Avec Maitre M’Barek Alaoui, 8e dan au Syudokan de Casablanca

Avec Maitre M’Barek Alaoui, 8e dan au Syudokan de Casablanca dans mes dojos 07062008005-300x225

 

 

 

 

 

 

 

 

Je viens d’apprendre le deces de Maitre M Barek Alaoui. J’ai eu la chance de le rencontré par trois fois à Casablanca. Maitre Alaoui, c’était l »humilité » faite homme. emplit de sagesse, de gentillesse, il a vécut pauvrement toute sa vie de son simple atelier de cordonnier. Il avait commencé l’aikido en 1957, puis avait rencontré Maitre Tamura en 1962, qui lui remettra le premier Shodan  marocain. Qaund il évoquait son illustre maitre, il montrait une vieille photo au mur et les larmes lui montait aux yeux. Maitre Alaoui était 8e dan d’aikido, 5e dan Iaido, 2e dan judo et Kendo. Même si il avait été compétiteur international de Kendo, il refusait maintenant d’entendre parler de compétition.

« L’aïkido est une famille et vous en faites partie. Cela existe aussi en islam, il faut donner sans attendre de recevoir en retour.C’est l’amour, Tamura était aussi comme ça. Il m’a donné autrefois l’argent qu’il avait gagné d’un stage, pourouvrir mon propre dojo à Casablanca »

Maitre, Alaoui, compte assurément parmi les rencontres les plus précieuses, non seulement  de mon parcours d’aikidoka, mais de ma vie.  Humilité, c’est vraiment ce qui le définissait le mieux. On dit qu’il ne faut pas pleurer ceux qui nous quittent, mais au contraire se réjouir d’avoir eu la chance de les rencontrer.Merci Maitre Alaoui.

Ma  première rencontre avec Maitre M Barek.

Je suis venu pour la première fois au Maroc en 2008. J’étais alors logé à l’hôtel Idou Anfa en plein centre de Casablanca.

Je n’avais aucune idée de ce qu’étais l’aïkido au Maroc à ce moment-là. A tout hasard, j’avais pris un Gi, et je demandais à la réception s’ils avaient la connaissance d’un quelconque club aïkido sur Casablanca. Avec leur gentillesse habituel, les gens de l’hôtel se repasse la question les uns aux autres, et finalement un type arrive et dans un mauvais français, mais avec un grand sourire, m’indique un dojo, à 50 mètres de la, en face de l’hôtel !!!

Je traverse la rue et me voilà au Suydokan. Un tatami de coussin épais orange, une salle propre mais modeste aux yeux de nos standards européens et une chaleur épouvantable malgré les 7 heures du soir.

Un homme assez âgé est assis avec des fatmas et regardent des enfants évoluer sur les tatamis. Je m’adresse au vieil homme, lui demandant si je pouvais voir le professeur. Il sourit et me dit, qu’il me le présentera toute à l’heure, et que je peux aller me changer. Bien !

Quand je ressors du vestiaire, une vingtaine de pratiquants de 10 à 60 ans sont alignés face au mur d’honneur. Le vieil homme vient me chercher, me prends la main, et me dit «  viens, je vais te présenter le professeur », je le suis et on se retrouve face à …un portrait de Tamura sensei !!!

Sur plusieurs photos jaunies sur ce mur, se trouvent aussi des portraits de Maitre Tamura avec  mon hôte, plus jeune évidement. Puis il me dit d’aller rejoindre les autres sur les tatamis.07062008004-300x225 dans NEWS

Un jeune professeur, 30-35 ans, dirige alors un cours de deux heures particulièrement éprouvant.

L’échauffement ressemble plus pour moi à une prépa commando, et à la fin des 40 mn d’échauffements je suis trempé, et vidé…Course, pompes abdos, série de chutes avants arrières, enlevées, shiko etc, à un rythme auquel je ne suis pas habitué du tout. Le cours qui suit est très bien, mais les techniques sont un peu en force pour moi, et surtout très appuyés. Comme je suis très raide à cette époque (je le suis encore trop…), je dérouille sévère, surtout sur les nykkyo ura…

A la fin du cours, le vieux monsieur vient me voir pour me demander mon avis. Je lui dis franchement que je ne suis pas habitué à travailler de cette façon aussi…violente ! Cela le fait bien rire et me demande de le rejoindre après ma douche.

J’entame alors une discussion extraordinaire avec ce vieil homme. Ce que je ne savais pas encore, c’est que celui-ci s’appelle M’barek Alaoui et qu’il est considéré comme le père fondateur et l’âme de l’Aïkido au Maroc, 8ème Dan Aïkido, 5ème Dan Iaido, 2ème Dan Judo, et 2ème Dan Kendo, et que celui-ci  a consacré plus de 56 ans de sa vie à l’Aïkido au Maroc. Formé par Maitre Tamura au début des années 60 (et aussi maitres Nakazono, Chiba et Noro), il a formé depuis les plus grands senseis du Magreb et du moyen Orient. Quand on pense qu’au départ, il n’était que petit menuisier, puis cordonnier.Artisan toute sa vie!

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Quand j’y retourne deux mois plus tard, le sensei me reconnait et m’invite à m’assoir près de lui plutôt que de pratiquer, pour lui tenir compagnie. C’est un vieux monsieur, très malade, et il dirige les cours via les sempais, comme un chef d’Orchestre. D’ailleurs c’est lui qui décide de qui fera le cours chaque séance, mieux vaut être prêt ! Je regarde alors le cours avec lui comme un enfant qui irait voir un match de final avec son grand père. Le prof de ce soir est d’ailleurs beaucoup plus « souple » que celui de mon expérience précédente. Maitre Alaoui me régale de commentaires qui me marquent encore 5 ans plus tard.

« Si tu veux progresser en aïkido, apprends d’abord à marcher,  et travaille tes placements »

« On fait trop de Nage, en aïkido, il faut bien finir ses immobilisations, c’est comme un bon repas, il y a l’entrée, le plat, il ne faut pas oublier le dessert. N’oublie pas que l’un des but est de maitriser ton adversaire, si tu le projette, il reviendra, alors à quoi bon… »

Cela reste un souvenir incroyable, de rester là, à côté d’un 8 e dan, à discuter comme deux amis, en lui tenant la main. A un moment, arrive un professeur tunisien. Il s’incline devant le sensei, lui embrasse le front en lui offrant un cadeau. Il me salue comme si j’étais quelqu’un d’important, me file sa carte. Mbarek sensei me fait un clin d’œil goguenard. Maitre Alaoui me dit alors à l’oreille, son paquet cadeau dans la main «  je suis encore sur, que c’est un téléphone portable, je ne comprends pas pourquoi ils veulent tous me filer un téléphone, je sais plus quoi en faire » et on part dans un grand éclat de rire en se tapant dans les mains.

On finira au café du coin avec les sempais pour boire un jus d’orange. En partant, moi aussi j’ai embrassé le sensei sur le front…

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L’aikido est trés populaire au Maroc qui compte plus de  5000 pratiquants. La police marocaine suit d’ailleurs des cours d’aiki. Différents grands professeurs francais y donnent des stages trés régulièrement. Si vous devez vous rendre au Maroc pour les vacances , prenez donc votre keiko gi, vous serez toujours les bienvenus !

 

 

 

 

 

 

Avec mes amis aikidokas à Rabat

 

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