Archive pour décembre, 2013

Dernier cours de l’année à Rouen

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Aprés trois mois d’existence , et une vingtaine d’articles publiés, il me semblait normal d’en faire un sur le club  de ma ville, Rouen. Même si mon club d’affiliation est celui de saint pierre de Varengeville, à 10 km de la capitale normande, le club de Rouen est quand même une adresse incontournable de la région, et j’y passe le plus  souvent possible, en cours ou en stage. D’abord pour la qualité de l’enseignement prodigué ici, avec des professeurs 2e, 3e et  4e dans, des cours tous les soirs du lundi au vendredi, avec en prime un cours le lundi midi, et parfois le samedi matin lors de stage privés. De plus de nombreux stages s’y  déroulent avec des invités de marques comme Bruno Gonzales , notre DTR, mais aussi Mare Seye, Philippe Coconi, ou Eric Marchand pour les formations enseignants. IMG_2486

Ce soir, c’est le dernier cours de l’année. Alors on est en nombre restreint, 5… Mais qu’importe pourvu qu’on ai l’ivresse :)

Ce soir c’est Béa, 2e dan qui assure le cours, devant Philippe, 4e dan , qui du coup, lui,se retrouve avec les élèves. Situation pouvant être intimidante pour béa , mais il en faut plus  pour la destabiliser , et elle nous assure un excellent cours  en  Henka waza, inspiré du dernier stage enseignant avec Eric Marchand. Pour Jane, débutante de l’année, et la seule du groupe sans hakama, c’est un peu complexe, y compris pour moi,mais tout le monde est évidement la pour l’aider au mieux et du coup, elle s’en tire trés trés bien. J’aime bien travailler en petit groupe, c’est plus chaleureux, on passe trois ou quatre fois avec chaque partenaires, cela crée un contact différent des cours  de 20 à 30 pratiquants comme cela arrive ici quelque fois. En plus finir l’année avec une femme pour enseignant, je ne boude pas mon plaisir, vu qu’elle ne sont pas si nombreuses.

En fin de cours, je passe un peu de temps avec Philippe et Béa sur le tatami avec une discussion passionnante sur l’histoire du club et l’aikido en général.

patrice AGT :-Tu peux me parler de l’histoire du club de rouen?

 Philippe : – Le club a été crée en 1981.  Quand j’ai commencé l’aikido en 85-86 , le club existait donc déjà. Il n’y avait alors deux profs premier dan, Pascal Raymond et Philippe Thiry qui sont finalement partis  vers d’autres villes,  à la fin  de ma première année de pratique. Et c’est les 4 premiers kyus qui ont alors repris le club!  Les cours ont été dirigés par Bruno Rivière qui n’était alors donc que ceinture marron mais allait devenir le professeur du club et former ainsi toutes les ceintures noires actuelles.  Bruno avait un trés bon niveau pour un premier kyu, il allait souvent chez Christian Tissier, et avec son bagage de prof de sport, il apprenait vite et bien, et rapidement, il a passé son shodan.

IMG_2489PAGT : -Bruno Rivière a donc été le premier professeur gradé du club?

Philippe : -Oui, puis il a passé ses dans jusqu’au 4e. Entre temps nous avons eu aussi   comme enseignante pendant une saison, Hélène, qui nous venait de Strasbourg. Et puis Pierre, Patrick et moi nous avons commencé a donné des cours ici. Puis Bruno est parti dans le sud, alors on a repris le club. Au début on avait des craintes, sans Bruno qui nous chapotait depuis le début de notre carrière.

PAGT : -Dans ce dojo même?

Philippe : -Non on a pas mal bougé. On s’est ainsi retrouvé au lycée Jeanne d’arc dans la salle de sport.On n’avait pas de tatamis, mais des convertibles en mousse, un practice de gym! Ce qui est bien, c’est que tu peut chuter n’importe comment tu ne te fais jamais mal, à part se bruler les pieds. Mais quand on allait ailleurs, on trouvait que c’était dur du coup! Et puis on eu cette salle  à la piscine Diderot, 112 Bld de l’Europe, sur la rive gauche.C’était en 1992. Et depuis ça fait pas mal de ceintures noires de formées ici. Tu vois Pierre et moi on est 4 e dan, en ayant commencé 6e kyu. Et pas mal de 3e dans, etc…

PAGT : -Ce qui me marque aussi ici, c’est les échanges fréquents avec les gens du  club FAAB du Havre René VDB, on se croise beaucoup, en stage, ou en cours…

Philippe : -Ah bien sur, il n’y a aucun, mais alors aucun soucis à ce niveau. je me souviens que, à une époque,  il s’organisait souvent des stages conjoints FFAAA/ FFAB, je ne sait pas si cela se fait toujours…Tu sais les dissentions, elle se passent dans les hautes sphères pour des histoires politiques, de territoires, etc.. A notre niveau…J’ai fais quelques stages avec maitre Tamura, à l’époque, on était trés bien accueillis, aucun problèmes.

PAGT : -A Rouen, le chef de file, ça reste quand même Christian Tissier?333602_110023139108276_1994968035_o

Philippe : -Moui , mais c’est pas aussi fermé.  Franck Noel, par exemple, vient régulièrement sur Rouen. Mais il faut comprendre une chose. Les membres du clubs suivent qui ils veulent, ça ne causent aucun problèmes.Par contre, au niveau de ce que nous on propose, nous avons une unité technique, avec des références cohérentes et claires. Certes ici, ce sont celles de christian Tissier, mais ça ne veux pas dire que les autres sont moins bien. Notre objectif est juste de fournir des références claires à nos élèves pour les construire, dans un cadre cohérent.

PAGT – Se construire avant de trouver son Aikido…

Béa : -Mais oui, parce que aprés, quand tu est 2 ou 3e dan, par exemple, tu peut peut être entrevoir que certaines approches te correspondent moins. Ce n’est pas qu’elles sont « moins bien », c’est juste qu’elles ne te correspondent pas, du fait de ton propre corps, ou de ta sensibilité. Moi j’aime l’aikido quand il est simple, épuré, d’autres aimeront un aikido plus raffiné, plus sophistiqué quand moi j’ y verrais trop de manièrisme, mais c’est ma sensibilité. Celle d’un autre n’en ai pas moins noble.

Philippe:  -Par exemple, tu connais certain senseis qui ne sont pas des  montagnes de muscle,presque freles, mais qui du coup développent un aikido  propre a leurs corps et à l’utilisation qu’il peuvent en faire. Et du coup, tu vois la puissance qu’il peuvent malgré tout développer ! Moi je ne suis pas rapide , vois tu, je dois donc utiliser d’autres armes.

Béa : -Et puis surtout , il faut rester humble…

Philippe : -et être construit…

Béa : -oui mais humble !

Merci les amis,  j’aurais passé une année d’aikido formidable. Celle qui vient le sera assurément aussi. Alors passez tous de bonnes fêtes de fin d’année, vivez vos passions, et restez humble!!!

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http://www.aikido-rouen.com/

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Entre Aïkido et Barbecue, avec Julien Coup et Issei Tamaki à Herblay.

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Il est de ces stages grandes messes, certes passionnants, où l’on croise quelques amis, où on retrouve quelques professeurs, où l’on fait de belles nouvelles rencontres et où en fin de cours, on peut se risquer à saluer le sensei pour le remercier. Si au niveau pratique, ces stages sont toujours riches, j’y trouve souvent un côté un peu impersonnel, un coté séminaire professionnel…IMG_2427

C’est mon deuxième stage chez Issei à Herblay dans le nord de paris, près de Cergy Pontoise. Ici, on n’est pas cinquante sur le tatami, une vingtaine au plus et on est sûr que sur les six heures de stage de ce dimanche, on va pouvoir croiser plusieurs fois chaque pratiquant, et donc, de pouvoir mieux briser la glace, et établir de beaux contacts. Les stages sont autant d’occasions de pouvoir travailler avec des personnes avec qui on a pas d’habitudes, aux multiples facettes, hommes ou femmes, grands ou petits, frêles ou costauds, jeunes ou moins jeunes, souples ou raides, et bien sûr, débutants ou vétérans. Mais en même temps, je vais pouvoir partager plus que trois minutes avec chacun, et donner à tous  mes partenaires, une vrai densité humaine.

IMG_2433Issei a la bonne idée de souvent partager ces stages avec d’autres sensei, comme ici son ami Julien Coup d’Argenteuil, ou d’autres comme Tanguy, Farouk, Herve et bien sur Leo. J’emploi leur prénom à dessin. Depuis que je commence à fréquenter cette « bande de copains », je me rends compte de plus en plus de la dynamique fraternelle de ces enseignants, autour d’une pratique, construite sur une base commune, mais enrichies de nombreuses approches en résonances, ou chacun est libre d’apporter sa personnalité et son histoire. Ainsi, j’ai ici l’opportunité de pouvoir recevoir de deux senseis dans la même journée, ou chacun rebondit sur les idées de l’autre, mais en suivant sa propre approche.

Mais ce qui est pour moi le plus formidable, c’est l’ambiance confraternelle qui règne lors du stage. Issei comme Julien, font preuve d’une grande proximité avec tous les pratiquants. Non seulement sur le tatami, où leur bienveillance naturelle remplit l’espace, mais aussi  hors du tatami, ou Issei et julien deviennent de joyeux camarades, humbles et chaleureux. Issei, calme, très rassurant, avec une volonté évidente de vous élever, Julien, plus énergique, donne l’air de s’éclater et on rit beaucoup (ce qui me rappelle Brahim si Guesmi dans le même genre), bref un chaud froid qui prend très bien, et qui donne une réelle consistance à ces 6 heures. Pour info, le stage avait aussi lieu le samedi matin, mais je ne peux pas être partout non plus ;) .IMG_2446

Quand au contenu, pour être riche, c’est riche. Après ces fameux échauffements en souplesse, Issei nous emmène dans son travail corporel, ou l’on essaye d’être à l’écoute l’un  de l’autre, ressentir les déséquilibres, pour en arriver a un travail sur shomen. Aprés 1h 30, Julien prends le relais, dans un travail d’effacement du corps, avec quelques kaeshi waza en prime. L’approche est vraiment différente de ce que je vois en général, aussi c’est encore déroutant pour moi, mais ce travail est une source d ‘ouvertures inouies. Un stage avec Issei, et ses amis, apporte beaucoup, bien sur techniquement, mais plus encore , sur la sensibilité aux autres, avec un travail de corps incroyable.

Pause déjeuner autour d’un barbecue de chantier aussi simple que chaleureux .Chacun a apporté ses spécialités, quelques bières, quelques jus de raisins, pleins de bonnes choses, de jolies tartes et gateaux. On a même un petit expresso bienvenu, car même si je ne me suis pas trop chargé, j’appréhende le cours de l’après midi, comme mes autres amis…

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Julien reprends malgré tout, en douceur au jo. Katas pour commencer, puis jo nage et les gateaux comme la bière me donne l’impression de peser 20 kilo de trop. L’apprentissage des chutes avec un jo se revèle une expérience périlleuse en première approche, puis finalement accessibles!. Issei reprendra avec une étude de sutemis sur ryo kata dori, puis quelques projection en douceur pour se détendre.  J’espère retrouver Issei au prochain stage d’Herblay. Quand à Julien, je le retrouverai fin janvier à Valence en espagne.IMG_2455

IMG_2420Sans oublier un rendez vous que j’attends depuis longtemps, le 18 et 19 janvier avec Hino sensei, ou je retrouverai mes camarades de jeux avec beaucoup de plaisir !

 

 

 

 

 

 

 

 

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A Limoges avec Jean Louis Dupuy, 7e dan

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Pour une nuit à Razes, village perdu à 30mn de Limoges, je me suis mis en chasse d’un dojo dans les environs. D’abord il a fallu me rendre à l’évidence, La FFAAA, ma fédération, est complétement absente de la région limousin ! Alors je cherche sur le site de la FFAB, et ouf sauvé, il y a du choix. Je vois alors qu’il y a un cours ce lundi soir au LAM, au Dojo Robert Lecomte. FFAAA, FFAB, peu importe, si il y a un dojo et des pratiquants, je suis preneur. De plus l’enseignant n’est autre que Jean Louis Dupuy, 7 e dan. Je ne le connais pas, j’espère juste que mon passeport concurent ne me fermera pas la porte du cours de ce soir.

19H40, me voilà sur place. Devancé de quelques élèves, Le professeur arrive, un monsieur aux cheveux blanc, petit, trapu, l’air gaillard malgré son âge avancé. Je vais à sa rencontre pour le saluer et me présenter.  Très vite, le ton est donné :

-«  Tu es de passage ?! Soit le bienvenu, tu es quoi ? FFAB ?FFAAA ?

-« FFAAA… »

-« Parfait, aucun problème, tu peux aller t’habiller, tu pratiques où  ça? »

- «  A Rouen, mais je ne suis que petit 2e kyu »

- «  Eh beh quoi, c’est déjà pas si mal, et puis à ton niveau, une fédé ou une autre, tu t’en fous, tu auras le temps d’y réfléchir quand tu seras 2e dan ! »

Et nous voilà à rire de bon cœur tous les deux.

pliageJean Louis Dupuy assure l’échauffement, en douceur, axé sur la respiration, puis sur un tenkan il nous fait bosser sur une trentaine de chutes avant et autant en arrière, ça chauffe !

Apres avoir démontré un exercice de déplacement, il vient me voir : «  Toi, tu n’as pas regardé », me dit il goguenard, « Tu es dans un schéma qu’on t’a appris, c’est bien, mais ce n’est pas ce que j’ai montré » il me refait voir, en effet, je suis out. Il faut que je me libère l’esprit et que je sois plus attentif, pour profiter pleinement de ce que le sensei m’offre au lieu de répéter ce que je crois savoir.

Il forme deux groupes, un pour les nouveaux et débutants complets, l’autre pour les hakamas. Ce soir, il souhaite que les hakamas bougent un peu, et …que ça pulse. Sur sa deuxième démonstration, il m’appelle au centre comme uke. Je suis honoré mais un peu tendu, avec je dois le dire, la crainte de ne pas être à la hauteur face à ce 7e dan, mais finalement cela se passe bien. A chaque étape du cours, il passe me voir pour me prodiguer ses conseils. » C’est quoi ça ? De la danse ?  Tu es dans le gestuel, raccourcis tes mouvements, engage ton corps, oh purée c’est pas vrai, toi tu veux jouer avec ta vie là ! » Toujours avec un grand sourire, beaucoup d’humour et de bienveillance qui transforme son cours en vrai bonheur.

Apres le salut final, Il se lève et en quittant le tatami, regarde la pendule «  Bon sang, que le temps passe vite, très vite, vous verrez…tiens demain si ça trouve je me réveillerais mort ! » Et tout le monde éclate de rire ! Quelle sagesse, quelle lucidité et quel humour !

Dans les vestiaires je m’entretiens un peu avec lui.

-« C’est bien ce que tu fais, de papillonner de dojo en dojos »

-«  Vous me faites bien plaisir, parce que je me demande parfois, si ce n’est pas contreproductif … ?»dbutants4%202010

-«  Mais pas du tout, c’est ça le vrai aïkido ! Celui qui te diras le contraire  n’a rien compris à ce qu’il fait ! Continue de butiner, c’est très bien, et un jour, tu trouveras peut être ton propre aïkido, il n’y a pas UN Aïkido. Ceux qui pensent cela sont des mas-tu-vus. D’ailleurs un bon conseil : ne copie jamais ! »

-«  Je ne crois pas que cela existe dans d’autres budo ou sport , cette opportunité de pouvoir échanger, rencontrer amicalement autant de pratiquants, toujours bien reçu  avec chaleur et générosité »

-« Peut etre est-ce l’absence de compétition. Nous ici on est comme une grande famille, on fait régulièrement des pots, des anniversaires, etc parce que ça, c’est encore de l’aikido ! »

Merci à vous tous, merci Jean louis !

Et à trés bientôt !

Le site du dojo : http://www.aikido-lam.com/

 

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Première rencontre avec Leo Tamaki et ses élèves.

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De passage sur la capitale pour un soir, j’avais décidé en premiere approche de me reposer tranquillement à l’hôtel,  vu que j’avais enquillé une série de stage/soirées aïkido/ karaté kyokushinkai et que la fatigue commençait à se faire  vraiment ressentir. Mais voilà, c’est plus fort que moi, et l’opportunité de pouvoir enfin rencontrer Leo Tamaki ne pouvait se manquer. Depuis le temps que j’attendais cela, je me suis fait (un peu) souffrance.

Je ne connaissais Leo que par Internet, et la revue Dragon. J’avais souvent entendu dire que son style, son approche était très différente de ce que l’on rencontre de manière plus académique dans l’aïkido fédéral. J’avais aussi été très intrigué de ce que j’avais pu lire ou voir sur Hino sensei, Akuzawa sensei, Kuroda sensei ou Kono Sensei, avec un travail qui me semblait tout à la fois passionnant et mystérieux. Leo, élève de maitre Tamura, suivait ces « étranges » maitres japonais, et j’avais hâte de découvrir cet univers.kono_sensei_by_heleneRasse-11

hinosenseismiles221J’avais aussi entendu dire que le travail de Leo était parfois déconcertant, voir perturbant. Même que Leo serait surtout un personnage jouant sur son image et son charisme…Ah bon? Autant voir par soi même. J’avais eu l’occasion de rencontrer Farouk Benouali et Issei Tamaki lors d’un stage il y a  peu, et l’approche qu’ils m’avaient alors proposés m’avait complétement séduit. Au cours du déjeuner suivant le stage, je m’étais étonné à Issei que durant le cours on n’avait pour ainsi dire, pas fait de technique, ce qui l’avait fait rire.  Farouk me répondit  alors que pourtant, on n’avait fait quasiment que ça ! Alors je voulais vraiment aller un peu plus loin et rencontrer Leo des que l’occasion se présenterait. Chose faite hier soir au dojo du Boulevard des Batignolles dans le 17e.

Arrivé sur place pour 19h30, je me trouve devant l’entrée mythique du dojo de Maitre Noro.  J’ai une pensée pour lui à ce moment-là, moi qui suis passé plusieurs fois par la, en me promettant de  rencontrer l’illustre grand homme, et malheureusement, cela restera à jamais un rendez-vous manqué…

Korindo Dojo

Le dojo est simplement, réellement, magnifique. D’emblée, on voit qu’on n’est pas n’importe où. A l’entrée, dans son célèbre hakama blanc, Leo est assis sur une chaise près du dojo. Comme je suis de nature timide, et en plus impressionné par le personnage comme par  le lieu, je me présente discrètement  comme patrice, de passage sur Paris. Leo m’invite en souriant à rejoindre le vestiaire, avec une moue amusée me semblant dire « Mais, il n’y a pas de problème, bienvenu».

Une fois vêtu, je rejoins les épais tatamis blanc crème, en seiza face au sensei, qui nous invite à un peu de méditation pour se mettre dans le bain. Je suis comme un môme a Disneyland, je dois l’avouer, et je passe cette minute à regarder autour de moi, émerveillé. Le Dojo est sublime, immaculé, avec quelques plantes vertes.je me sens parfaitement bien et serein, déjà content d’être là, avec en plus quelques visages connu comme Alex ou Marie. Vraiment je suis ravi de pouvoir faire enfin leur connaissance. Quoi qu’il arrive maintenant, ma soirée est gagnante.

Leo invite mon voisin, Germain, à me guider lors des exercices. En effet, ce ne sont pas les »échauffements classiques ». Mais il se trouve que  j’ai eu l’occasion de m’y initier avec Issei dernièrement. Travail de respiration, souplesse,  les fameux ukemis en partant à plat ventre en sollicitant les muscles profonds. Puis en partant couché sur le dos, ramener les jambes en douceur, basculer sur une épaule et glisser sur le ventre…Pas si simple, mais cela vient.

Puis après ces exercices, suivent ceux de sensation, d’éveil  à l’attaque. D’abord en seiza, les yeux fermés, tori avance lentement vers uke sur une attaque sincère mais lente. Il faut arriver à sentir l’attaque au plus tôt et bougé dans le sens de l’action pour accompagner tori. Petit à petit on en vient à réagir avant même que tori vienne au contact. Leo m’explique que ce travail vient avec le temps , mais assez rapidement en fait. Il faut bouger, parfois on se trompe mais tori sera là pour nous corriger. Idem  ensuite debout, et jusqu’ a la chute éventuelle. J’ai cru à un moment sentir comme un picotement juste avant le contact, à moins que cela ne soit que ma sueur…

Ensuite Leo nous montre sur une attaque shomen, comment rentrer en surprenant tori, en lui donnant l’illusion que l’attaque est sur son bras d’action, et  que l’on recule en absorbant, alors qu’en fait, on est en train d’avancer sur lui. On travaillera la dessus par exemple sur naname kokyu nage, aiki otoshi, et koshi nage. Leo : «  Dans un combat de boxe, les gars sont quand même plutôt habitué à prendre des coups. Le coup qui sèche l’adversaire, ce n’est pas le coup qui serait un peu plus fort, ou mieux placé, mais c’est le coup que l’autre n’a pas vu venir ».

On travaille sans force aucune ici. Pour Leo, on doit être comme un enfant face à un pilier de rugby, où vouloir se servir de sa force, bloquer serait totalement vain. L’exemple qu’il me donne est criant sur Aiki Otoshi. Une fois placé pour prendre les genoux d’Uke, J’arrive sans trop de peine à balancer mon partenaire, william, de  de 20 kg de moins que moi, mais …avec mes biceps. Pour lui c’est une autre affaire, vu ma masse… Leo arrive alors et nous explique qu’il a, lui même, peu de chance d’arriver à me soulever du sol (j’en doute…). Je l’attaque sincèrement, et … je m’envole les pieds en avant. Ce qui est le plus troublant, c’est que je n’ai senti aucune force de la part de Leo, stupéfiant. Si on part avec l’idée que l’autre est lourd, on se place une contrainte dans la tête, et on va se durcir pour jouer en force, et donc ne pas bouger uke. Il faudrait « balancer uke » comme on jette un sceau d’eau, relâché, sans force. Mouais, il y a du boulot encore alors…

J’en profite pour travailler avec Alexandre  Grzeg dont je suis «  les exploits «  sur son blog.  Alex sous ses allures félines, presque frêle,  exhalant une certaine placidité bienveillante, quasi  nonchalante, est « très » impressionnant. On sent chez lui beaucoup de douceur, de gentillesse, mais aussi une forte capacité de détermination. Il est encore très jeune, et je ne peux qu’imaginer le niveau qu’il aura dans 10 ou 20 ans. J’ai hâte de le suivre lors d’un de ces stage qu’il anime depuis peu, parce qu’on réalise  vite chez lui le pédagogue d’excellence qu’il doit être.

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La truculente Marie Apostolof est là aussi. Petit bout de femme, blondinette frêle, pleine de gouaille ironique, mais mieux vaut ne  pas s’y fier. Pour l’avoir vu avec Leo, elle a vraiment du métier, et j’espère qu’à notre prochaine rencontre elle me fera des koshi comme promis ;-)).

Au bout du compte, Je ne suis pas surpris de ce que j’ai vu, juste conforté dans ce que j’espérais voir, ou entrevoir. Primo,  Leo n’est pas un gourou, loin s’en faut. Il est souriant, avec cette moue amusée, qui lui donne l’impression de s’excuser. On dirait, et qu’il pardonne  ma franchise, un enfant qui fait des blagues, et qui rit dans sa moustache. On sent qu’il prend un grand plaisir à être la, voir qu’il s’amuse. J’ai vu un homme ouvert, souriant, simple et qui donne envie d’aller découvrir  ce monde dont il nous ouvre les portes. Certes, ce n’est pas de l’aïkido académique, fédéral, en tout cas l’approche est différente, mais pour moi, aucun doute possible, on est bien dans l’aïkido, et même plus, dans l’aïkido qui me plait, celui qui parle à ma sensibilité. Un aikido réaliste qui plus est, très martial. Fin du cours, salut, leo se lève pour sortir. Tout le monde attend sagement en seiza qu’il sorte du tatami. Leo baisse la tete, géné et amusé, nous faisant signe de se lever, semblant dire « arretez vos conneries, c’est génant ! ».

En partant, je lui apprends que je serais à Valencia en Espagne  fin janvier. Leo, m’annonce alors qu’un de ses élèves Julien Coup, devrait diriger un stage  le week end précédent mon séjour ! Parfois la vie fait bien les choses. Ou serait-ce un signe de la direction à prendre ?

Alors, à bientôt les amis !

 hino---paris

Calendrier-Le-o-Tamaki-2013-14

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