je rentre au parking , et je monte l’escalier extérieur. Enfin un dojo, mais des pratiquants de Qui jong ou autre tai chi chuan l’ont déjà envahi. On m’indique le dojo aikido à deux pas.ouf! On va pouvoir commencer les choses sérieuses.

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Je rentre au dojo, passe devant une petite salle sympa trés accueillante, cosy, atmosphère orientale. Je me déchausse et je pénètre dans le vestibule ou j’aperçois les vestiaires derrières de grands rideaux rouges. Les bruits familiers de chutes sur tatamis me rassurent à ce moment là. Je suis bien là où il faut ! Une fois en tenue, je me rends près du tatami. Un homme aux cheveux blancs, souriant, presque jovial, dirige un cours devant une dizaine de débutants. Le dojo est très joli, une porte fenêtre est ouverte sur une terrasse donnant sur la nature. Atmosphère paisible et relaxante. Je me positionne en seiza au bord du tatami. J’avais prévenu le sensei des lieux, Kurt Bartholet de ma venue via facebook, et celui-ci m’avait gentiment  invité à participer au cours quand je le souhaite.

Beat Shönbächler, une fois les consignes données à ses élèves, vient me voir. Je me présente brièvement et il m’invite sans plus attendre à les rejoindre. Le cours de Beat est vraiment passionnant, autour d’une approche des « randoris », ou plutôt : Tanenzugake. Irimi nage sur shomen, kotegaeshi sur chudantsuki et shihonage sur yokomen, avec deux adversaires. Et tout cela avec vraiment beaucoup de bonne humeur. Beat donne ses consignes en allemand, auquel je n’entends rien (j’ai appris la langue de Goethe avec la grande vadrouille option la vache et le prisonnier!). Mais de temps en temps Beat, très gentiment me donne quelques explications en anglais, et même quelques mots de français.

kurtLe cours se termine avec le salut shinto rituel, puis nous formons un cercle pour « debriefer ». Un nouveau cours va commencer , cette fois avec une jolie jeune femme comme enseignante, Angela Wûnche, 3e dan.Pour ce deuxième cours, encore pour débutant , mais plus avancé, je suis le seul élève en Hakama. Et du coup, Angela me sollicite beaucoup comme Uke. C’est un plaisir immense, mais aussi un défi, vu que je ne peux pas écouter ses consignes en langue germanique. Je suis bien obligé d’être à l’écoute autrement, et là, cela devient passionnant. Le cours est d’un niveau un peu plus élevé, et comme angela me fait pas mal valser pendant ses demos, je sors du cours , …en ruine. Mais tellement ravi! Je finis par Kokyu Ho avec ma ravissante sensei. 3 heures de partage merveilleuse donc.

1379742_513271312116788_287725748_nAngela a un sacré parcours. 3e dan, apres des débuts en Karate, elle a commencé l’aikido à Dresde en Allemagne, pour  passer ensuite plusieurs années à Dublin avec Guillaume Errard et Cyril Lagrasta. Pas moins que çà!  Elle vient souvent en france, avec Pascal Durchon, Philippe Orban ou Christian Tissier, et  va tres régulièrement au Hombu Dojo se ressourcer. Passionnée de sabre, elle suit les cours du Kashima shin ryu au Shiseikan dojo de Tokyo. Angela est un amour d’enseignante, si gentille et grande pédagogue. Un bonheur.

Le monde est trés petit. Il faut que je vienne en suisse pour rencontrer une allemande avec qui j’ai des amis francais en commun, qu’elle a connue en Irlande et moi au cours d’un stage avec un sensei italien( Sandro Caccamo)! It s a small world after all  …

Deux jours aprés , me revoilà au Dojo. Beat assure encore une fois le cours débutant, en suivant la logique de son cours du mardi. Cette fois, une jeune Shodan, sandra est là. Et du coup Beat nous fait travailler ensemble tout le cours. Du coup ca bouge pas mal et je finis le cours trempé comme une soupe. Beat m’apprends qu’il a les deux genoux refaits et m’explique qu’il a du mal à les plier et à chuter rond. Malgré cela, il assure un cours  ou il chute beaucoup, ne ménage pas sa peine, et tout en sourire. Il donne même l’air de s’amuser énormément! Je dois avouer qu’il force l’admiration. Beat, 4e dan,  a commencé l’aikido en 76 avec Maitres Kobayashi et Noquet. Tres attachant, on prend un plaisir immense à travailler avec lui. Une trés belle rencontre.

catherineLe cours de Beat se termine, Catherine Raymond arrive. Cette 2e dan, qui a commencé l’aikido avec Kurt Bartholet, débute son cours par un échauffement tres… dynamique. Moi qui suis déjà en sueur… Heureusement la suite de son cours est tout en souplesse et relâchement, autour de kata dori men uchi. Robert, en hakama, lui sert de uke. Tant mieux, je vais pouvoir souffler pendant les demos. Catherine passe travailler avec chaque élève sur chaque atelier. On sent chez elle, beaucoup de fermeté et de rigueur, mais avec beaucoup de délicatesse et de sourire.

Je n’aurais pas rencontré Kurt Bartholet cette semaine, mais c’est parti remise.  Ceci dit, la rencontre avec ses élèves me donne une idée des qualités de cet enseignant. Kurt a fondé ce dojo en 1986, en rejoignant la fédération aikikai du Lichtenstein, sous l’égide d’Endo sensei. Il assure des séminaires en Jordanie, en Israel, aux Usa comme en europe. Ces élèves ont vraiment une chance fabuleuse, non seulement d’avoir un sensei de ce niveau, mais de pouvoir suivre aussi les cours de ses disciples 2 , 3 ou 4e dan. Dans un magnifique Dojo, placé au centre d’un environnement à couper le souffle, pres des Alpes suisses, Kurt organise régulièrement des stages avec Christian Tissier, Philippe Gouttard, Jan Nevelius de suède ou Endo Sensei lui-même! Une semaine parfaite à tout point de vue.

Si vous passez en suisse, notez cet adresse dans votre GPS, vous ne serez pas déçu!logo-schrift_weiss

Prochain voyage: retour en Algérie à Oran!

Le site du dojo : http://aikido-zuerich.ch/de/

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