Budokas entre ombre et lumière.

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Je n’avais encore jamais  assisté à ce fameux festival des arts martiaux de Bercy. Cette année, l’occasion se présentait bien avec mon fils de 13 ans et deux amis. Je ne m’attendais pas à de grandes surprises, juste à un spectacle haut en couleur, comme j’aime à en voir …chez Gruss. Des acrobaties chinoises, des jongleurs de nunchakus, des coupes de sabres et de la casse de brique pour le spectaculaire. Peut-être même un trampoline et des clowns ! De quoi applaudir sous le chapiteau, mais avec en plus, quand même,… la découverte de pratiques martiales venues des quatre coins du monde, en espérant une belle démo d’aïkido, peut-être des kendokas tout hurlement dehors, et de jolies chorégraphies wushu.

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Loin de vouloir paraitre ironique ou de bouder mon plaisir, je ne fus pas déçu par ce show magnifique, il faut le dire. Le spectacle fut à la hauteur de mes attentes, et j’ai beaucoup applaudis des deux mains. Un peu déçu quand même, car ni Kendo ni iaido,  mais une démo splendide de Leo Tamaki et ses élèves (bon, on prêche un convaincu ici), de superbes kata Kashima ryu par Pascal  et Bruno, de très belles démo taekwondo et kyokushin, ou les enfants furent à l’honneur. Et ça, ça m’a fait très plaisir, que l’on mette cette très jeune génération en avant, et pas seulement les grands experts de ces diciplines. Et ils furent vraiment impressionnants, très impressionnants, avec beaucoup de fraicheur et d’enthousiasme. 3 heures de trés beau spectacle donc.

 

Il y en a eu d’autres qui m’ont impressionné ce soir-là. Plus qu’impressionné : bouleversé… Je ne parlerais pas de ces démonstrations festival-arts-martiaux-2014d’ « efficacité martiale », à grand coup de pied dans l’entre jambe et de doigts dans les yeux. Même au MMA, des règles ont étés mises en place et certains coups sont interdits.  Bien sur,  en Iaido, kenjutsu et autres arts de la lame, on tranche, on eviscere, on décapite, c’est vrai. C’est pour cela que le reishiki existe. La vraie victoire n’est-elle pas de ne pas sortir sa lame? De plus, à part quelques psychos, personne ne se ballade avec un katana. Ici,  on a même eu droit à des coups de feu ! Chacun a droit à sa place, pour s’exprimer, c’est la loi de la diversité, et c’est sain. Mais que dire de ces  sports de self défense où l’on apprend à tuer, à détruire, et peut être ce qui est pire, donner l’illusion que l’on pourrait apprendre à se défendre contre une arme à feu. Comme le dit une prof de mes amis » Si tu veux faire un budo juste pour apprendre à te défendre, commence par apprendre à courir ! ». Car pour vraiment faire face à un couteau dans la rue, avec plusieurs adversaires vicelards, avec le stress et la peur, il va falloir déjà  un peu plus que quelques cours de self defense…

Alors je m’interroge sur  le sens du mot Budo ou celui « d’ART martial ». Faut-il mieux apprendre à vaincre, ou apprendre à ne pas être vaincu ? Comment peut-on supposer gagner un combat, en ôtant toute dignité à son adversaire ? Est-ce là un modèle pour la jeune génération. On m’a expliqué il y a peu, que l’objectif de l’aïkido, mais cela vaut aussi pour les autres budo à mon avis, est d’œuvrer à la construction d’une société meilleure, ou du moins son amélioration. Bu DO, la voie du guerrier. Celui qui détruit, qui fait couler le sang ? Ou celui qui protège, qui veille sur ses proches,  qui rassure et fait face ?

home-no-differenceLa réponse est venu pour moi avec les pratiquants du combat libre «  No difference ». Et quelle leçon ! Claudio Alessi, est venu avec ses élèves, tous handicapés, plus ou moins lourds. Autiste, Trisomique, para et hémiplégique, aveugle. Ce à quoi nous avons assisté ce soir était simplement prodigieux. Avec leurs « faibles moyens », mais avec un courage et une détermination extraordinaire, Julien, Alex, Anthony, Simon, et Colin  nous ont offert une démonstration de karaté, jujitsu  et de nunchaku, d’une intensité inouïe. Loin ici les exploits barnumesque des experts Xème dan en nunchaku, bâton et autres machine outils, (même si ils étaient très bien, quand même, il faut leur rendre grâce!). Ce qu’ils nous ont offert ce soir-là, fut la plus belle démo de budo à laquelle j’ai pu assister. Courage, persévérance, détermination et encore du courage pour se produire ainsi à Bercy devant une foule venue voir les champions du MMA !  Démo accompagnée par une magnifique chanson, « Sakuranbo » entonnée merveilleusement par Kimka, paraplégique, qui n’a que sa voix pour arme. Mais la foule ne s’est pas trompée. Le public est debout, applaudit à tout rompre, les gens sont en larmes. Moi-même, l’émotion me submerge devant tant de pugnacité. Et quel mérite pour cet enseignant, Claudio Alessi. Dire qu’il est expert en Karaté Kyokushinkai, art décrié parfois pour sa soit disant violence. Mais là on a vu, de mon point de vue, un vrai BUDOKA. De vrais budokas. Alors peut-être n’y a-t-il pas de mauvais élèves, ni de mauvais budo, mais peut ,être juste  de mauvais professeurs ?

Cela ma rapellé un souvenir quand j’etais ado. je m’essayais alors au shotokan, et il y avait ce monsieur , en ceinture blanche et keikogi mal ajusté. Il venait tout les jeudis avec son fils hemiplegique de 17 ans. Il le faisait marcher, sur des semblants de katas. tout les jeudis soir,sans relache ni lassitude, dans un coin de tatami, tout seul avec son fils…le prof aurait du leur remettre une ceinture noire.

 

Finalement, cette 29e nuit des arts martiaux était une complète réussite.

PS : j’ai recu il y a peu cette image sur facebook. Une des plus belles que j’ai vu…

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Pour moi, c’est cela le Budo, et pas enfoncer ses doigts dans les yeux de son partenaire. Courage, respect, humilité. Osu!

 

 

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