Archive pour octobre, 2013

Fabrice de Ré : Entre jeu et technique.

 

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Fabrice est probablement une des rencontres les plus importantes de mon parcours. Parce que c’est une vrai rencontre, au sens le plus noble. J’ai rencontré peu d’homme aussi emplit d’humanité, d’envie de partager, et en même temps riche d’un bagage qui force le respect. Ce qui frappe le plus quand on discute avec lui, c’est sa sincère humilité. Comme Il le dit, il n’a rien a prouvé, voulant juste vivre dans le plaisir de faire et d’être. Fabrice ma fait l’honneur de m’accorder une interview après son cours, dans un petit bar lyonnais, avec une bière amicale, tout en décontraction, entre amis. Fabrice nous parle de son livre tout en nous éclairant sur son parcours et sa vision de l’aïkido. Ce fut pour moi un enrichissement extraordinaire, un éclairage dont je vais essayer de rendre le meilleur, même si je garde quelques off égoïstement pour moi ;)img_1944-257x300 dans NEWS

Fabrice De Ré, 3e dan d’aïkido UFA et Aïkikaï, est un élève de Micheline Vaillant-Tissier 6e dan UFA et Aikikai, avec plus de 25 ans de pratique dans les sports de combat et les arts martiaux comprenant le karaté Shotokan et Kyokushinkaï, le Kick-boxing, la boxe Thaï, le Tai-chi et l’Aïkido. C’est aussi un ancien compétiteur en boxe française. Fabrice enseigne aujourd’hui la discipline qu’est l’Aïkido à Lozanne, près de Lyon et est actuellement l’élève de Dominique Rascle, 5e dan UFA et Aikikai sur Lyon. Il vient de  publier cette année un livre événement «  Aïkido, entre jeu et technique » destiné aux enseignants en recherche d’idées pour leur cours enfants de 6 à 12 ans. Ludiques et concrets, ces exercices réalistes et réalisables leur permettront d’aborder avec les jeunes les principes fonctionnels d’apprentissages et les techniques éducatives d’Aïkido. Cet ouvrage est composé de 100 exercices répartis sur cinq chapitres comprenant, le psychomoteur, les fondamentaux, la non opposition et déséquilibre, les chutes et les armes (Bokken, jo et tanto). Ceux-ci sont magnifiquement et abondamment illustrés. 

« Mon intention au départ était de combler un vide pédagogique, j’ai aussi réalisé cette publication dans un esprit communautaire et sans prétention de ma part. Il s’agit d’un manuel qui peut être consulté au gré des envies ou besoins du professeur et qu’il peut adapter librement à sa pratique et son imagination. Je ne l’ai pas conçu pour que cela soit figé mais au contraire ces exercices peuvent et doivent être modelés, améliorés, associés à des pistes nouvelles liées à son environnement d’enseignement, selon sa convenance et ses expériences. Et toujours  dans le plaisir de transmettre ».

 

 L’interview de Fabrice de Ré

A propos de ton livre

Patrice AGT : Fabrice, pourquoi ce livre ?

Fabrice De Ré : Au départ, c’est une démarche toute personnelle. J’étais professeur débutant auprès des enfants chez Micheline Vaillant-Tissier Senseï. C’est elle qui  m’a donné les premiers éléments pour ce travail, puis avec le temps, naturellement, je me suis forgé tout seul. Et à un moment, je me suis rendu compte qu’il n’existait pas de supports pédagogiques pratiques et concrets. Etant confronté à cette réalité, j’ai commencé alors à répertorier différents exercices que j’avais vus en aïkido. J’ai fait également des recherches en inventant des jeux et exercices et en m’inspirant des substrats d’autres disciplines martiales pour les adapter à la sauce Aïkido. Mon idée était de contribuer dans un esprit communautaire à un ouvrage pédagogique où les bénéfices en termes d’image et de créativité novatrice iraient aussi à la FFAAA. Car c’est un livre qui n’a jamais été développé dans ce sens et dans l’univers de l’Aïkido en général, toutes fédérations confondues. Au cours des différents stages nationaux et de ligue enseignant jeunes, j’ai vu qu’il existait une grande richesse créative, mais sans partage plus large, sans continuité dans un sens commun fédérateur, sans relai par notre fédération. D’où l’idée de faire ce support et de pouvoir partager toutes ces expériences autour d’un projet concret et universel.

PAGT : Tu as cherché un style particulier, un concept ?

qsdq-259x300FDR : J’ai voulu ce livre sans prétention aucune, avec une approche ludique dans le plaisir de transmettre et aussi pour que l’enfant ait du plaisir à pratiquer. On voit aussi que sur l’illustration du livre il y a des jeunes tous différents, de plusieurs couleurs de peau. Je l’ai voulu dans le sens universel de notre belle pratique cela ne se voit pas souvent et c’est  une manière innovante et d’ouverture d’esprit comme doit l’être notre art corporel. Il est aussi abondamment illustré par une artiste qui pratique les arts martiaux, qui avait le sens du mouvement et surtout l’esprit de participer à un ouvrage qui ne c’était pas encore fait à ce niveau-là. Effectivement, j’ai voulu qu’il soit agréable à l’œil et que ses illustrations accompagnent l’écrit pour le cas où je n’aurais pas été clair. Ceci dit j’avais pris soin de soumettre la lecture à des néophytes qui ne connaissaient absolument pas cet univers pour coller au mieux à la compréhension de tout le monde.

PAGT : Cela a dut être un sacré boulot ?

FDR : J’ai mis deux ans et demi pour le sortir ! Un travail important autour d’une équipe, tel que Carole Milioti sur la correction des textes, Charly Jucquin en tant qu’accompagnateur de projet sur la stratégie d’impression et de diffusion du livre et Elodie D’Ambrosio qui s’est chargé des illustrations. En ce qui concerne le travail de dessin, elle a bossé durant 8 mois avec mes exigences de précision, notamment sur les dessins des pieds et des mains, ce qui est très difficile à faire. A savoir qu’avant cela, j’ai fait plus de 300 photos avec mes jeunes sur les 5 chapitres pour lui faire comprendre le sens des déplacements et des placements entre autres. Puis sans les oublier, il y a eu une contribution de personnes que je remercie dans le livre à commencer par mon Senseï Micheline Vaillant-Tissier ainsi que Christian Mouza, Sylva Tscharner, Héléne Doué, Véronique Sireix et Patrick Horst pour les citer.

AGT : Ton livre est sorti cette année

FDR : En mars 2013. Depuis j’ai le plaisir de recevoir d’excellents témoignages surtout de professeurs confirmés et débutants de toutes les régions de France. En cela mon but est atteint. Je voulais que ce livre soit utile, mon objectif est rempli. Micheline Vaillant-Tissier l’a présenté à la commission du collège technique, et j’ai eu de très bon retour des cadres de notre fédération. J’ai eu la surprise que ce manuel de 170 pages fut très bien perçu par nos élites et cela est un encouragement pour que sa diffusion soit plus large encore.

img_19631-300x225AGT : Surtout, que cela a été évidement un investissement de travail énorme, mais aussi forcément un investissement financier, pour un livre destiné à des spécialistes, excuse-moi,  qui ne se vendra jamais à 100 000 exemplaires…

FDR : En effet le but n’était pas financier comme je l’ai souligné. Ce à quoi j’aspirais était qu’il soit utile à notre art martial et dans un sens plus large, à tous les professeurs de toutes les fédérations confondus. Ma seule ambition était que cela serve au monde de l’aïkido pour l’enseignement des enfants. Par la suite si je pouvais me retrouver dans mes frais d’investissements tant mieux. Et  cela s’est effectué grâce aux lecteurs de ce livre qui ont bien voulu croire en celui-ci. Il y a un retour intéressant, avec près de 300 livres déjà commandés en quelques mois. Puis des projets de diffusion et d’impression aussi se profilent dans les pays comme le Brésil, l’Italie, qui aboutiront ou pas, nous verront l’avenir, je fais confiance en la vie! J’aimerai bien aussi le faire traduire en anglais et en espagnol, on verra par la suite. Cet investissement a été avant tout le plaisir de faire comme dans notre pratique.

AGT : Tous les exercices qui sont à l’intérieur, tu les as testé dans ton club ou ailleurs ?wsdcqwsxc-300x184

FDR : Oui, ils ont été testés et fonctionnent puisque que je les ai voulus réalistes et réalisables! Mais avant tout ce n’est pas une liste exhaustive, mais quelque chose de plus large dans le sens de créativité. Tu es professeur, tu vois un exercice qui te plait, tu prends ce qui te parle et tu le positionnes dans le sens qui t’arrange, tu le modifies avec ton expérience si tu le souhaites. C’est ouvert. Une de mes idées majeures, est que ces exercices soient modelés, pétries. C’est aux professeurs de suivre leur sensations et envies, tous les champs sont possible, toujours dans le plaisir de faire. Il faut que chacun se l’accapare. A un moment cela ne m’appartiens plus. Et c’est cela qui est passionnant.

AGT : Quand tu vois le nombre de bouquin et de DVD qui sont sortis et qui sortent encore sur l’aïkido, et c’est bien. Mais rien sur les enfants. As-tu une idée du pourquoi il n’y a rien à ce sujet ?

FDR : Des livres sortent sur l’aïkido, avec parfois des dimensions philosophique pointues et très intéressantes, mon idée n’était pas là, surtout que j’en aurais été incapable n’étant pas encore à maturité dans ma recherche dans l’Aïkido. Néanmoins de faire un livre sur du concret, quelque chose de pratique et d’utile dans le sens de l’enseignement pour les jeunes, ce qui apparemment n’avait jamais été mis en place, je me suis dit que cela était possible, alors je l’ai fait. Pour citer une parabole « les choses appartiennent à ceux qui les font » … Alors réalisons et fonçons tout est possible ! Il n’y a que notre esprit qui nous freine via par nos propres peurs mais cela est un autre débat n’est-ce pas ?

Pour répondre à ta question, je pense que l’on ne misait pas assez sur la dimension de transmission pour les jeunes, en Aïkido et dans notre fédération sans que ce soit une critique, on pense que cela ne peut être intéressant qu’à partir de l’adolescence, d’un point de vue de compréhension et de psychomotricité. On était sur l’idée que l’enfant n’est pas capable de recevoir tout ça, que c’est trop complexe. Maintenant on commence à en entrevoir le potentiel et aussi ne nous le cachons pas, vient la notion de diffuser notre art martial. Nos pratiquants sont dans une moyenne de la quarantaine, notre population étant vieillissante, ce biais permettrait un impact plus conséquent, une fenêtre plus ouverte sur l’Aïkido et son devenir qui commence par la jeunesse. Le tout est de ne pas être dans un sens purement commercial ce qui dénaturerait à mon sens l’éthique de notre discipline.

Cela est pris de plus en plus au sérieux par nos élites et en ce moment ils travaillent sur ce constat et ces possibilités de diffusion par l’enseignement entre autres. Et pour avoir participé à un stage national enseignant jeune à Vichy, j’ai senti une dynamique nouvelle et pétillante dans cette direction. Cette nouvelle commission jeune, dirigée par Dany et Serge Socirat ainsi que Christian Mouza notre référent technique, nous prépare un travail riche et novateur.

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AGT : De plus en plus on voit les clubs prendre les enfants très jeunes, des 4 ou 5 ans !

FDR : En ce qui me concerne je les prends dans mon club à partir de 6 ans. A cet âge,  ils ont une psychomotricité intéressante qui demande à être affinée par la suite, mais qui est constructible et suffisamment solide pour commencer à leur apprendre l’Akido, mais cela n’engage que moi. Il me semble qu’il est important pour l’avenir de l’Aïkido de miser sur cette jeunesse qui est largement capable de comprendre notre art martial sous condition d’avoir le langage approprié, mnémotechnique, imagé, sans que cela dénature notre discipline. Tout est envisageable dans la transmission, seule nos réticence nous freinent et empêchent le sens créatif de se déployer. En tant que professeur, tu es le seul frein à ton enseignement, tu peux apprendre aux enfants dès l’âge de six ans le travail du bokken, du jo et du tanto comme je le fais actuellement. Tout est une question d’esprit. Si tu as peur qu’ils se fassent mal, tu transmettras tes peurs, si tu as l’esprit serein et attentif l’enfant le sera de même. Ce que tu dégages, c’est une énergie réceptive pour l’autre et l’émetteur que tu es, s’il est sur le terrain de la tranquillité,  fera ressentir au récepteur cet état-là. Par exemple certains ne veulent pas utiliser le tanto. Ils pensent que les mômes vont avoir peur. Mais l’enfant n’a peur que si tu as peur. Si toi tu es confiant dans ce que tu fais, tu peux leur apprendre beaucoup de choses. J’ai eu l’occasion de travailler avec des enfants autistes, avec des enfants très violents, en réinsertion scolaire, avec des enfants dyspraxiques, et on arrive à avoir des résultats, notamment sur la motricité et sur l’approche des armes. Cela me renforce dans mon idée que l’aïkido est utile sur le plan psychomoteur et social, dans cette notion de communication, de  relation avec l’autre, pour des jeunes de toutes dimensions et environnements confondus, qu’ils soient en difficulté, dans la violence ou dans le handicap. L’aïkido est clairement un outil pouvant désamorcer l’agressivité, contrôler ses émotions et ressentir, même à cet âge.

Nb : Pour commander le livre de fabrice : http://www.thebookedition.com/aikido—entre-jeu-et-technique-fabrice-de-re-p-94717.html

 

L’aïkido et la communication

AGT : On voit se développer  l’utilisation de l’aïkido sur des plans de gestion du stress, de la communication.

FRD : J’en ai fait mon métier ! Je donne des formations sur les phénomènes de violences, en travaillant notamment avec des surveillants de prison, avec des éducateurs spécialisés comme en ce moment même, dans ces milieux extrême de violence, sur un travail mental et comportemental. Comment agir ? A quel moment ? Dans quel état d’esprit ? L’univers personnel et/ou professionnel amène à être régulièrement confronté à des situations de tensions déstabilisantes. Seule, ou même en équipe, la personne n’est pas toujours préparée à ces moments hostiles ni en mesure de les canaliser. Le modèle de formation que j’ai créé favorise la connaissance de soi, le savoir être face à la peur et à la colère, la coopération dans la communication, le contrôle du stress, le recentrage, la dissolution des énergies négatives et le dépassement de la difficulté. Il permet aux personnes de développer leur assurance, leur disponibilité psychomotrice et leur dimension relationnelle. Il associe les concepts et techniques du développement personnel et la pratique de l’Aïkido et est adaptable à toute personne et organisation susceptible d’être confrontée à ces problématiques.528460_10200989208121540_1351684164_n-300x225

L’Aïkido est à mon sens un outil formidable de communication et de cohérence relationnel. C’est un art empathique avec soi, l’autre, l’espace, le temps, l’intensité. C’est une action sensorielle, qui respecte les lois naturelles du corps en mouvement, une attitude d’adaptabilité aux évènements, c’est une pédagogie martiale novatrice qui va dans le sens de l’humain. Développer, améliorer et renforcer  son fonctionnement face aux tensions, désenclaver des personnes qui sont figés dans leur comportement de certitude. Ce fonctionnement crée des peurs, des frustrations assujetties aux agressions de vie de tous les jours, dans le travail, dans la rue, les pressions, les incivilités, etc… Que ce soit dans un cadre privé ou professionnel d’ailleurs !  Cela limite notre communication avec l’autre et cela génère des incompréhensions régulières. C’est pour ça que je travaille à relier ces deux pôles : le travail du corps et de l’esprit. Les deux sont liés étroitement, ce que l’occident a du mal à réunir dû à un héritage judéo-chrétien je présume. Contrairement à l’orient qui a su comprendre les bienfaits de la réunification des deux parties, avec pour seul objectif de ressentir avant tout et non d’intellectualiser cette dimension. En terme de développement personnel, on est plus du tout sur « comment agir autrement », « comment se comporter autrement » mais plutôt  « comment ressentir autrement ». A partir de là il est plus facile de changer d’attitude, d’évoluer…

AGT : Souvent quand on a fini sa journée de boulot, on est bien sur fatigué, on a pris sa dose de stress, d’engueulades, de frustrations, alors on a qu’une envie, manger et aller se coucher. C’est justement là que je me force à aller au dojo. Du coup, mon corps s’exprime, et j’ai ma dose de sourires, de contacts positifs, on relâche tout et on expulse les tensions négatives de la journée. Bilan, on sort du dojo comme après une intraveineuse de bonheur.

FDR : Dans la vie de tous les jours, on gère tout par l’intellect, on est dans l’analyse, on voit ce qu’il se passe, on met des stratégies en place. Le moteur c’est la tête et on se coupe de la réalité avec le corps. L’Aïkido permet, entre autre, de refaire ce lien corps-esprit. La difficulté c’est de venir à l’aïkido pour recommencer à analyser, et reproduire ce qui t’a oppressé dans la journée, et là c’est aller dans le mur. D’autant que les sensations corporelles sont plus rapides que l’intellect. On a trois cerveaux, le reptilien, le limbique et le cortex. Le reptilien est le rapide, action réaction. Le limbique, c’est l’émotion, tu ressens les choses, la sensation et enfin le cortex, qui est la logique, l’analyse. Tu peux comprendre les difficultés à nous situer quelques fois avec ces trois-là. Il devient difficile de ressentir les choses dans le même temps, dans le présent. L’idée du  travail en Aïkido, c’est de te connecter avec ton ressenti et cela t’amène lorsque tu approches de cette sensation corporelle à des capacités supplémentaires, d’être dans l’action, d’agir, parce que tu écoutes ton corps et que tu lui fais confiance. Plus tu intellectualiseras et plus tu seras sur la défensive, tu seras connecter avec tes tensions, et plus tu vas te freiner. Quand tu lâches prise sensorielle ment, tu commences à évoluer. C’est ici qu’est l’enjeu de progression et d’évolution de notre entité, être dans le présent.

AGT : Certaines pratiques en aïkido sont parfois proche du yoga, ou m’a parlé un jour de zen en dynamique. Jusqu’à présent je travaillais mon aïkido sur une bibliothèque de techniques. Aujourd’hui je commence à entrevoir que cela est vide de sens, et je me focalise sur cette action de « lâcher prise », sur ce travail de communication, de connexion, presque de respiration, qui me passionne de plus en plus. Je connais  aussi certains dojos encore plus axés la dessus, en suisse notamment, et c’est passionnant de mon point de vue. Mais on me dit parfois, que ce n’est plus de l’aïkido, voire pire…

FDR : Chacun a le droit d’utiliser l’aïkido comme bon lui semble, mais il faut aussi, à partir de là, rester correcte et être toujours en connexion avec nos fondamentaux et l’éthique qui va avec. C’est quand on commence à prôner qu’on est les meilleurs, qu’on détient le « vrai » aïkido, que ça devient gênant, et là on rentre dans un monde des gourous, ce qui n’est pas acceptable de mon point de vue. Si tu sens une voie  dans l’Aïkido et bien effectivement, suis la, c’est noble en soi même, mais tu as surtout le devoir de rester humble face aux autres qui pratique. Car l’Aïkido est pour moi un travail de toute une vie et qui ne sera peut-être jamais aboutit, puisqu’en perpétuelle mouvement. Pour ma part j’ai trouvé dans l’Aïkido mon chemin, je suis mon Shihan Christian Tissier dans sa démarche, sa recherche de l’Aïki qui me convient parfaitement, toujours en perpétuelle recherche, rond, dynamique, martial dans le sens de connexion, de présence avec son partenaire. Et relayé par d’autres Senseï qui ont aussi leur propres recherche comme j’ai eu la chance de suivre en tant qu’Uchi Dechi, Micheline Vaillant-Tissier et actuellement Dominique Rascle Senseï. Puis d’autres que j’essaye de suivre dans cette même mouvance et pas des moindres tel que Patrick Bénézi Senseï, Bernard Palmier Senseï, Franck Noël Senseï, Luc Mathevet Senseï, Bruno Gonzalès Senseï et d’autres… La liste est riche, qu’ils me pardonnent de ne pas les citer tous.

AGT : En même temps c’est important de suivre un maitre…315737_280457725311637_1470775758_n

FDR : J’ai eu la chance d’avoir Micheline. Elle a construit un travail avec moi, dans la direction qui était la mienne. Ton travail d’aïkido est plus consolidé quand tu restes avec un même maitre pendant un temps certains, suffisamment long pour avoir de solides références, de bonnes bases, la bonne construction de corps. Cela a été une pratique assidue, constante de 9 ans avec Micheline et cela continue  à travers ces stages, je la remercie à cet égard toujours généreuse, présente, me donnant énormément de son temps avec une grande bienveillance sur mon travail, avec beaucoup de rigueur. Elle m’a fait évoluer dans cet art martial en me transmettant cette philosophie intrinsèque à ce budo, notamment la loyauté qui est d’ailleurs quelque chose de primordial pour moi en aiki.  Puis j’ai rencontré Dominique Rascle qui m’a amené dans la continuité de Micheline, c’est-à-dire de lier cette dimension technique à un travail de fond aussi intense que je l’avais reçu de Micheline. Le terrain était prêt et mon départ du Var n’a pas eu d’incidence en arrivant sur Lyon. J’ai eu la chance aussi de ne pas avoir eu la difficulté que l’on peut rencontrer lors de mouvement de vie, de trouver un autre Senseï qui puisse m’élever dans cette même sensation que Micheline avait construite avec moi.902534_10200989246802507_1009916112_o-300x152

Pour moi c’est important Patrice, sans être un donneur de leçon, d’avoir un référent, une pierre angulaire, un axe qui te permette de progresser, qui t’aspire vers le haut. Et si cela ne peut être le cas, je fais référence à ton métier qui te mène dans le monde entier, et bien d’essayer peut-être à partir de ce que tu ressens de l’Aïkido de suivre des Senseïs, des professeurs qui soient dans la même direction que celle que tu envisages de parcourir pour ton évolution, quel que soit le pays que tu traverses.

AGT : Tu penses a une suite à ce livre, qui pour le moment est destiné aux 6 et 5e kyu ?

FDR : C’est envisageable mais pas pour l’instant. J’attends encore quelques années pour que déjà ce livre atteigne la maturité nécessaire à son développement. En ce moment je suis sur d’autres projets, notamment un film documentaire sur Micheline Vaillant-Tissier. Micheline a un rôle important, au-delà de l’aïkido. Une femme qui a évolué dans un monde d’hommes, au plus haut niveau, en démontrant que c’est possible, une vrai dimension social qui dépasse le cadre de notre pratique mais cependant qui lui est étroitement lié. De surcroit elle est représentative et cela n’engage que moi, d’un Aïkido martial, sans s’éloigner de son essence qu’est sa féminité. Je travaille depuis un an, avec un réalisateur, caméraman, monteur… Je suis beaucoup Micheline en France et en Europe sur ses stages, j’ai encore une deuxième année de rush pour aboutir à un travail de montage digne de ce nom. Comme le livre que j’ai développé, on part d’un projet artisanal qui soudain devient plus conséquent, important, avec d’autres acteurs, une équipe et là, le projet transite dans une dimension professionnelle, néanmoins avec l’axe principal d’être toujours dans le plaisir.

 

L’aïkido et la féminité

AGT: En effet, on présente l’aïkido come un budo idéal pour les femmes par de nombreux aspects, il semblerait qu’il y en ait beaucoup moins  sur les tatamis, si l’on fait une comparaison avec les hommes, et y compris aussi à un haut niveau.

FDR : Et pourtant c’est une des disciplines où il y a le plus de femme dans le monde des arts martiaux. Quant à ce budo il convient bien aux femmes par l’aspect relationnel, esthétique de la pratique, dans cette sensation de travail qui demande à ne pas être dans l’ego. Cela est une notion naturellement installée chez la femme, ce qui nous demande à contrôler cet aspect quelques fois surdimensionné chez nous, vaste programme, n’est-ce pas ?

Les femmes sont déjà sur une pratique de placement et déplacement dans l’Aïkido, étant moins puissante physiquement, je parle sur une généralité de  cette idée. Ce qui leur demande de  trouver des ouvertures de pratique que nous ne voyons pas immédiatement, étant nous même dans la force naturellement dès que nous sentons une résistance. Héritage haut combien difficile à inverser.

Il y a des femmes qui sont à un très bon niveau. Dans la nouvelle génération de femme je pense à Hélène Doué qui m’a soutenu et qui a contribuer à ce livre, je le souligne au passage, il y a aussi Nadia Korichi, Céline Froissard, Yolande Sanchez, Monique Girardot, Véronique Sireix, Amandine D’Andréa parmi celle que je connais avec un bel avenir dans notre pratique. Il y en a tant d’autres qui ont une très belle dimension en Aïkido, qu’elles me pardonnent de ne pas les citer toutes, la liste est longue. Elles peuvent prétendre à tenir un rôle dans la dimension fédérative, tout du moins dans les ligues ou certaines sont très actives, certaines dirigent des stages et d’autres  tiennent le rôle important de transmission en tant que professeurs…

190004_1012693446731_682_n-300x225Micheline est à ce titre une des références. N’oubliez pas que c’est une pionnière de l’Aïkido au féminin, mais au-delà, elle est représentative de l’aïkido, à mon sens de manière universelle, en particulier parce qu’elle est une des rares femmes que je connais qui a atteint cette dimension mondiale que ce soit dans les stages, responsabilité fédérative à la FFAAA et internationale membre au sein de la FIA. Tu vois, les femmes ont toujours été à des carrefours importants de ma vie, et c’est encore une femme qui m’a montré la voie. Il est intéressant de développer ce côté dit féminin, je pense à l’intuition, le lâcher prise, le ressenti, l’acceptation qui ne veut pas dire la soumission, bien au contraire. Il serait judicieux que nous les hommes allions un peu plus dans cette direction. Déjà si tu fonctionnes trop dans la masculinité en aïkido, tu seras dans la force, et tu n’évolueras pas. Il faut laisser cette notion dite féminine ressortir, ce qui n’a rien à voir bien sûr avec être efféminé, cela doit être dans un juste équilibre et c’est tellement difficile à assembler quelques fois….

 

Aïkido et Martialité

AGT : Une dernière question stp. On entend souvent (trop), des discours sur l’aïkido, qui serait moins efficace que d’autres budo, pas assez martial, complaisant…Pour autant toi tu as fait des sports de combats, Marc Bachraty est connu comme karateka, il y en a quelques-uns d’ailleurs qui viennent à l’aïkido.

FDR : L’aïkido a une réelle efficacité. Crois-moi, pour l’avoir mis en pratique sur le terrain je parle d’anciens métiers de sécurité dans lesquels j’évoluais et qui demandaient un aspect martial sur des situations physiques difficiles et là je ne parle pas de théorie. L’aïkido peut être puissant surtout dans le contrôle de soi et de son agresseur, sans casser. A ce stade, les réponses sont de l’ordre de l’instinct en utilisant les techniques et le sens du placement et du déplacement bien entendu. Toutefois on n’est plus sur les fondamentaux classiques, il y a des variantes, des diversions pour impacter la personne agressive. Christian Tissier le montre très bien par exemple sur un atemi shomen, où il va déstabiliser le genou de la personne avant de faire ikkyo. Le shomen équivaut à une matraque par exemple. C’est de l’application dans une réalité sous condition de désamorcer sa peur.62877_10200987796846259_1241407837_n-225x300

J’ai en effet trois karatekas dans mon club, qui viennent chercher autre chose, un travail de corps, de ressenti, des sensations différentes pour les associer à leur discipline. Il y a des notions qui les interpellent dans notre étude de la confrontation. En général ces budokas sont dans une recherche  pour faire évoluer leur pratique. Il est intéressant d’aller sur des terrains qui nous bousculent un peu, c’est une des manières de ne pas rester sur place. Je pense puisque je suis dans la région du Rhône à Bernard Biliki 8ème Dan de karaté shotokan qui a étudié à un moment donné l’Aïkido avec Dominique Rascle dans un échange réciproque. Pour ma part j’ai un échange similaire, à mon niveau qui n’est pas le leur je le précise en toute humilité, avec Steve Piazza professeur diplômé de karaté shotokan et de kobudo. Ce n’est pas si mal vu que cela, en fait.

Plus jeune, j’ai travaillé dans les milieux de la sécurité, de la protection rapprochée, du nightclub comme physionomiste, et j’ai pratiqué des sports de combat comme le karaté, la boxe thai, le kick-boxing, j’ai fait de la compétition en boxe française. Et quand je me trouvais en situation de tension extrême, avec des personnes alcoolisées, camées, ou simplement excitées, il se trouve que je suralimentais leur violence par la mienne, quand je répondais par la boxe par exemple.

Quand j’ai rencontré l’aïkido, j’ai travaillé sur la maîtrise de mes émotions, la confiance qui peut s’en dégager aussi. Après un certain temps mes peurs ne m’alimentaient plus comme avant. Elles ne m’impactaient pas aussi fortement, je ne suralimentais plus la violence par la violence, une communication s’établissait malgré tout. Le résultat  était à une hauteur incroyable dans la sérénité de ce métier à l’époque. Et crois-moi, dans un combat dit de rue, la peur est au rendez-vous. Mais tu peux en faire une amie, acceptable, pour pouvoir agir avec lucidité. L’aïkido m’a donné cette dimension de communication différente. A partir du moment où tu relâches les tensions, que tu démontres une attitude, un état d’être confiant et vigilant nécessaire à une réponse immédiate  comme face à un couteau, ou à un groupe, tu te rends compte que tu donnes un impact psychologique  diffèrent à l’autre. On a toujours l’habitude de réagir à l’agression par une autre,  l’ego y est pour beaucoup.

Je te donne un exemple vécu dans ce métier, sur la frustration d’un individu dit belliqueux, alors qu’il forçait le passage pour rentrer dans l’établissement ou j’avais la responsabilité de l’accueil avec un simple ushiro kiri otoshi, et avec une feinte de le laisser passer.     Tu vois la scène, il te bouscule, tu te laisses aller, tu passes derrière et tu le projettes dans le sens contraire de sa marche!  Et quand il s’est retrouvé en capacité de se relever j’étais déjà devant lui et j’ai communiqué de la façon suivante «  et maintenant qu’est-ce qu’on fait » ?  On est alors dans un aïkido « réaliste », très impactant, en restant centré, l’autre reçoit une information. Il peut continuer à t’insulter, brasser de l’air, mais tant que tu n’alimentes plus sa violence, il comprend qu’il se passe quelque chose. Et toi tu lui donnes une « dignité » de partir sans blessure et humiliation. Avant, quand j’intervenais avec la boxe, la dignité était souvent bafouée. Avec l’aïkido, tu permets à l’autre de rester digne. Il partira en vociférant, mais la tête haute. On est dans une communication avec l’autre malgré lui. C’est cela la martialité, ce n’est pas faire les gros yeux et se mettre en garde de boxeur.

La martialité, c’est une présence ou tu impactes l’autre, tu es centré avec l’autre, avec un message et le plus tranquille possible en maîtrisant ses peurs. Je te rassure c’était dans une dimension professionnelle et il y a quelques temps maintenant de cela, demain on me cherche dans la rue,  je n’ai rien à prouver, je n’ai aucun ego à ce titre. Tu veux passer, passe… J’ai suffisamment d’expérience pour avoir côtoyé quelques fois les conséquences et les résultats désastreux de la violence que cela peut entraîner. Cela ne sert à rien, à rien d’être dans le dur. Le mouvement le plus flexible l’emporte et là nous sommes dans l’Aïkido de vie. Maintenant, j’ai toujours à l’esprit que « l’autre fait que ce qu’il peut ». En étant dans cette idée de la bienveillance tu peux avoir plus de possibilités de solution avec la personne ou tout du moins une considération peut s’installer n’engageant pas un acte de violence, éventuellement de la coopération et surtout une frustration acceptable pour la personne.

L’aïkido est un mode de communication fabuleux !

 

Je peux en être plus convaincu ! En me raccompagnant à mon hôtel, j’échange encore quelques paroles avec Fabrice. On a vraiment passé une formidable soirée. Avec un large sourire, il me dit au revoir :  «  Quand tu repasses, Patrice, tu m’appelles, on mange ensemble et là on passera un peu de temps à se parler de nos vies ce coup-ci ».  Avec quel plaisir Fabrice, évidement ! Un sacré monsieur je vous dis…

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Lyon 22 10 2013

 

Quelques témoignages sur Fabrice et son livre :

Micheline Vaillant-Tissier (6ème Dan UFA et AÏKIKAÏ de Tokyo)

Professeur diplômé d’état – Membre du collège technique de la FFAAA.

Actuellement la seule femme européenne membre de la FIA (Fédération Internationale d’Aïkido).

« Fabrice De Ré fait partie des pratiquants « acharnés », en perpétuelle recherche sur sa pratique. Je ne suis donc pas étonnée aujourd’hui de voir naître cet ouvrage, qui, je l’espère, pourra servir de support à tous les enseignants. La pratique des jeunes, bien que développée, ne donne pas lieu a beaucoup d’écrits. Ce livre, j’en suis sûre, comblera un vide et constituera un auxiliaire précieux pour tous les professeurs qui encadrent des enfants. Son contenu, sans trahir les exigences techniques propres à notre discipline, propose des formes ludiques et pédagogiques originales qui viendront à coup sûr enrichir notre enseignement »

 

Christian Mouza (6ème Dan UFA)  http://www.christianmouza.com/

Professeur Diplômé d’état – Responsable technique de la commission jeune FFAAA- DTR Corse (Directeur Technique Régional)

« Ce livre correspond vraiment à l’orientation, aux exigences et aux questions qu’un bon nombre d’enseignants d’Aïkido jeunes se sont posées depuis longtemps. « Entre le jeu et la technique », le thème traité est le fruit d’une expérience liée aux jeunes enfants et à la pratique de l’aïkido. Comment faire le lien entre le jeu et des techniques liés aux principes de l’Aïkido ? L’organisation des rubriques va permettre aux enseignants d’aborder et d’organiser une méthode d’apprentissage grâce aux exercices ludiques abondamment illustrés. Fabrice De Ré nous emmène dans un monde nouveau, avec une illustration parfaite et originale qui ne peut qu’enrichir les cours des enseignants jeunes ».

Thomas Gavory   (5ème Dan  UFA ) http://www.thomasgavory.fr/

« Cet ouvrage sera un outil précieux pour tous ceux qui s’intéressent à l’enseignement de l’Aïkido pour les plus jeunes. On y trouve une multitude d’exercices ludiques clairement illustrés et répartis en différents chapitres aux objectifs pédagogiques précis. L’auteur, dont la passion pour l’Aïkido n’est plus à démontrer, a fait preuve d’un travail remarquable ».

Hélène Douet (4ème Dan UFA et AÏKIKAÏ de Tokyo)  http://www.olympiadesaikidoclub.fr/

Professeur Diplômé d’état

« Il manquait aux professeurs d’Aïkido souhaitant enseigner aux enfants et adolescents un support pédagogique, pour transmettre les fondements de notre discipline de manière à la fois technique et ludique. Cet ouvrage vient combler ce manque, en proposant des exercices concrets directement applicables en séance, et sur lequel les enseignants peuvent s›appuyer pour ajouter leurs propres créations. Merci à son auteur d’avoir réuni en un livre la pratique et l’expérience de nombreux professeurs ! ».

 Monique Girardoz (4ème Dan UFA) http://www.aikido-cranvessales.fr/

Professeur Diplômé d’état

« En tant que professeur d’Aïkido pour les enfants, voilà enfin l’outil pédagogique que j’attendais.

La structure du livre avec des exercices très détaillés et illustrés qui contribuent à la compréhension des techniques regroupés en fonction des compétences qu’ils développent, le rend attractif et facile à utiliser. De ce fait, ce livre est destiné à toutes personnes en charge d’enfants dans des domaines divers y compris hors arts martiaux, chacun pouvant choisir les exercices appropriés à ce qu’il souhaite travailler ou mettre en évidence ».

Patrick Horst (2ème Dan UFA)   www.aikidobastide.com/

Professeur Diplômé d’état

« L’Aïkido “enfants” ne peut et ne doit pas s›enseigner comme l’Aïkido “adultes”. Au contraire, notre discipline doit s’adapter au besoin qu’a le jeune de jouer, à sa difficulté à se concentrer, à sa constitution différente. J’enseigne à une vingtaine d’enfants et d’ados depuis 2010. Le livre de Fabrice De Ré, unique en son genre, prend en compte toutes les problématiques liées à l’enseignement aux enfants. Il constitue désormais pour moi un excellent support de préparation pour mes futurs cours adressés à un jeune public ».

 

Quelques liens :

Le site de Fabrice : http://budoseishinclub.com/

Le site de Micheline Vaillant-Tissier : http://www.michelinetissier.com/

Le site de Dominique  Rascle : http://www.aikido-lyonvilleurbanne.com/

Le blog d’Elodie D’ambrosio, illustratrice de talent : http://elodiedambrosio.canalblog.com/

Et pour commander le livre de Fabrice : http://www.thebookedition.com/aikido—entre-jeu-et-technique-fabrice-de-re-p-94717.html

Et surtout, un enooorme merci à Fabrice , pour tout…

 

Albert, Mon professeur d’aïkido.

Albert, Mon professeur d'aïkido. dans mes dojos 295992_107290616048195_1806410586_n
Je parle toujours des clubs ou je passe mais rarement de mon port d’attache, le club de saint pierre de Varengeville, près de Rouen.
C’est un petit club de province ou je traine depuis maintenant près de 6 ans. A cette époque on n’était bien souvent que trois ou 4 adultes, parfois 2… tous kyus, tres kyu. avec évidemment beaucoup d’abandons.Cette saison, nous sommes bien souvent une dizaine, voir 15 sur le tatami. On a en plus la chance d’avoir un dojo tout neuf depuis peu, et de surcroit, un des plus vastes de la région! Le niveau monte petit à petit, et on commence à avoir des élèves de plus en plus motivés et avec les stages, on espère bien que le niveau monte encore les saisons prochaines, même si bien souvent comme ailleurs, les plus jeunes finissent par partir, à la fac,  là ou le travail les emporte.

Comme nombre de professeurs, Albert est bénévole, et ne compte pas ses heures sur le tatami, ici ou en stages, pour faire progresser ses élèves, adultes, ado ou enfants. Et puis, il y a le club a gérer, les stages enseignants, les plans de cours a préparer… On ne se rend pas toujours compte du boulot que cela représente. Surtout qu’il doit lui aussi travailler pour sa propre progression.

Aujourd’hui je me retrouve etonnament le sempai, l’ancien (!) à peine 2e kyu, bientôt 1er kyu j’espère, on verra . Depuis cette saison, j’accompagne aussi dès que possible Albert pour les cours enfants, source de plaisir inouie, et l’un de mes buts en aikido. Albert est de ses professeurs généreux, souriant, décontracté,pas le genre a vouloir jouer plus japonais que les japonais. Mais maintenant que le niveau monte et que les élèves commencent à se fidéliser, je sens bien qu’il durcit son enseignement, l’étiquette se fait plus présente et l’exigence s’accroit.

Non pas que la course au grade m’affole, mais la noire se dessine, loin, devant moi. Loin, mais se dessine quand même de plus en plus. Et passer mon shodan sera forcement un moment de fierté particulier de ma vie, j’en suis certain, même si cela arrivera quand cela arrivera, voilà. Albert m’a demandé cette saison, de commencer à me préparer pour faire cours de temps en temps  avec lui en tuteur. C’est certes un peu effrayant pour un  débutant, mais cela sera hyper formateur, assurément, et on « debriefera » en fin de cours;) Mais une de motivations qui me pousse, maintenant que le métier commence a se faire doucement pour moi, est  la fierté que j’aurais  de pouvoir offrir une première ceinture noire à Albert et au club. Cela sera pour moi, la meilleur façon de le remercier pour tout ce qu’il fait pour nous. Et même si aujourd’hui j’essaye de suivre  Eric Marchand, pascal Guillemin ou Bruno Gonzales (mon DTR), qui sont mes références actuelles, je reste fidèle à celui qui est mon professeur depuis le début.

Albert n’est pas du genre a se faire appeler sensei. C’est mon professeur…Merci Albert ;)

img_2854-300x224 dans NEWSCours       Enfants : le Mercredi de 16 h à 17 h

Ados :     le mardi de 18 h à 19 h 30

Adultes : le Mardi et jeudi de 19 h 30 à 21 h

Renseignements  Tel : 02 35 05 35 54 ou 06 83 30 43 76

Ou :   Aikidovarengevil@aol.com

http://aikido-varengevillais.e-monsite.com/

Dominique Rascle, 5e dan, de Lyon à Pékin via Tokyo.

Dominique Rascle, 5e dan, de Lyon à Pékin via Tokyo. dans INTERVIEWS 61

Je le dis tout de go, je ne suis encore jamais allé ni en Chine ni au Japon, même si cela risque de se présenter à moi prochainement. Par contre pour Dominique Rascle, c’est un chemin déjà maintes fois emprunté comme je vais vous le narrer …

J’ai rencontré Dominique Rascle pour la première fois à Lyon, l’année dernière, via la magie de Facebook, où Fabrice De Ré m’invita à venir au JCLV de Villeurbanne et au CLAM rue Marietton, pour rencontrer un de ses maitres dont il dit lui-même « qu’il lui a ouvert des voies de compréhension et l’a sensibilisé à la finesse du ressenti corporel et mental de la discipline »

Dominique enseigne donc sur deux dojos lyonnais, 4 soirs par semaine, même si parfois certains de ses élèves l’aident un peu. C’est devenu maintenant un de mes dojos repères où je ne manque plus de passer dès que je passe dans le coin. D’abord parce que j’aime l’ambiance conviviale qui y règne, des élèves de tous niveaux, du complet béotien au 4 e dan, ce qui permet vraiment de pouvoir travailler sur un large tableau. Des gens que je commence à reconnaitre un peu, ce qui est éminemment sympathique et amical, et avec qui on peut travailler en toute décontraction. Ce qui reste d’ailleurs pour moi une gageure , moi qui suis toujours sur la défensive (Clin d’œil pour Fabrice).img_1902-300x165 dans mes dojos

Mais aussi, pour avoir le plaisir et l’honneur de travailler avec un professeur comme Dominique. Celui-ci est 5e dan, ce qui n’est pas rien. Il a  débuté l’Aïkido en 1982 avec Marcel Desroche à Roanne, puis avec Pierre Matthieu et a suivi Philippe Gouttard  pendant 5 ans au JCLV Villeurbanne. Il a passé son shodan en 1987, et le 5ème Dan en …2007, remis pas Christian Tissier Shihan dont il dit   » J’ai suivi Christian dans de nombreux stages en France et à l’étranger et pendant 15 ans ses stages mensuels à Paris. En faîte ma référence en France c’est Christian  dont j’apprécie la précision technique, l’aspect martial de sa pratique et sa très grande sympathie. »christian-tissier-sensei-300x225

 

En cours, Dominique est très concentré, ou plutôt concerné, s’attachant posément à la précision de son propos, revenant sur tel ou tel détail, corrige son uke en même temps (parfois  ça calme !), et puis avec un large sourire, nous invite à nous lancer( ou à nous projeter selon…). Alors il parcourt le dojo, reprenant ici un placement, ici une attitude, là un détail qui se révèle crucial. De lui émane  à la fois une certaine bonhommie apaisante qui vous met à l’aise, et en même temps, tout le sérieux d’un expert dont on sait que chaque parole sera un enseignement enrichissant.

 

Ce soir, après le cours, Dominique me propose d’aller boire un verre chez une de ses élèves qui habite à deux pas. Car celui-ci partage beaucoup plus que de l’aïkido avec ses élèves, autour d’un bon repas ou d’un verre ici ou là, où son humanisme ne s’arrête pas à son discours. Alors ce soir, on boit un verre et on discute comme de vieux amis. En fait, n’est-ce toujours pas de l’aïkido ?

Dominique m’apprends pas mal de choses sur son parcours et la vision de sa pratique. Depuis  1993, il va tous les ans au Japon passer un mois à l’Aikikai, où il suit en particulier l’enseignement du Doshu, mais aussi Myamoto, Yasuno, Endo, Osawa, Kobayashi, Irie senseis. D’ailleurs il invite régulièrement Myamoto sensei sur Lyon, ce qui est comme on l’imagine aisément, une chance inouïe pour ses élèves. Il me dit que sa pratique et sa vision de l’aïkido ont beaucoup évolué depuis ses séjours au japon. En même temps, on en vient à évoquer cet excès de zèle de certains européens à vouloir être plus japonais que les japonais, sur les rituels, le shintoïsme ou des cérémoniaux vide de sens, surtout quand il n’ont passé au plus que 15 jours la bas…. Malgré tout cela doit être forcément un recentrage extraordinaire que de repasser par la source. A propos de  son parcours au pays du soleil levant :

 » Au Japon, auprès des maîtres, j’apprécie la pratique basée sur la sensation, l’utilisation souple du corps. Pour moi, ces deux pratiques sont complémentaires et à partir de ça, j’ai développé ma propre pratique, et mon travail est en continuelle recherche et je continue à me perfectionner auprès de Christian et des maîtres japonais. »

 

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Dominique enseigne aussi régulièrement …en Chine ! Il a eu un élève, chinois, pendant quelques années. Un jour, ils s’organisent un voyage là bas avec quelques élèves. Dominique en profite pour visiter quelques dojos et très vite on lui propose de donner des cours ici ou là. Depuis, il revient très régulièrement sur Pékin, Shanghai, Xi’an, Guiyang et Wuhan où il enseigne à des groupes de plus 70 pratiquants ! Et comme je dois me rendre prochainement (je croise les doigts) à Shanghai, Dominique m’enverra chez ses élèves ;-).

« Je recherche actuellement dans ma pratique un réel échange entre « UKE » et « TORI », ce qui nécessite beaucoup de sincérité et de générosité de la part de chacun d’eux. C’est le message que je souhaite faire passer dans mes cours, et j’ai beaucoup de satisfaction quand un réel échange se produit avec mes élèves, et entre les élèves eux-mêmes.C’est cette constante recherche, notamment autour du travail énergétique, et le plaisir que j’ai à l’enseigner, qui me motive particulièrement.J’ai une réelle satisfaction aussi à voir progresser, évoluer mes élèves, et j’ai formé, depuis que j’enseigne, une vingtaine de ceintures noires, du 1er Dan au 3ème Dan, et quelques brevets fédéraux. »293472_1947942870456_4123629_n1-300x200307356_1947940030385_220794_n-300x200

 

Dominique est vraiment un professeur chaleureux et sympathique, pas le genre à se la jouer Gourou , mais avec le juste respect de l’étiquette, celui que l’on doit à un maitre et à ses élèves, dans la convivialité et l’amitié sincère.

 

 

Un dernier mot  : « Après 30 années de pratique, ma motivation est intacte, voire renforcée.Actuellement, après toutes ces expériences, je pense que j’ai développé ma propre pratique, et mon travail de recherche me permet d’être en constante évolution.Je continue à progresser grâce à l’enseignement, l’échange avec mes élèves, grâce au soutien de Christian et des Maîtres japonais, et bien sûr, grâce à tous les experts et pratiquants que je croise sur les tatamis. »

Merci  pour tout cela Dominique, et à bientôt!

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le site de Dominique: http://www.aikido-lyonvilleurbanne.com/

le JCLV : http://www.jclvclub.fr

le Clam : http://aikidoclam.free.fr/

 

 

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Avec Farouk Benouali, Aiki-doux à Villeurbanne.

Avec Farouk Benouali, Aiki-doux à Villeurbanne. dans mes dojos 375089_10150626940613871_94850718_n

 

La région lyonnaise est vraiment une terre d’aïkido. Au moins 40 clubs !  La  FFAA est très présente, avec Pierre Mathieu (­6e dan), Dominique Rascle (5e), Herve Messina (5e), sous la direction de Luc Mathevet, Dtr de la région (à St Etienne). La FFAB est aussi tés présente avec des noms comme Michel Gillet(6e) ou Roberto Dalessandro (6e), et bien d’autres. Si on rajoute les dojos de l’EPA d’Alain Peyrache, 3A et Iwama, on n’a que le choix de l’embarras. Si je voulais visiter tout le monde, il me faudrait 3 mois minimum.

Personnellement, J’aime à aller chez Dominique Rascle ou je retrouve mon copain Fabrice de Ré, dont le livre «  Entre jeu et technique «  fera l’objet de mon prochain article, tout comme Dominique.couv-products-947171-150x150 dans mes dojos

Ce soir j’ai décidé de varier les plaisirs en me rendant chez un jeune sensei dont j’ai déjà beaucoup entendu parler. Il fait parti de cette  nouvelle génération prometteuse, avec Tanguy le Vourch, Yannick Le Fournis, Julien Coup ou Issei Tamaki. Farouk enseigne sur deux dojos, l’un dans le vieux Lyon, l’autre à Villeurbanne. C’est dans ce dernier que j’ai débarqué ce soir.Je me suis fait souffrance pour venir, vu que je me suis blessé aux lombaires ce matin au boulot, et je suis d’autant plus tendu que je ne sais pas où je vais mettre les pieds. Peut-être chez des brutes ?!

Arrivé avec 45 mn d’avance, Je suis accueilli par un Farouk en survêtement qui donne un cours de Taiso et qui m’invite à les rejoindre. Je respire, ça commence dans la détente et la relaxation, parfait pour mes lombaires et mes tensions de la journée. C’est d’ailleurs une première pour moi, mais ce qui est sûr, c’est que cela ne sera pas la dernière, car cela fait vraiment un bien fou.

Je découvre un professeur d’une douceur extrême, hyper souple, très  souriant et dont le regard clair et placide suffit  à me faire comprendre …que tout va bien se passer.3629243704_337bc3c31f-300x225

A la suite du Taîso, à 19H30, le cours d’aiki demarre. Nous ne sommes que 7 élèves. Il faut préciser que le dojo de Villeurbanne est tout récent, mais peu importe, c’est très suffisant pour travailler. Farouk, comme précédemment, reste  tout en douceur et sourire, avec un travail très précis et structuré. Je suis admiratif de son jeune Uke, Arnaud, dont j’aimerais bien avoir le quart des capacités de connexion et de relâchement.  Farouk nous incite à travailler en fluidité, toujours centré, en contrôlant les axes, en descendant sur les appuis et s’il montre des mouvements souples et tout en douceur, je vois vite que quand il accélère, son efficacité est plus que patente.

Avec Farouk et ses élèves, J’ai vraiment beaucoup appris ce soir, notamment sur l’entretien du déséquilibre et le rôle des appuis, avec des partenaires toujours sympas avec qui on se régale à partager en travaillant. Farouk m’a autant impressionné par sa maitrise technique que par sa pédagogie, son envie évidente de donner  et sa gentillesse. Vraiment, si vous avez l’occasion d’aller à sa rencontre en stage ou a son club, ne le manquez pas.Un stage aura d’ailleurs lieu sur paris bientot

PS : Etonamment ou pas, mon mal au dos a disparu…

 

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Farouk est 4e dan aïkido, et suis de près Yamada Sensei, Tiki Shewan, Pascal Krieger, Stephane Benedetti, Daniel Leclerc, Dominique Pierre et Yahagi Sensei de l’école de Iaïjutsu Ryushin Shochi Ryu Iaïjutsu.Il est  professeur d’aïkido diplômé d’Etat , donne des cours de Taïso (massages, auto-massages, assouplissement, exercices de respiration, renforts articulaires et musculaires), de iaïdo (Shoden en muso shinden ryu), et de Kenjutsu (3 ème Dan Iaïjutsu).

  MJC du Vieux Lyon
  Salle Thézillat  Montée St Barthélemy
  69005 Lyon

  Ecole d’Aïkido et de Budo
  CS Cyprian les Brosses
  4 Rue Jules Guesde
  69100 Villeurbanne

http://www.faroukbenouali.com/

les sites federaux

http://aikido-rhone-al/

http://www.aikido-ffab-ra.org/

le site de l’EPA d’Alain Peyrache

http://www.dojoista.com/

D’autres senseis :

Tanguy le Vourc’h : http://www.misogi-dojo.com/

Issei Tamaki : http://www.isseitamaki.com/

Julien coup : http://www.aikido-argenteuil.com/

Yannick le Fournis : http://yannicklefournis.unblog.fr/

 

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Avec Maitre M’Barek Alaoui, 8e dan au Syudokan de Casablanca

Avec Maitre M’Barek Alaoui, 8e dan au Syudokan de Casablanca dans mes dojos 07062008005-300x225

 

 

 

 

 

 

 

 

Je viens d’apprendre le deces de Maitre M Barek Alaoui. J’ai eu la chance de le rencontré par trois fois à Casablanca. Maitre Alaoui, c’était l »humilité » faite homme. emplit de sagesse, de gentillesse, il a vécut pauvrement toute sa vie de son simple atelier de cordonnier. Il avait commencé l’aikido en 1957, puis avait rencontré Maitre Tamura en 1962, qui lui remettra le premier Shodan  marocain. Qaund il évoquait son illustre maitre, il montrait une vieille photo au mur et les larmes lui montait aux yeux. Maitre Alaoui était 8e dan d’aikido, 5e dan Iaido, 2e dan judo et Kendo. Même si il avait été compétiteur international de Kendo, il refusait maintenant d’entendre parler de compétition.

« L’aïkido est une famille et vous en faites partie. Cela existe aussi en islam, il faut donner sans attendre de recevoir en retour.C’est l’amour, Tamura était aussi comme ça. Il m’a donné autrefois l’argent qu’il avait gagné d’un stage, pourouvrir mon propre dojo à Casablanca »

Maitre, Alaoui, compte assurément parmi les rencontres les plus précieuses, non seulement  de mon parcours d’aikidoka, mais de ma vie.  Humilité, c’est vraiment ce qui le définissait le mieux. On dit qu’il ne faut pas pleurer ceux qui nous quittent, mais au contraire se réjouir d’avoir eu la chance de les rencontrer.Merci Maitre Alaoui.

Ma  première rencontre avec Maitre M Barek.

Je suis venu pour la première fois au Maroc en 2008. J’étais alors logé à l’hôtel Idou Anfa en plein centre de Casablanca.

Je n’avais aucune idée de ce qu’étais l’aïkido au Maroc à ce moment-là. A tout hasard, j’avais pris un Gi, et je demandais à la réception s’ils avaient la connaissance d’un quelconque club aïkido sur Casablanca. Avec leur gentillesse habituel, les gens de l’hôtel se repasse la question les uns aux autres, et finalement un type arrive et dans un mauvais français, mais avec un grand sourire, m’indique un dojo, à 50 mètres de la, en face de l’hôtel !!!

Je traverse la rue et me voilà au Suydokan. Un tatami de coussin épais orange, une salle propre mais modeste aux yeux de nos standards européens et une chaleur épouvantable malgré les 7 heures du soir.

Un homme assez âgé est assis avec des fatmas et regardent des enfants évoluer sur les tatamis. Je m’adresse au vieil homme, lui demandant si je pouvais voir le professeur. Il sourit et me dit, qu’il me le présentera toute à l’heure, et que je peux aller me changer. Bien !

Quand je ressors du vestiaire, une vingtaine de pratiquants de 10 à 60 ans sont alignés face au mur d’honneur. Le vieil homme vient me chercher, me prends la main, et me dit «  viens, je vais te présenter le professeur », je le suis et on se retrouve face à …un portrait de Tamura sensei !!!

Sur plusieurs photos jaunies sur ce mur, se trouvent aussi des portraits de Maitre Tamura avec  mon hôte, plus jeune évidement. Puis il me dit d’aller rejoindre les autres sur les tatamis.07062008004-300x225 dans NEWS

Un jeune professeur, 30-35 ans, dirige alors un cours de deux heures particulièrement éprouvant.

L’échauffement ressemble plus pour moi à une prépa commando, et à la fin des 40 mn d’échauffements je suis trempé, et vidé…Course, pompes abdos, série de chutes avants arrières, enlevées, shiko etc, à un rythme auquel je ne suis pas habitué du tout. Le cours qui suit est très bien, mais les techniques sont un peu en force pour moi, et surtout très appuyés. Comme je suis très raide à cette époque (je le suis encore trop…), je dérouille sévère, surtout sur les nykkyo ura…

A la fin du cours, le vieux monsieur vient me voir pour me demander mon avis. Je lui dis franchement que je ne suis pas habitué à travailler de cette façon aussi…violente ! Cela le fait bien rire et me demande de le rejoindre après ma douche.

J’entame alors une discussion extraordinaire avec ce vieil homme. Ce que je ne savais pas encore, c’est que celui-ci s’appelle M’barek Alaoui et qu’il est considéré comme le père fondateur et l’âme de l’Aïkido au Maroc, 8ème Dan Aïkido, 5ème Dan Iaido, 2ème Dan Judo, et 2ème Dan Kendo, et que celui-ci  a consacré plus de 56 ans de sa vie à l’Aïkido au Maroc. Formé par Maitre Tamura au début des années 60 (et aussi maitres Nakazono, Chiba et Noro), il a formé depuis les plus grands senseis du Magreb et du moyen Orient. Quand on pense qu’au départ, il n’était que petit menuisier, puis cordonnier.Artisan toute sa vie!

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Quand j’y retourne deux mois plus tard, le sensei me reconnait et m’invite à m’assoir près de lui plutôt que de pratiquer, pour lui tenir compagnie. C’est un vieux monsieur, très malade, et il dirige les cours via les sempais, comme un chef d’Orchestre. D’ailleurs c’est lui qui décide de qui fera le cours chaque séance, mieux vaut être prêt ! Je regarde alors le cours avec lui comme un enfant qui irait voir un match de final avec son grand père. Le prof de ce soir est d’ailleurs beaucoup plus « souple » que celui de mon expérience précédente. Maitre Alaoui me régale de commentaires qui me marquent encore 5 ans plus tard.

« Si tu veux progresser en aïkido, apprends d’abord à marcher,  et travaille tes placements »

« On fait trop de Nage, en aïkido, il faut bien finir ses immobilisations, c’est comme un bon repas, il y a l’entrée, le plat, il ne faut pas oublier le dessert. N’oublie pas que l’un des but est de maitriser ton adversaire, si tu le projette, il reviendra, alors à quoi bon… »

Cela reste un souvenir incroyable, de rester là, à côté d’un 8 e dan, à discuter comme deux amis, en lui tenant la main. A un moment, arrive un professeur tunisien. Il s’incline devant le sensei, lui embrasse le front en lui offrant un cadeau. Il me salue comme si j’étais quelqu’un d’important, me file sa carte. Mbarek sensei me fait un clin d’œil goguenard. Maitre Alaoui me dit alors à l’oreille, son paquet cadeau dans la main «  je suis encore sur, que c’est un téléphone portable, je ne comprends pas pourquoi ils veulent tous me filer un téléphone, je sais plus quoi en faire » et on part dans un grand éclat de rire en se tapant dans les mains.

On finira au café du coin avec les sempais pour boire un jus d’orange. En partant, moi aussi j’ai embrassé le sensei sur le front…

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L’aikido est trés populaire au Maroc qui compte plus de  5000 pratiquants. La police marocaine suit d’ailleurs des cours d’aiki. Différents grands professeurs francais y donnent des stages trés régulièrement. Si vous devez vous rendre au Maroc pour les vacances , prenez donc votre keiko gi, vous serez toujours les bienvenus !

 

 

 

 

 

 

Avec mes amis aikidokas à Rabat

 

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Chez Nadia Korichi dans l’Essonne.

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En passant par Vincennes…

Je ne connaissais Nadia Korichi que  par quelques photos et vidéos. Je savais qu’elle était 4e dan, élève de Christian Tissier Shihan, et aussi, une des rares femmes professionnelle d’aïkido, avec la réputation d’être plutôt très sympa.

Chez Nadia Korichi dans l'Essonne. dans mes dojos cercle-tissier-professeurs-pascal-guillemin-02-300x225Pour l’histoire, je pensais aller la voir au cercle Tissier ce midi. Mais je m’étais  mélanger les pinceaux, et me voilà en cours à Vincennes avec …Pascal Guillemin. Pascal  assure en fait les 2 cours du mercredi midi au Cercle, dans le nouveau Dojo. Une heure forcement passionnante. Pascal est incisif, précis, net,  et pour moi surtout, très impressionnant. Pascal pour moi, c’est un seigneur. Un vrai samouraï moderne, pour tout dire, un de mes sensei préférés.

Je dois l’avouer, je ne suis pas très à l’aise ici, je me sens comme un enfant dans la cour des grands, je suis tendu, un peu perdu, je me raidis beaucoup, et vlan, première chute, je m’explose l’épaule. Heureusement, mon partenaire (3 ou 4e dan) me demande de me détendre, je relâche tout, on rigole un coup, je respire et ça va mieux. Ceci dit, je ne suis pas fan de l’ambiance  à Vincennes. C’est terrible de devoir dire cela, d’un dojo aussi emblématique. Le niveau est énorme ici, évidement, mais j’ai toujours l’impression d’y voir des gens en représentation,  guettant l’espoir de s’approcher du Maitre. Peut-être est-ce dû à un manque de maturité de ma pratique, possible…Mais la chaleur humaine n’ai pas suffisante à mon gout ici, et je préfèrerais toujours  les petits dojos, ou on prend le temps de vous parler, ne serait-ce que 2 minutes…

J’adore le travail de Pascal, dont je suis quelques stages par an, et c’est franchement un bonheur de suivre son enseignement. Mais qu’il m’en excuse, … j’étais venu voir Nadia! Alors, ce soir, me voilà en route vers l’Essonne, à son dojo de Longpont sur Orge, pas très loin de Marcoussis  et de ses ovalistes.

On pourrait imaginer  que Nadia, 4edan,  serait un peu stricte, très incarnée dans son rôle d’élève de Tissier, un peu condescendante, avec une image à défendre… J’avais eu l’occasion d’échanger deux ou trois mots sur le net avec elle, et du coup, j’entrevoyais rapidement qu’il ne devait rien en être, et même…bien au contraire.

 

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 A Longpont sur Orge, au  sud de Paris

Arrivé à 20 heures au Gymnase des Garences, je découvre un superbe dojo très aéré, ouvert sur la nature.  Nadia aussitôt m’accueille avec un grand sourire prometteur, les bras grands ouverts. Elle invite un de ses élèves à me montrer les vestiaires et je rejoins tout le monde sur le tatami. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le cours est décontracté. Nadia est très souriante, voir rieuse. Elle taquine ses dechi, qui ont tous des surnoms délirants,  plaisante de temps à autre et au bout de …une minute( ?),  je suis complétement à mon aise. Sa pédagogie est rigoureuse,  le travail est présent, le discours posé et construit,  toujours avec un grand sourire communicatif. Elle me corrige avec conviction et bienveillance, et tout le cours est un plaisir, sur le plan technique mais mieux encore,  sur 46287_453984652096_5444644_nle plan humain.

Après le cours, je  tombe très bien, il y a un pot. Autour d’un verre, Nadia m’explique qu’elle tient à ce que les élèves entretiennent ici un peu plus que du savoir technique. Il y a du partage, on communique, on discute, on rit, on boit un coup, mais évidemment avec toujours beaucoup de respect.  Pour elle, hors de question d’être la déesse mère vénérée par ses élèves soumis. Elle tient à partager son enseignement avec ses assistants, à passer les flambeaux, à partager. Même toujours très proche du grand Maitre, Christian Tissier, elle tient fermement à garder sa liberté de penser,  d’être elle-même, quitte à froisser ceux qui se battent pour les places au soleil. Car  ses objectifs sont  tout autres et bien plus nobles: construire sa voie, délestée d’ambition parasite, et être heureuse. Son credo, ce sont ces élèves, petits ou grands, en France au en Algérie, Pays où elle va aussi régulièrement que possible pour aider ces pratiquants à se développer dans un aïkido structuré. Et il faut le dire, le niveau de ces pratiquants algériens est souvent spectaculaire. La reconnaissance, si elle en cherche, c’est de là qu’elle l’attend, et non du sérail.

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J’ai beaucoup appris de Nadia ce soir. D’abord techniquement, car elle m’a fait prendre conscience de plusieurs  points clefs  (entre autres) qui m’avaient échappé et que je vais essayer de retenir. Mais surtout elle m’a démontré que l’aïkido, c’est aussi de la chaleur humaine, du partage et …un grand sourire. J’ai reçu une grande leçon d’humanité et d’humilité avec elle. Quel regard sur la vie! Ces élèves ont bien de la chance, parce que allier un tel niveau d’aïkido à un cœur aussi grand, cela laisse rêveur… A bientôt !

Merci Nadia et merci à tes élèves.

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http://nadiakorichi.com/

Cercle Aïkido Essonne
Dojo de Longpont
Gymnase des garences
voie des osiers
91310 LONGPONT-SUR-ORGE

Nadia enseigne aussi au cercle à Vincennes ainsi qu’à Dourdan.

ACNA : Au Dojo de Michel Becart, dans le 19e à Paris .

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Michel Becart Shihan, c’est pour moi bien plus qu’un professeur, qu’un Shihan, ou qu’un homme qui a bientôt 50 ans d’aïkido dans les mains. C’est en grande partie grâce à lui que je fais de l’aïkido aujourd’hui, et que je vis une passion qui confine parfois à l’obsession … Quand j’avais 20, 22 ans je faisais un peu de judo et de karaté, sans grande conviction. Mais j’avais assisté à un cours d’aïkido à Bordeaux, après mon cours de judo, et cela m’avait complétement éblouit. Mais cela me paraissait inaccessible. J’avais alors couru à la Fnac pour trouver un livre qui parlait de cet art si mystérieux à mes yeux. J’avais acheté alors ce livre « Aïkido, techniques de base, vol 1 » de Michel Bécart.

Ce qui s’y trouvait était à la fois simple, et en même temps incompréhensible. Mais là, j’y ai vu des choses, qui m’amenaient à penser, que c’était exactement ce qui devait me correspondre. Alors je suis partir m’inscrire à l’école franco japonaise chez Guy Bonnefond. Ce livre que j’ai depuis 25 ans (même je n’ai que réellement 7 ans de pratique), ce livre est toujours près de mon chevet, et je dois dire que j’ai dû le lire un nombre impensable de fois, c’en est presque devenu ma bible. Ce qui s’y trouve, est en effet fort simple et basique, et en même temps si fondamental, riche et complexe que je m’y réfère encore souvent, essayant de comprendre un peu plus, au fur et à mesure de ma progression.

J’attendais depuis longtemps de rencontrer cet homme à qui je dois tant, sans qu’il le sache, pour, non seulement enfin profiter de sa pédagogie, mais surtout pour le remercier. C’est chose faite enfin ce soir. Evidemment, le Michel Bécart en photo sur mon livre à un peu blanchit et s’est bien dégarni.Je l’ai trouvé assez différent de l’image que je m’en étais fait. J’imaginais un professeur très sérieux, avec son titre de Shihan, très intimidant. J’ai découvert un homme très lumineux, souriant et même espiègle, très abordable mais surtout, je n’ai jamais vu un homme comme celui-là. Il donne l’air de prendre beaucoup de plaisir à ce qu’il fait, avec comme un sourire d’enfant.

Ensuite, quand je suis passé dans ses mains, j’ai d’abord était saisi par la puissance de ses bras, lui qui n’est pas un bodybuilder. Et du haut de ses 67 ans, il est d’une forme saisissante. Un cours très énergique, très dynamique. Il nous incite à travailler en mouvements, toujours mobiles, alors ça bouge pas mal, et on transpire dur, vraiment dur. Lui, les mouvements sont très courts, très précis, les hanches sont puissantes avec des impulsions explosives, alors, mieux vaut ne pas être en retard pour son uke, car les sanctions tombent vite ! img_18561 dans mes dojosLe Kokyu, c’est son truc, et il l’utilise avec une maitrise stupéfiante.

Alors quand ce fut à mon tour de valser, ce fut pour moi réellement incroyable. Je ne suis pas très fort pour mes chutes, surtout les chutes enlevées. J’ai essayé d’être un uke pas trop misérable, avec des attaques sincères, en suivant au plus près , restant attaquant, centré sur lui, et là je me suis mis à voler dans tous les sens, avec des chutes plaquées , pour moi incroyables, vu que je ne les voyaient pas venir et que je partais tout seul . Je ne savais même pas que je pouvais chuter comme cela…je n’en revenais pas, j’étais aspirer dans un tourbillon. J’ai eu aussi le plaisir de travailler avec un de ses Uke, karim, très sympa et qui a un sacré mérite de tenir le cours avec Michel, qui ne l’a pas ménagé, malgré une vilaine blessure.

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Deux heures de cours sans répit, ou j’ai essayé de donner tout ce que je pouvais.

Une rencontre exceptionnel avec un homme exceptionnel. Michel Becart Shihan, 6 e dan (depuis plus de 20 ans…) donne ces cours à l’ACNA, l’Association Culturelle Nationale d’Aïkido, qu’il a créée en 1980, rue bolivar et rue de Chaumont, dans le 19e à Paris. Il donne aussi fréquemment des stages en France, Belgique et Espagne, et va très régulièrement au Japon.

Ancien élève de Maitre Noro puis Maitre Chiba et Tamura dont il était très proche. Il s’est aujourd’hui éloigné des sphères fédérales pour suivre Yamada sensei au sein du Sansuikai, l’association internationale qu’il a créée. Les guerres de fédé, il s’en fiche, pour lui, l’aïkido est au-dessus de toute cette mascarade. Une de mes plus belles rencontres rencontre de mon parcours d’Aikido. Merci sensei.

http://www.michelbecart.com/img_18571-300x219img_18552

Marc Gandolphe: Interview d’un ami enseignant Aikido, à GUICHEN, près de Rennes.

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Marc Gandolphe , 3e dan aikido, et enseignant à Guichen, prés de Rennes, avec Patrice AGB.

Suivant l’avis de certains amis aikidokas, j’ai souhaité me lancer dans l’exercice difficile de l’interview pour mon Blog. Cette semaine, étant sur la région Rennaise, je suis venu rencontrer un ami aikidoka facebook, avec qui j’ai souvent eu plaisir à échanger sur la toile. J’ai demandé à Marc si, aprés son cours, il aurait la gentillesse de vouloir être le premier à se prêter à cet exercice amical. Il m’a aussitôt répondu positivement, et je l’en remercie grandement. J’ai voulu faire un interview sur le ton de la conversation détendue. Marc avait prévu des bières, on était dans la tonalité juste.

 

AGB : Marc, j’ai vu sur ton site que tu as débuté l’aïkido en 92…

Marc Gandolphe : Oui, ça fait une vingtaine d’année maintenant… Au milieu des années 80, j’avais fait un peu de Karaté à Nîmes, et j’avais aussi quelques contacts avec des aïkidokas locaux. Après, ma vie professionnelle m’a amené en Alsace. Sur place j’ai cherché un art martial. Karaté ? Full contact ? Non, je me suis naturellement porté vers l’Aïkido. Je me suis lancé  pour quelques mois, puis j’ai arrêté un an pour reprendre définitivement en 92. A l’époque j’étais chez Alain Rahier, élève de Tissier, au CAES du CNRS de Cronembourg, où j’ai fait mes « premières armes » durant trois ans . Puis une année chez Claude Seyfried.

AGT : Le Claude Seyfried illustrateur?

MG : Oui, notre cher STYX ! Un ancien ami & élève de Jean Michel Merit, de l’école Saotome, donc avec des approches différentes de l’école Tissier de A.Rahier. Dans le même temps, je me suis mis à côtoyer le club de Paul.

AGT. Paul Mathis à Wolfisheim ?

MG.Ah ouais, quelle expérience ! Tu vois cet homme, 4e dan, depuis 30 ans, pfff, j’ai tellement de respect pour lui, quelle rigueur dans sa pratique … et sa légendaire bonne humeur…  Il m’appelait « le sudiste », (rires). Tu veux une bière ?

AGT : Tu m’étonnes…un de mes profs préféré, faut voir le niveau de ses élèves…

MG : Mais j’ai quitté l’alsace pour mon travail en 96, je devais être 2e kyu, 1er kyu peut être.

AGT : Ceci dit, tu as eu ton Shodan en juste 5 ans !

MG : Oui, mais  à cette époque, quand je pratiquais, c’était 3 fois par semaine, plus le samedi chez Paul, j’enquillais les stages… Apres je suis arrivé à Rennes. Je me suis tout naturellement retrouvé dans le club de Gilles Rettel, et là aussi, 3 cours par semaine au CSGR, plus de temps à autre à la Tour d’Auvergne ou au CPB, et j’ai eu mon grade en 97 avec Gilles Rettel, avant qu’il ne parte pour Dinard. Et C’est Serge Retourné, élève de Tissier, qui l’a alors remplacé au CSGR.

AGT : Ce qui fait que tu as toujours été à la FFAAA

MG : En effet, mais j’allais aussi faire des stages à la FFAB, à l’époque…

AGT : Oui, il semble que cela devienne difficile

MG : Oui et c’est malheureux. Mais on continue (avec certain de mes élèves) à aller au stage de Jaff (Raji) ou Tiki shewan. Avec Gérard Dominé de la FFAB à Chantepie nous avons fait des inter club.

AGT : A Rouen aussi on a des échanges très conviviaux avec le Havre ( feu rené VDB)
MG : On ne devrait pas, à notre niveau de pratiquant ou d’enseignant, rentrer dans ce jeu stupide de guerre des clans. Je trouve que les gens de la FFAB font un aïkido AIKIKAI, avec quelques petites nuances certes, mais la pratique est identique à la nôtre . img_1818-300x225 dans INTERVIEWS

AGT : Aujourd’hui tu es 3e dan, mais je me demande, moi qui suis juste 2e kyu, si on se souvient des difficultés qu’on avait avant le shodan, la maitrise des chutes, la raideur etc…Quand tu regardes tes élèves tu n’as pas le souvenir parfois d’avoir eu les même travers ?

MG : Tu sais, le temps passe, y a le boulot, la famille… non, c’est un peu loin… Ce qui diffère, peut être, c’est qu’on a du mal à pousser nos élèves à participer plus aux stages par exemple, il faut les bousculer, répéter les dates pour motiver, mais c’est dur. J’ai de bons élèves, mais j’ai aussi beaucoup de pratiquants qui viennent une fois par semaine, même depuis des années ! On n’a pas tous la même approche là dessus. Moi, je pratiquais au moins 3 fois la semaine, si je me faisais mal en chutant ( mal au dos, petite entorse, …), je remettais le couvert tout de suite.

AGT : C’est vrai qu’en aïkido, on voit des gens venir pour faire du sport, pour se relaxer, pour faire un art martial doux, pour avoir un loisir déstressant, pour maigrir ! Mais bon, si ils y trouvent leur compte ?

MG : Oui, c’est cela. Ma femme me le dit parfois « tout le monde n’est pas passionné comme toi… »

AGT : Comment as-tu eu ce club ?

MG : En janvier 2002, entre une bolée de cidre et une galette des rois ! Notre très regretté président de ligue Bretonne & ancien trésorier de la FFAAA, Marcel Dromer,  savait que j’habitais a 8km de Guichen. Ce club de Guichen allai se retrouver sans prof. (celui-ci partant pour Rennes). Lors de la soirée Galettes des Rois au CPB, Marcel m’a sollicité pour reprendre le club ! A l’époque j’étais 2e dan, mais pas enseignant et toujours élève de Serge. Marcel m’a quasiment sorti le papier d’inscription au BF sous le nez. Et je me suis inscrit le soir même pour préparer le BF ! En septembre 2002, je reprenais le club ! Tu reveux une bière ? Et, à moi de te poser une question si tu veux bien.

AGT : Ok ?

MG : Ca fais un bon moment que je te suis sur Facebook, je t’ai vu sur le tatami, tu te débrouilles pas trop mal, et … tu as oublié ton Hakama ?

AGT : En fait, mon prof ma autorisé a le porter depuis un an, mais je suis assez frileux de le mettre dans les clubs où je mets les pieds pour la première fois, vu que certains ne le mettent qu’au premier kyu, voir plus…en même temps quand je le mets pas, j’ai l’impression de faire injure à mon prof.

MG : Ah ouais, mais c’est pas une histoire de grade !… 2ème kyu, 3ème kyu, si ton prof t’a donné le Hakama, t’as pas de raison de ne pas le porter ! Surtout si tu connais l’historique du port du Hakama (dixit l’article sur Me Tamura  du Dragon magazine  de cet été)… Moi, je le donne à ceux qui sont investi dans leur pratique, ce qui n’a pas forcément un rapport à leur niveau. C’est mon approche en tout cas.

AGT : Oui, c’est comme l’affaire des couleurs des Hakamas, enfin, Leo Tamaki en assez parlé sur son blog…Revenons à toi, quand on est prof, est ce qu’on arrive encore à trouver le temps pour pratiquer pour soi ?

MG : Ecoute, moi j’ai besoin d’être sur les tatamis, et être professeur, n’a jamais été pour moi, une fin en soi. J’enseigne deux fois par semaine, j’y ai pris goût et j’aime cela. Je rends service à l’Aïkido à mon niveau. Et je vais 2 à 3 fois par semaine à la Tour d’Auvergne dans le dojo de Jean Paul Auffray pour bosser mon aïkido. J’ai dans l’idée de préparer mon 4e dan. Je ne peux pas me cantonner à mon petit monde, j’ai besoin de m’ouvrir. img_1817-150x150

AGT : j’avais une autre question… mince, j’ai oublié…

MG : moi je sais, « Est ce que j’aime la bière ?» la réponse est OUI ! (rires)

AGT : Ah si, une question technique !

MG : OULAAAA !

AGT : Comment abordes-tu le travail des chutes . Voilà, au stage enfant du Doshu, j’ai vu une chose étonnante. Yoko Okamoto sensei a fait faire des chutes avant et arrière aux mômes, et… des chutes tampon buvard !

MG : Ah ouaais !!

AGT, Et là où ce fut drôle, c’est qu’elle les a remerciés pour cette démo, car, a-t-elle dit, au japon, on ne travaille pas cela du tout !! Alors les chutes feuille mortes, plaquées… on les travaille chez vous ?

MG : Moi, j’ai une approche, un peu inspirée de Jaff Raji, ou j’essaye d’arrondir les gens, avec des chutes basses (au sol) pour ne pas abimer le corps et aussi et surtout en travaillant le souffle. Le reste, c’est bien si tu as des capacités gymniques. Par contre j’ai beaucoup d’admiration pour le travail éducatif des chutes de Donovan Waite, qui a une approche extraordinaire des chutes (feuille morte par ex. ) . Et je pense qu’il faut éviter les chutes envolées, par exemple sur shiho nage, il faut se préserver. A la limite sur Kote Gaeshi, le sol est moins haut…. Ceci dit, les chutes, pour moi, c’est 50% du travail en Aïkido. En soufflant, en se relâchant. Les gens travaillent trop souvent en apnée.

AGT. Sinon, tu as un prof qui t’inspire particulièrement ?

MG. Joël Roche pour les armes. Il a un éducatif qui s’adresse du 5e Kyu au 5e dan, enfin, c’est comme ça que je le vois. Il faut aller le voir dans ses stages. Et puis, bien sûr, mon sensei Jean Paul Auffray, à Rennes, qui a  une approche inspirée par Seigo Yamaguchi et par Franck Noël.

AGT: Merci Marc de t’être prêté à ce jeu de l’interview, ce qui est aussi une première pour moi, aussi je me suis jeté à l’eau avec toi, on verra ce qu’on en tirera. Mais je crois que cela promet d’être intéressant, tu seras j’espère le premier d’une longue série ;)

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la page du club de Marc à Guichen :  http://aikidoclubdeguichen.jimdo.com/

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Comment j’ai rencontré Raymond Carter, à Abidjan.

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Octobre 2010

J’ai  eu l’occasion par deux fois de passer  une dizaine de jours en Cote d ‘Ivoire. D’Abidjan, à Zenouala, en passant par Yamassoukro. C’est vraiment un pays merveilleux, ou les gens   magnifiques ont tant à donner, mais ou la politique, la corruption, la France Afrique, ont mis le pays dans une chienlit sans fin. Dommage pour un pays, qui pourrait etre l’un des plus beau du monde, avec ses plages sans fin comme à Bassam, des fruits gorgés de miel, des poissons comme je n’ai jamais mangé, des paysages incroyables et des gens au coeur sur la main.

J’ai ainsi eu l’opportunité de pratiquer dans deux clubs d’Abidjan. Les gens étaient de très bon niveau,avec des professeurs français comme mentors mais aussi des senseis Africains très intéressants. Ce qu’il faut imaginer d’abord, c’est la… chaleur. Une chape de plomb,une humidité effrayante, dans des structures loin de nos standards français.

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Le premier cours (à Marcory ?) était dirigé par un professeur français 2 dan je crois, mais son niveau était bien au-delà. Il avait son 2edan depuis des années et passer ses grades lui mportait peu. En se changeant au bord du « tatami », je lui demandais combien de temps durait le cours. En fait avec la chaleur, j’étais déjà anéantis avant de commencer… il me répondit 1 heure max. Voyant mon étonnement, il rit en me disant » tu verras, c’est très suffisant ;) «

318618_103617736415483_1332080554_n-300x225 dans mes dojosTu m’étonnes. Le truc, c’est qu’avec une chaleur pareille, tu apprends vite à travailler efficace, sans excès de mouvements, et surtout,sans force !

Deux jours après j’étais au club de l’université, invité par Jean Maurice Ouattara, un prof ivoirien, et un aïkidoka français, Loic, qui depuis est revenu sur Paris, chez Toshiro Suga Shihan, je crois.

Au petit matin, dans un dojo, ouvert, 32 ou 35 °C,  l’enfer. En seiza, une dame d’origine asiatique en hakama, me murmure, « tu as de la chance, aujourd’hui on a la visite de Carter sensei ». Qui ça ?  En effet j’ai droit à un cours de haut vol, digne d’un stage, un travail souple, sans bras, mais je suis vite trempé comme une soupe. En regardant un de mes partenaires, local et donc noir, je m’amuse à le voir transpirer comme un bœuf. «  Faut pas croire, pour nous aussi, c’est très très dur ». Je ne sais pas si ça doit me rassurer…

Raymond Carter fera une des plus brillantes démos de Kokyu Ho que j’ai vu. Il choisit un jeune ivoirien, en pyjama, d’au moins 120 kg, aux bras comme mes cuisses. Il lui demande «  saisis mes poignets et renverse moi » Et là le spectacle commence. Le pauvre gars remue sur place, force comme un âne, transpire de plus belle. « Raymond bouge à peine, et se
permet d’ajouter, «  en plus, je peux même rire et discuter avec vous, pendant qu’il s’énerve ! » L’assistance est aux anges. « Bon, mais on ne va pas passer la nuit la dessus ».
Raymond d’un mouvement leste et précis, renverse d’un coup le pauvre garçon qui tombe comme une masse avec fracas. La démonstration est faite.

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Je garde un souvenir  ému de mes séjours en Côte d’ivoire, pour y avoir pratiquer l’aïkido, celui que j’aime en plus, mais aussi pour les gens adorables que j’ai côtoyer, les milles choses  que j’y ai vu, gouté,  des rencontres réellement extraordinaires .

Il m’en reste…

une expérience humaine forte et impérissable.

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Plus tard, j’ai cherché qui était Raymond carter. Il a débuté  l’aïkido en 69. 5e dan aïkido, il a aussi de nombreux dans en judo, karaté, pratique le jujitsu, le kobudo, le krav maga.. Il est surtout l’un des  meilleurs experts mondial du combat au couteau. Militaire de métier, il habite toujours en Côte d’ivoire. dsc06200

 

 

 

 

 

Philipp Chekler, L’aikiartiste. Aikidoclub parisien Paris XIV

Philipp Chekler, L’Aikiartiste.

Philipp Chekler, L'aikiartiste. Aikidoclub parisien Paris XIV dans mes dojos roidexperience_18471_philipp_chekler3-252x300

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai rencontré Philipp un après-midi lors d’un stage à son club dans le 14e. Philipp aujourd’hui 4e dan aïkido, fut un élève de Louis Cleriot, et enseigne dans divers clubs parisiens (dont celui du sénat !)

Ce fut une belle rencontre. D’abord parce que c’est vraiment vraiment un super prof, hyper pédagogue, agréable, dont le cours  m’a beaucoup éclairé,  même si j’ai perdu 2 litres d’eau. Un homme souriant, genereux et plein de sensibilité, attachant même. Il m’a pas mal  rassuré sur mes angoisses de débutant :

- « Quand j’ai commencé l’aiki, j’ai voulu au moins arrêté dix fois dans les moments de doutes, jusqu’à je comprenne que c’est dans le doute qu’on avance le mieux et c’est dans les moments où tu ne crois plus rien comprendre, que tout se met en place »

Son discours lui, est clair et je le garde dans mon carnet d’adresse précieusement des que je retourne sur Montparnasse (gymnase des colonnes 22 rue guilleminot 75014 paris, métro Pernet).

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On a pas mal bavardé après cours sur le fait d’avoir des attaques sincères (ce qui manque souvent), du travail des entrées et du dur métier d’UKE.

A noté que Philipp fait cours le mardi et le vendredi de 12 à 13h30, pas mal si vous passer par paris !

Mais en plus c’est un artiste émérite. Je vous conseille sa page passionante !
http://www.artmajeur.com/fr/artist/roidexperience

La page de son club : http://www.aikidoclubparisien.org/

Une autre superbe parge de l’artiste: http://www.philippchekler.com/

un petit youtube  extra d’un happening musical avec philipp : http://www.youtube.com/watch?v=8ITj95vBtIM&feature=player_embedded#t=34

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«Philipp,  Artiste peintre et calligraphe, élève de nakasato senseï, (professeur decalligraphie japonaise et chinoise), s’inspirant de la nature, de la
philosophie, de l’Aïkido et de l’œuvre de Miyamoto Musashi (célèbre samouraïjaponais du XVII ème siècle). Expose à Paris, Bruxelles et au Japon, au Shimada
Art Museum, musée de Miyamoto Musashi, à Kumamoto, île de Kyushu, en mai 2010.
»

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