Fabrice de Ré : Entre jeu et technique.

 

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Fabrice est probablement une des rencontres les plus importantes de mon parcours. Parce que c’est une vrai rencontre, au sens le plus noble. J’ai rencontré peu d’homme aussi emplit d’humanité, d’envie de partager, et en même temps riche d’un bagage qui force le respect. Ce qui frappe le plus quand on discute avec lui, c’est sa sincère humilité. Comme Il le dit, il n’a rien a prouvé, voulant juste vivre dans le plaisir de faire et d’être. Fabrice ma fait l’honneur de m’accorder une interview après son cours, dans un petit bar lyonnais, avec une bière amicale, tout en décontraction, entre amis. Fabrice nous parle de son livre tout en nous éclairant sur son parcours et sa vision de l’aïkido. Ce fut pour moi un enrichissement extraordinaire, un éclairage dont je vais essayer de rendre le meilleur, même si je garde quelques off égoïstement pour moi ;)img_1944-257x300 dans NEWS

Fabrice De Ré, 3e dan d’aïkido UFA et Aïkikaï, est un élève de Micheline Vaillant-Tissier 6e dan UFA et Aikikai, avec plus de 25 ans de pratique dans les sports de combat et les arts martiaux comprenant le karaté Shotokan et Kyokushinkaï, le Kick-boxing, la boxe Thaï, le Tai-chi et l’Aïkido. C’est aussi un ancien compétiteur en boxe française. Fabrice enseigne aujourd’hui la discipline qu’est l’Aïkido à Lozanne, près de Lyon et est actuellement l’élève de Dominique Rascle, 5e dan UFA et Aikikai sur Lyon. Il vient de  publier cette année un livre événement «  Aïkido, entre jeu et technique » destiné aux enseignants en recherche d’idées pour leur cours enfants de 6 à 12 ans. Ludiques et concrets, ces exercices réalistes et réalisables leur permettront d’aborder avec les jeunes les principes fonctionnels d’apprentissages et les techniques éducatives d’Aïkido. Cet ouvrage est composé de 100 exercices répartis sur cinq chapitres comprenant, le psychomoteur, les fondamentaux, la non opposition et déséquilibre, les chutes et les armes (Bokken, jo et tanto). Ceux-ci sont magnifiquement et abondamment illustrés. 

« Mon intention au départ était de combler un vide pédagogique, j’ai aussi réalisé cette publication dans un esprit communautaire et sans prétention de ma part. Il s’agit d’un manuel qui peut être consulté au gré des envies ou besoins du professeur et qu’il peut adapter librement à sa pratique et son imagination. Je ne l’ai pas conçu pour que cela soit figé mais au contraire ces exercices peuvent et doivent être modelés, améliorés, associés à des pistes nouvelles liées à son environnement d’enseignement, selon sa convenance et ses expériences. Et toujours  dans le plaisir de transmettre ».

 

 L’interview de Fabrice de Ré

A propos de ton livre

Patrice AGT : Fabrice, pourquoi ce livre ?

Fabrice De Ré : Au départ, c’est une démarche toute personnelle. J’étais professeur débutant auprès des enfants chez Micheline Vaillant-Tissier Senseï. C’est elle qui  m’a donné les premiers éléments pour ce travail, puis avec le temps, naturellement, je me suis forgé tout seul. Et à un moment, je me suis rendu compte qu’il n’existait pas de supports pédagogiques pratiques et concrets. Etant confronté à cette réalité, j’ai commencé alors à répertorier différents exercices que j’avais vus en aïkido. J’ai fait également des recherches en inventant des jeux et exercices et en m’inspirant des substrats d’autres disciplines martiales pour les adapter à la sauce Aïkido. Mon idée était de contribuer dans un esprit communautaire à un ouvrage pédagogique où les bénéfices en termes d’image et de créativité novatrice iraient aussi à la FFAAA. Car c’est un livre qui n’a jamais été développé dans ce sens et dans l’univers de l’Aïkido en général, toutes fédérations confondues. Au cours des différents stages nationaux et de ligue enseignant jeunes, j’ai vu qu’il existait une grande richesse créative, mais sans partage plus large, sans continuité dans un sens commun fédérateur, sans relai par notre fédération. D’où l’idée de faire ce support et de pouvoir partager toutes ces expériences autour d’un projet concret et universel.

PAGT : Tu as cherché un style particulier, un concept ?

qsdq-259x300FDR : J’ai voulu ce livre sans prétention aucune, avec une approche ludique dans le plaisir de transmettre et aussi pour que l’enfant ait du plaisir à pratiquer. On voit aussi que sur l’illustration du livre il y a des jeunes tous différents, de plusieurs couleurs de peau. Je l’ai voulu dans le sens universel de notre belle pratique cela ne se voit pas souvent et c’est  une manière innovante et d’ouverture d’esprit comme doit l’être notre art corporel. Il est aussi abondamment illustré par une artiste qui pratique les arts martiaux, qui avait le sens du mouvement et surtout l’esprit de participer à un ouvrage qui ne c’était pas encore fait à ce niveau-là. Effectivement, j’ai voulu qu’il soit agréable à l’œil et que ses illustrations accompagnent l’écrit pour le cas où je n’aurais pas été clair. Ceci dit j’avais pris soin de soumettre la lecture à des néophytes qui ne connaissaient absolument pas cet univers pour coller au mieux à la compréhension de tout le monde.

PAGT : Cela a dut être un sacré boulot ?

FDR : J’ai mis deux ans et demi pour le sortir ! Un travail important autour d’une équipe, tel que Carole Milioti sur la correction des textes, Charly Jucquin en tant qu’accompagnateur de projet sur la stratégie d’impression et de diffusion du livre et Elodie D’Ambrosio qui s’est chargé des illustrations. En ce qui concerne le travail de dessin, elle a bossé durant 8 mois avec mes exigences de précision, notamment sur les dessins des pieds et des mains, ce qui est très difficile à faire. A savoir qu’avant cela, j’ai fait plus de 300 photos avec mes jeunes sur les 5 chapitres pour lui faire comprendre le sens des déplacements et des placements entre autres. Puis sans les oublier, il y a eu une contribution de personnes que je remercie dans le livre à commencer par mon Senseï Micheline Vaillant-Tissier ainsi que Christian Mouza, Sylva Tscharner, Héléne Doué, Véronique Sireix et Patrick Horst pour les citer.

AGT : Ton livre est sorti cette année

FDR : En mars 2013. Depuis j’ai le plaisir de recevoir d’excellents témoignages surtout de professeurs confirmés et débutants de toutes les régions de France. En cela mon but est atteint. Je voulais que ce livre soit utile, mon objectif est rempli. Micheline Vaillant-Tissier l’a présenté à la commission du collège technique, et j’ai eu de très bon retour des cadres de notre fédération. J’ai eu la surprise que ce manuel de 170 pages fut très bien perçu par nos élites et cela est un encouragement pour que sa diffusion soit plus large encore.

img_19631-300x225AGT : Surtout, que cela a été évidement un investissement de travail énorme, mais aussi forcément un investissement financier, pour un livre destiné à des spécialistes, excuse-moi,  qui ne se vendra jamais à 100 000 exemplaires…

FDR : En effet le but n’était pas financier comme je l’ai souligné. Ce à quoi j’aspirais était qu’il soit utile à notre art martial et dans un sens plus large, à tous les professeurs de toutes les fédérations confondus. Ma seule ambition était que cela serve au monde de l’aïkido pour l’enseignement des enfants. Par la suite si je pouvais me retrouver dans mes frais d’investissements tant mieux. Et  cela s’est effectué grâce aux lecteurs de ce livre qui ont bien voulu croire en celui-ci. Il y a un retour intéressant, avec près de 300 livres déjà commandés en quelques mois. Puis des projets de diffusion et d’impression aussi se profilent dans les pays comme le Brésil, l’Italie, qui aboutiront ou pas, nous verront l’avenir, je fais confiance en la vie! J’aimerai bien aussi le faire traduire en anglais et en espagnol, on verra par la suite. Cet investissement a été avant tout le plaisir de faire comme dans notre pratique.

AGT : Tous les exercices qui sont à l’intérieur, tu les as testé dans ton club ou ailleurs ?wsdcqwsxc-300x184

FDR : Oui, ils ont été testés et fonctionnent puisque que je les ai voulus réalistes et réalisables! Mais avant tout ce n’est pas une liste exhaustive, mais quelque chose de plus large dans le sens de créativité. Tu es professeur, tu vois un exercice qui te plait, tu prends ce qui te parle et tu le positionnes dans le sens qui t’arrange, tu le modifies avec ton expérience si tu le souhaites. C’est ouvert. Une de mes idées majeures, est que ces exercices soient modelés, pétries. C’est aux professeurs de suivre leur sensations et envies, tous les champs sont possible, toujours dans le plaisir de faire. Il faut que chacun se l’accapare. A un moment cela ne m’appartiens plus. Et c’est cela qui est passionnant.

AGT : Quand tu vois le nombre de bouquin et de DVD qui sont sortis et qui sortent encore sur l’aïkido, et c’est bien. Mais rien sur les enfants. As-tu une idée du pourquoi il n’y a rien à ce sujet ?

FDR : Des livres sortent sur l’aïkido, avec parfois des dimensions philosophique pointues et très intéressantes, mon idée n’était pas là, surtout que j’en aurais été incapable n’étant pas encore à maturité dans ma recherche dans l’Aïkido. Néanmoins de faire un livre sur du concret, quelque chose de pratique et d’utile dans le sens de l’enseignement pour les jeunes, ce qui apparemment n’avait jamais été mis en place, je me suis dit que cela était possible, alors je l’ai fait. Pour citer une parabole « les choses appartiennent à ceux qui les font » … Alors réalisons et fonçons tout est possible ! Il n’y a que notre esprit qui nous freine via par nos propres peurs mais cela est un autre débat n’est-ce pas ?

Pour répondre à ta question, je pense que l’on ne misait pas assez sur la dimension de transmission pour les jeunes, en Aïkido et dans notre fédération sans que ce soit une critique, on pense que cela ne peut être intéressant qu’à partir de l’adolescence, d’un point de vue de compréhension et de psychomotricité. On était sur l’idée que l’enfant n’est pas capable de recevoir tout ça, que c’est trop complexe. Maintenant on commence à en entrevoir le potentiel et aussi ne nous le cachons pas, vient la notion de diffuser notre art martial. Nos pratiquants sont dans une moyenne de la quarantaine, notre population étant vieillissante, ce biais permettrait un impact plus conséquent, une fenêtre plus ouverte sur l’Aïkido et son devenir qui commence par la jeunesse. Le tout est de ne pas être dans un sens purement commercial ce qui dénaturerait à mon sens l’éthique de notre discipline.

Cela est pris de plus en plus au sérieux par nos élites et en ce moment ils travaillent sur ce constat et ces possibilités de diffusion par l’enseignement entre autres. Et pour avoir participé à un stage national enseignant jeune à Vichy, j’ai senti une dynamique nouvelle et pétillante dans cette direction. Cette nouvelle commission jeune, dirigée par Dany et Serge Socirat ainsi que Christian Mouza notre référent technique, nous prépare un travail riche et novateur.

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AGT : De plus en plus on voit les clubs prendre les enfants très jeunes, des 4 ou 5 ans !

FDR : En ce qui me concerne je les prends dans mon club à partir de 6 ans. A cet âge,  ils ont une psychomotricité intéressante qui demande à être affinée par la suite, mais qui est constructible et suffisamment solide pour commencer à leur apprendre l’Akido, mais cela n’engage que moi. Il me semble qu’il est important pour l’avenir de l’Aïkido de miser sur cette jeunesse qui est largement capable de comprendre notre art martial sous condition d’avoir le langage approprié, mnémotechnique, imagé, sans que cela dénature notre discipline. Tout est envisageable dans la transmission, seule nos réticence nous freinent et empêchent le sens créatif de se déployer. En tant que professeur, tu es le seul frein à ton enseignement, tu peux apprendre aux enfants dès l’âge de six ans le travail du bokken, du jo et du tanto comme je le fais actuellement. Tout est une question d’esprit. Si tu as peur qu’ils se fassent mal, tu transmettras tes peurs, si tu as l’esprit serein et attentif l’enfant le sera de même. Ce que tu dégages, c’est une énergie réceptive pour l’autre et l’émetteur que tu es, s’il est sur le terrain de la tranquillité,  fera ressentir au récepteur cet état-là. Par exemple certains ne veulent pas utiliser le tanto. Ils pensent que les mômes vont avoir peur. Mais l’enfant n’a peur que si tu as peur. Si toi tu es confiant dans ce que tu fais, tu peux leur apprendre beaucoup de choses. J’ai eu l’occasion de travailler avec des enfants autistes, avec des enfants très violents, en réinsertion scolaire, avec des enfants dyspraxiques, et on arrive à avoir des résultats, notamment sur la motricité et sur l’approche des armes. Cela me renforce dans mon idée que l’aïkido est utile sur le plan psychomoteur et social, dans cette notion de communication, de  relation avec l’autre, pour des jeunes de toutes dimensions et environnements confondus, qu’ils soient en difficulté, dans la violence ou dans le handicap. L’aïkido est clairement un outil pouvant désamorcer l’agressivité, contrôler ses émotions et ressentir, même à cet âge.

Nb : Pour commander le livre de fabrice : http://www.thebookedition.com/aikido—entre-jeu-et-technique-fabrice-de-re-p-94717.html

 

L’aïkido et la communication

AGT : On voit se développer  l’utilisation de l’aïkido sur des plans de gestion du stress, de la communication.

FRD : J’en ai fait mon métier ! Je donne des formations sur les phénomènes de violences, en travaillant notamment avec des surveillants de prison, avec des éducateurs spécialisés comme en ce moment même, dans ces milieux extrême de violence, sur un travail mental et comportemental. Comment agir ? A quel moment ? Dans quel état d’esprit ? L’univers personnel et/ou professionnel amène à être régulièrement confronté à des situations de tensions déstabilisantes. Seule, ou même en équipe, la personne n’est pas toujours préparée à ces moments hostiles ni en mesure de les canaliser. Le modèle de formation que j’ai créé favorise la connaissance de soi, le savoir être face à la peur et à la colère, la coopération dans la communication, le contrôle du stress, le recentrage, la dissolution des énergies négatives et le dépassement de la difficulté. Il permet aux personnes de développer leur assurance, leur disponibilité psychomotrice et leur dimension relationnelle. Il associe les concepts et techniques du développement personnel et la pratique de l’Aïkido et est adaptable à toute personne et organisation susceptible d’être confrontée à ces problématiques.528460_10200989208121540_1351684164_n-300x225

L’Aïkido est à mon sens un outil formidable de communication et de cohérence relationnel. C’est un art empathique avec soi, l’autre, l’espace, le temps, l’intensité. C’est une action sensorielle, qui respecte les lois naturelles du corps en mouvement, une attitude d’adaptabilité aux évènements, c’est une pédagogie martiale novatrice qui va dans le sens de l’humain. Développer, améliorer et renforcer  son fonctionnement face aux tensions, désenclaver des personnes qui sont figés dans leur comportement de certitude. Ce fonctionnement crée des peurs, des frustrations assujetties aux agressions de vie de tous les jours, dans le travail, dans la rue, les pressions, les incivilités, etc… Que ce soit dans un cadre privé ou professionnel d’ailleurs !  Cela limite notre communication avec l’autre et cela génère des incompréhensions régulières. C’est pour ça que je travaille à relier ces deux pôles : le travail du corps et de l’esprit. Les deux sont liés étroitement, ce que l’occident a du mal à réunir dû à un héritage judéo-chrétien je présume. Contrairement à l’orient qui a su comprendre les bienfaits de la réunification des deux parties, avec pour seul objectif de ressentir avant tout et non d’intellectualiser cette dimension. En terme de développement personnel, on est plus du tout sur « comment agir autrement », « comment se comporter autrement » mais plutôt  « comment ressentir autrement ». A partir de là il est plus facile de changer d’attitude, d’évoluer…

AGT : Souvent quand on a fini sa journée de boulot, on est bien sur fatigué, on a pris sa dose de stress, d’engueulades, de frustrations, alors on a qu’une envie, manger et aller se coucher. C’est justement là que je me force à aller au dojo. Du coup, mon corps s’exprime, et j’ai ma dose de sourires, de contacts positifs, on relâche tout et on expulse les tensions négatives de la journée. Bilan, on sort du dojo comme après une intraveineuse de bonheur.

FDR : Dans la vie de tous les jours, on gère tout par l’intellect, on est dans l’analyse, on voit ce qu’il se passe, on met des stratégies en place. Le moteur c’est la tête et on se coupe de la réalité avec le corps. L’Aïkido permet, entre autre, de refaire ce lien corps-esprit. La difficulté c’est de venir à l’aïkido pour recommencer à analyser, et reproduire ce qui t’a oppressé dans la journée, et là c’est aller dans le mur. D’autant que les sensations corporelles sont plus rapides que l’intellect. On a trois cerveaux, le reptilien, le limbique et le cortex. Le reptilien est le rapide, action réaction. Le limbique, c’est l’émotion, tu ressens les choses, la sensation et enfin le cortex, qui est la logique, l’analyse. Tu peux comprendre les difficultés à nous situer quelques fois avec ces trois-là. Il devient difficile de ressentir les choses dans le même temps, dans le présent. L’idée du  travail en Aïkido, c’est de te connecter avec ton ressenti et cela t’amène lorsque tu approches de cette sensation corporelle à des capacités supplémentaires, d’être dans l’action, d’agir, parce que tu écoutes ton corps et que tu lui fais confiance. Plus tu intellectualiseras et plus tu seras sur la défensive, tu seras connecter avec tes tensions, et plus tu vas te freiner. Quand tu lâches prise sensorielle ment, tu commences à évoluer. C’est ici qu’est l’enjeu de progression et d’évolution de notre entité, être dans le présent.

AGT : Certaines pratiques en aïkido sont parfois proche du yoga, ou m’a parlé un jour de zen en dynamique. Jusqu’à présent je travaillais mon aïkido sur une bibliothèque de techniques. Aujourd’hui je commence à entrevoir que cela est vide de sens, et je me focalise sur cette action de « lâcher prise », sur ce travail de communication, de connexion, presque de respiration, qui me passionne de plus en plus. Je connais  aussi certains dojos encore plus axés la dessus, en suisse notamment, et c’est passionnant de mon point de vue. Mais on me dit parfois, que ce n’est plus de l’aïkido, voire pire…

FDR : Chacun a le droit d’utiliser l’aïkido comme bon lui semble, mais il faut aussi, à partir de là, rester correcte et être toujours en connexion avec nos fondamentaux et l’éthique qui va avec. C’est quand on commence à prôner qu’on est les meilleurs, qu’on détient le « vrai » aïkido, que ça devient gênant, et là on rentre dans un monde des gourous, ce qui n’est pas acceptable de mon point de vue. Si tu sens une voie  dans l’Aïkido et bien effectivement, suis la, c’est noble en soi même, mais tu as surtout le devoir de rester humble face aux autres qui pratique. Car l’Aïkido est pour moi un travail de toute une vie et qui ne sera peut-être jamais aboutit, puisqu’en perpétuelle mouvement. Pour ma part j’ai trouvé dans l’Aïkido mon chemin, je suis mon Shihan Christian Tissier dans sa démarche, sa recherche de l’Aïki qui me convient parfaitement, toujours en perpétuelle recherche, rond, dynamique, martial dans le sens de connexion, de présence avec son partenaire. Et relayé par d’autres Senseï qui ont aussi leur propres recherche comme j’ai eu la chance de suivre en tant qu’Uchi Dechi, Micheline Vaillant-Tissier et actuellement Dominique Rascle Senseï. Puis d’autres que j’essaye de suivre dans cette même mouvance et pas des moindres tel que Patrick Bénézi Senseï, Bernard Palmier Senseï, Franck Noël Senseï, Luc Mathevet Senseï, Bruno Gonzalès Senseï et d’autres… La liste est riche, qu’ils me pardonnent de ne pas les citer tous.

AGT : En même temps c’est important de suivre un maitre…315737_280457725311637_1470775758_n

FDR : J’ai eu la chance d’avoir Micheline. Elle a construit un travail avec moi, dans la direction qui était la mienne. Ton travail d’aïkido est plus consolidé quand tu restes avec un même maitre pendant un temps certains, suffisamment long pour avoir de solides références, de bonnes bases, la bonne construction de corps. Cela a été une pratique assidue, constante de 9 ans avec Micheline et cela continue  à travers ces stages, je la remercie à cet égard toujours généreuse, présente, me donnant énormément de son temps avec une grande bienveillance sur mon travail, avec beaucoup de rigueur. Elle m’a fait évoluer dans cet art martial en me transmettant cette philosophie intrinsèque à ce budo, notamment la loyauté qui est d’ailleurs quelque chose de primordial pour moi en aiki.  Puis j’ai rencontré Dominique Rascle qui m’a amené dans la continuité de Micheline, c’est-à-dire de lier cette dimension technique à un travail de fond aussi intense que je l’avais reçu de Micheline. Le terrain était prêt et mon départ du Var n’a pas eu d’incidence en arrivant sur Lyon. J’ai eu la chance aussi de ne pas avoir eu la difficulté que l’on peut rencontrer lors de mouvement de vie, de trouver un autre Senseï qui puisse m’élever dans cette même sensation que Micheline avait construite avec moi.902534_10200989246802507_1009916112_o-300x152

Pour moi c’est important Patrice, sans être un donneur de leçon, d’avoir un référent, une pierre angulaire, un axe qui te permette de progresser, qui t’aspire vers le haut. Et si cela ne peut être le cas, je fais référence à ton métier qui te mène dans le monde entier, et bien d’essayer peut-être à partir de ce que tu ressens de l’Aïkido de suivre des Senseïs, des professeurs qui soient dans la même direction que celle que tu envisages de parcourir pour ton évolution, quel que soit le pays que tu traverses.

AGT : Tu penses a une suite à ce livre, qui pour le moment est destiné aux 6 et 5e kyu ?

FDR : C’est envisageable mais pas pour l’instant. J’attends encore quelques années pour que déjà ce livre atteigne la maturité nécessaire à son développement. En ce moment je suis sur d’autres projets, notamment un film documentaire sur Micheline Vaillant-Tissier. Micheline a un rôle important, au-delà de l’aïkido. Une femme qui a évolué dans un monde d’hommes, au plus haut niveau, en démontrant que c’est possible, une vrai dimension social qui dépasse le cadre de notre pratique mais cependant qui lui est étroitement lié. De surcroit elle est représentative et cela n’engage que moi, d’un Aïkido martial, sans s’éloigner de son essence qu’est sa féminité. Je travaille depuis un an, avec un réalisateur, caméraman, monteur… Je suis beaucoup Micheline en France et en Europe sur ses stages, j’ai encore une deuxième année de rush pour aboutir à un travail de montage digne de ce nom. Comme le livre que j’ai développé, on part d’un projet artisanal qui soudain devient plus conséquent, important, avec d’autres acteurs, une équipe et là, le projet transite dans une dimension professionnelle, néanmoins avec l’axe principal d’être toujours dans le plaisir.

 

L’aïkido et la féminité

AGT: En effet, on présente l’aïkido come un budo idéal pour les femmes par de nombreux aspects, il semblerait qu’il y en ait beaucoup moins  sur les tatamis, si l’on fait une comparaison avec les hommes, et y compris aussi à un haut niveau.

FDR : Et pourtant c’est une des disciplines où il y a le plus de femme dans le monde des arts martiaux. Quant à ce budo il convient bien aux femmes par l’aspect relationnel, esthétique de la pratique, dans cette sensation de travail qui demande à ne pas être dans l’ego. Cela est une notion naturellement installée chez la femme, ce qui nous demande à contrôler cet aspect quelques fois surdimensionné chez nous, vaste programme, n’est-ce pas ?

Les femmes sont déjà sur une pratique de placement et déplacement dans l’Aïkido, étant moins puissante physiquement, je parle sur une généralité de  cette idée. Ce qui leur demande de  trouver des ouvertures de pratique que nous ne voyons pas immédiatement, étant nous même dans la force naturellement dès que nous sentons une résistance. Héritage haut combien difficile à inverser.

Il y a des femmes qui sont à un très bon niveau. Dans la nouvelle génération de femme je pense à Hélène Doué qui m’a soutenu et qui a contribuer à ce livre, je le souligne au passage, il y a aussi Nadia Korichi, Céline Froissard, Yolande Sanchez, Monique Girardot, Véronique Sireix, Amandine D’Andréa parmi celle que je connais avec un bel avenir dans notre pratique. Il y en a tant d’autres qui ont une très belle dimension en Aïkido, qu’elles me pardonnent de ne pas les citer toutes, la liste est longue. Elles peuvent prétendre à tenir un rôle dans la dimension fédérative, tout du moins dans les ligues ou certaines sont très actives, certaines dirigent des stages et d’autres  tiennent le rôle important de transmission en tant que professeurs…

190004_1012693446731_682_n-300x225Micheline est à ce titre une des références. N’oubliez pas que c’est une pionnière de l’Aïkido au féminin, mais au-delà, elle est représentative de l’aïkido, à mon sens de manière universelle, en particulier parce qu’elle est une des rares femmes que je connais qui a atteint cette dimension mondiale que ce soit dans les stages, responsabilité fédérative à la FFAAA et internationale membre au sein de la FIA. Tu vois, les femmes ont toujours été à des carrefours importants de ma vie, et c’est encore une femme qui m’a montré la voie. Il est intéressant de développer ce côté dit féminin, je pense à l’intuition, le lâcher prise, le ressenti, l’acceptation qui ne veut pas dire la soumission, bien au contraire. Il serait judicieux que nous les hommes allions un peu plus dans cette direction. Déjà si tu fonctionnes trop dans la masculinité en aïkido, tu seras dans la force, et tu n’évolueras pas. Il faut laisser cette notion dite féminine ressortir, ce qui n’a rien à voir bien sûr avec être efféminé, cela doit être dans un juste équilibre et c’est tellement difficile à assembler quelques fois….

 

Aïkido et Martialité

AGT : Une dernière question stp. On entend souvent (trop), des discours sur l’aïkido, qui serait moins efficace que d’autres budo, pas assez martial, complaisant…Pour autant toi tu as fait des sports de combats, Marc Bachraty est connu comme karateka, il y en a quelques-uns d’ailleurs qui viennent à l’aïkido.

FDR : L’aïkido a une réelle efficacité. Crois-moi, pour l’avoir mis en pratique sur le terrain je parle d’anciens métiers de sécurité dans lesquels j’évoluais et qui demandaient un aspect martial sur des situations physiques difficiles et là je ne parle pas de théorie. L’aïkido peut être puissant surtout dans le contrôle de soi et de son agresseur, sans casser. A ce stade, les réponses sont de l’ordre de l’instinct en utilisant les techniques et le sens du placement et du déplacement bien entendu. Toutefois on n’est plus sur les fondamentaux classiques, il y a des variantes, des diversions pour impacter la personne agressive. Christian Tissier le montre très bien par exemple sur un atemi shomen, où il va déstabiliser le genou de la personne avant de faire ikkyo. Le shomen équivaut à une matraque par exemple. C’est de l’application dans une réalité sous condition de désamorcer sa peur.62877_10200987796846259_1241407837_n-225x300

J’ai en effet trois karatekas dans mon club, qui viennent chercher autre chose, un travail de corps, de ressenti, des sensations différentes pour les associer à leur discipline. Il y a des notions qui les interpellent dans notre étude de la confrontation. En général ces budokas sont dans une recherche  pour faire évoluer leur pratique. Il est intéressant d’aller sur des terrains qui nous bousculent un peu, c’est une des manières de ne pas rester sur place. Je pense puisque je suis dans la région du Rhône à Bernard Biliki 8ème Dan de karaté shotokan qui a étudié à un moment donné l’Aïkido avec Dominique Rascle dans un échange réciproque. Pour ma part j’ai un échange similaire, à mon niveau qui n’est pas le leur je le précise en toute humilité, avec Steve Piazza professeur diplômé de karaté shotokan et de kobudo. Ce n’est pas si mal vu que cela, en fait.

Plus jeune, j’ai travaillé dans les milieux de la sécurité, de la protection rapprochée, du nightclub comme physionomiste, et j’ai pratiqué des sports de combat comme le karaté, la boxe thai, le kick-boxing, j’ai fait de la compétition en boxe française. Et quand je me trouvais en situation de tension extrême, avec des personnes alcoolisées, camées, ou simplement excitées, il se trouve que je suralimentais leur violence par la mienne, quand je répondais par la boxe par exemple.

Quand j’ai rencontré l’aïkido, j’ai travaillé sur la maîtrise de mes émotions, la confiance qui peut s’en dégager aussi. Après un certain temps mes peurs ne m’alimentaient plus comme avant. Elles ne m’impactaient pas aussi fortement, je ne suralimentais plus la violence par la violence, une communication s’établissait malgré tout. Le résultat  était à une hauteur incroyable dans la sérénité de ce métier à l’époque. Et crois-moi, dans un combat dit de rue, la peur est au rendez-vous. Mais tu peux en faire une amie, acceptable, pour pouvoir agir avec lucidité. L’aïkido m’a donné cette dimension de communication différente. A partir du moment où tu relâches les tensions, que tu démontres une attitude, un état d’être confiant et vigilant nécessaire à une réponse immédiate  comme face à un couteau, ou à un groupe, tu te rends compte que tu donnes un impact psychologique  diffèrent à l’autre. On a toujours l’habitude de réagir à l’agression par une autre,  l’ego y est pour beaucoup.

Je te donne un exemple vécu dans ce métier, sur la frustration d’un individu dit belliqueux, alors qu’il forçait le passage pour rentrer dans l’établissement ou j’avais la responsabilité de l’accueil avec un simple ushiro kiri otoshi, et avec une feinte de le laisser passer.     Tu vois la scène, il te bouscule, tu te laisses aller, tu passes derrière et tu le projettes dans le sens contraire de sa marche!  Et quand il s’est retrouvé en capacité de se relever j’étais déjà devant lui et j’ai communiqué de la façon suivante «  et maintenant qu’est-ce qu’on fait » ?  On est alors dans un aïkido « réaliste », très impactant, en restant centré, l’autre reçoit une information. Il peut continuer à t’insulter, brasser de l’air, mais tant que tu n’alimentes plus sa violence, il comprend qu’il se passe quelque chose. Et toi tu lui donnes une « dignité » de partir sans blessure et humiliation. Avant, quand j’intervenais avec la boxe, la dignité était souvent bafouée. Avec l’aïkido, tu permets à l’autre de rester digne. Il partira en vociférant, mais la tête haute. On est dans une communication avec l’autre malgré lui. C’est cela la martialité, ce n’est pas faire les gros yeux et se mettre en garde de boxeur.

La martialité, c’est une présence ou tu impactes l’autre, tu es centré avec l’autre, avec un message et le plus tranquille possible en maîtrisant ses peurs. Je te rassure c’était dans une dimension professionnelle et il y a quelques temps maintenant de cela, demain on me cherche dans la rue,  je n’ai rien à prouver, je n’ai aucun ego à ce titre. Tu veux passer, passe… J’ai suffisamment d’expérience pour avoir côtoyé quelques fois les conséquences et les résultats désastreux de la violence que cela peut entraîner. Cela ne sert à rien, à rien d’être dans le dur. Le mouvement le plus flexible l’emporte et là nous sommes dans l’Aïkido de vie. Maintenant, j’ai toujours à l’esprit que « l’autre fait que ce qu’il peut ». En étant dans cette idée de la bienveillance tu peux avoir plus de possibilités de solution avec la personne ou tout du moins une considération peut s’installer n’engageant pas un acte de violence, éventuellement de la coopération et surtout une frustration acceptable pour la personne.

L’aïkido est un mode de communication fabuleux !

 

Je peux en être plus convaincu ! En me raccompagnant à mon hôtel, j’échange encore quelques paroles avec Fabrice. On a vraiment passé une formidable soirée. Avec un large sourire, il me dit au revoir :  «  Quand tu repasses, Patrice, tu m’appelles, on mange ensemble et là on passera un peu de temps à se parler de nos vies ce coup-ci ».  Avec quel plaisir Fabrice, évidement ! Un sacré monsieur je vous dis…

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Lyon 22 10 2013

 

Quelques témoignages sur Fabrice et son livre :

Micheline Vaillant-Tissier (6ème Dan UFA et AÏKIKAÏ de Tokyo)

Professeur diplômé d’état – Membre du collège technique de la FFAAA.

Actuellement la seule femme européenne membre de la FIA (Fédération Internationale d’Aïkido).

« Fabrice De Ré fait partie des pratiquants « acharnés », en perpétuelle recherche sur sa pratique. Je ne suis donc pas étonnée aujourd’hui de voir naître cet ouvrage, qui, je l’espère, pourra servir de support à tous les enseignants. La pratique des jeunes, bien que développée, ne donne pas lieu a beaucoup d’écrits. Ce livre, j’en suis sûre, comblera un vide et constituera un auxiliaire précieux pour tous les professeurs qui encadrent des enfants. Son contenu, sans trahir les exigences techniques propres à notre discipline, propose des formes ludiques et pédagogiques originales qui viendront à coup sûr enrichir notre enseignement »

 

Christian Mouza (6ème Dan UFA)  http://www.christianmouza.com/

Professeur Diplômé d’état – Responsable technique de la commission jeune FFAAA- DTR Corse (Directeur Technique Régional)

« Ce livre correspond vraiment à l’orientation, aux exigences et aux questions qu’un bon nombre d’enseignants d’Aïkido jeunes se sont posées depuis longtemps. « Entre le jeu et la technique », le thème traité est le fruit d’une expérience liée aux jeunes enfants et à la pratique de l’aïkido. Comment faire le lien entre le jeu et des techniques liés aux principes de l’Aïkido ? L’organisation des rubriques va permettre aux enseignants d’aborder et d’organiser une méthode d’apprentissage grâce aux exercices ludiques abondamment illustrés. Fabrice De Ré nous emmène dans un monde nouveau, avec une illustration parfaite et originale qui ne peut qu’enrichir les cours des enseignants jeunes ».

Thomas Gavory   (5ème Dan  UFA ) http://www.thomasgavory.fr/

« Cet ouvrage sera un outil précieux pour tous ceux qui s’intéressent à l’enseignement de l’Aïkido pour les plus jeunes. On y trouve une multitude d’exercices ludiques clairement illustrés et répartis en différents chapitres aux objectifs pédagogiques précis. L’auteur, dont la passion pour l’Aïkido n’est plus à démontrer, a fait preuve d’un travail remarquable ».

Hélène Douet (4ème Dan UFA et AÏKIKAÏ de Tokyo)  http://www.olympiadesaikidoclub.fr/

Professeur Diplômé d’état

« Il manquait aux professeurs d’Aïkido souhaitant enseigner aux enfants et adolescents un support pédagogique, pour transmettre les fondements de notre discipline de manière à la fois technique et ludique. Cet ouvrage vient combler ce manque, en proposant des exercices concrets directement applicables en séance, et sur lequel les enseignants peuvent s›appuyer pour ajouter leurs propres créations. Merci à son auteur d’avoir réuni en un livre la pratique et l’expérience de nombreux professeurs ! ».

 Monique Girardoz (4ème Dan UFA) http://www.aikido-cranvessales.fr/

Professeur Diplômé d’état

« En tant que professeur d’Aïkido pour les enfants, voilà enfin l’outil pédagogique que j’attendais.

La structure du livre avec des exercices très détaillés et illustrés qui contribuent à la compréhension des techniques regroupés en fonction des compétences qu’ils développent, le rend attractif et facile à utiliser. De ce fait, ce livre est destiné à toutes personnes en charge d’enfants dans des domaines divers y compris hors arts martiaux, chacun pouvant choisir les exercices appropriés à ce qu’il souhaite travailler ou mettre en évidence ».

Patrick Horst (2ème Dan UFA)   www.aikidobastide.com/

Professeur Diplômé d’état

« L’Aïkido “enfants” ne peut et ne doit pas s›enseigner comme l’Aïkido “adultes”. Au contraire, notre discipline doit s’adapter au besoin qu’a le jeune de jouer, à sa difficulté à se concentrer, à sa constitution différente. J’enseigne à une vingtaine d’enfants et d’ados depuis 2010. Le livre de Fabrice De Ré, unique en son genre, prend en compte toutes les problématiques liées à l’enseignement aux enfants. Il constitue désormais pour moi un excellent support de préparation pour mes futurs cours adressés à un jeune public ».

 

Quelques liens :

Le site de Fabrice : http://budoseishinclub.com/

Le site de Micheline Vaillant-Tissier : http://www.michelinetissier.com/

Le site de Dominique  Rascle : http://www.aikido-lyonvilleurbanne.com/

Le blog d’Elodie D’ambrosio, illustratrice de talent : http://elodiedambrosio.canalblog.com/

Et pour commander le livre de Fabrice : http://www.thebookedition.com/aikido—entre-jeu-et-technique-fabrice-de-re-p-94717.html

Et surtout, un enooorme merci à Fabrice , pour tout…

 

 


2 commentaires

  1. Grafal Alain dit :

    Salut l’ami

    je très très heureux que tu puisses encore et encore nous faire partager tes instants de rencontres.

    je vais en profiter pour commander ce livre, on est jamais assez bien formé.

    Merci encore une fois (belle plume)

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